‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 214 sur 571 · TOUS LES ÉLÉMENTS D'UNE CONFLAGRATION · texte numérisé non relu

TOUS LES ÉLÉMENTS D'UNE CONFLAGRATION

spontanée, dont les résultats pouvaient être désastreux, comme ils l’ont été. Cependant rien ne put émouvoir le gouvernement. Louis Riel ne restait pas inactif; il tint beaucoup d’assemblées auxqueiles assistaient en grand nombre, non seulement les Métis, mais les colons de race blanche ; on discuta la situation ; on exposa les griefs du peuple ; et cependant le peuple ne se suulevait pas encore. Le gouvemiement ne pouvait plaider ignorance, parce que la presse du pays, les journaux publiés au Manitoba dans les intérêts du parti au pouvoir avertirent l’administration dé temps à autre de ce qui se passait; cependant, on n’agit pas davantage du côté du gouvernement. Il y a plus:les propres fonctionnaires du gouvernement l’avertirent à plusieurs reprises. Si vous examinez la correspondance, vous verrez que M. Duck, l’agent local à Prince-Albert, insista à plusieurs reprises auprès du gouvernement pour qu’il remédiât aux griefs de la population, mais que ses lettres restèrent toujours sans réponse.

Vous verrez que M. Pearce, employé infatigable du gouvernement, signala fréquemment l’imminence du danger et fit des suggestions, mais que le gouvernement ne se décida pas encore à agir. Qu'est-ce que demandaient donc les Métis? Quelque chose d’injuste ou d'inique? Non, mais exactement ce qu’on avait accordé aux Métis du Manitoba ; rien de plus; quelque chuse de si juste que le gouvernement lui-même a fini par l’accurder, mais lorsqu'il était trop tard.

Tant qu'il avait été temps d'agir, le gouverne. ment n'avait rien fait. Mais si le gouvernement demeurait inactif, l’opinion publique s’agitait. Le pays était si éloigné, les communications étaient si difficiles que, parfois, il n’arrivait ici qu’un écho affaibli de ce qui se passait dans ce territoire. Dès 1883, mon honorable ami le chef. de l'opposition appela l'attention du gouvernement sur les plaintes que proférait le peuple des Territoires. En cette occasion, le premier ministre lui répondit que tout allait bien. Mais l'honorable député de Provencher (M Royal) fit alors entendre un cri d'alarme et siguala le danger. Un tel avertissement, venant d’un partisan si fidèle de l'administration, aurait dû au moins piquer son attention : cependant, rien ne se fit encore. De nouveau, à la session suivante, mon honorable ami de Huron-Ouest (M. Cameron) exposa les griefs du Nord- Ouest et demanda un comité. Le gouvernement répondit que

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