TROP TARD |... TROP TARD |... TROP TARD
Quand la semence de l’injustice a trop longtemps germé dans le cœur de l’opprimé ; qnand les années y ont accumulé, amassé une trop forte dose d’amertume pour qu’il puisse plus longtemps la contenir ; quand les humiliations, les déceptions ont rendu l’homme farouche, désespéré ; il arrive alors un moment où le moindre incident suffira pour déterminer une conflagration, tout comme une étincelle échappée dans la
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Quand le gouvernement s'est décidé à agir, il était, hélas ! trup tard ! Le petit incident s'était produit : quel fut-il ? L’honorable député de Provencher nous l'a raconté. A peine le gouvernement eût-il annoncé qu'une commission serait nommée, un homme commit l'imprudence de dire que la commission ne viendrait pas, mais que les balles viendraient à sa place ; et je trouve ce récit de l'honorable monsieur corroboré par un passage d’une lettre publiée en décembre dernier par l’archevêque Taché, qui raconte ainsi les débuts de l'insurrection :
L'assurance qu'on enverrait une commission ne fut point acceptée ; on aima mieux croire à une rumeur qui allait à dire qu’au lieu de leur accorder leurs droits, les autorités envoyaient des fers pour le chef et du plomb pour ceux qui le protègeraient. Cette conviction produisit le résultat qu'on devait en attendre. « Métis songèrent à larésistance et à se défendre. Mal armés, s.ns munitions, sans provisions, ils s'emparèrent des magasins qui se trouvaient dans le voisinage. L'attaque. inconsidérée faite contre eux, au Lac des Canards, fut une déclaration de guerre.
Il y a dans tout ceci quelque chose de frappant pour un bon nombre: c’est une analogie singulière entre l’origine de cette rébellion et l’origine de la rébellion du Bas-Canada en 1837.
Dans le Bas-Canada, l’agitation avait duré plusieurs années, de même qu’elle a duré plusieurs années au Nord-Ouest, et ce fut aussi lorsque le gouvernement chercha à faire arrêter les chefs du mouvement que la rébellion éclata: et sans aller plus loin, je suis heureux de rappeler que, si déplorable qu'ait été cette révolte du Bas-Canada, elle n’en a moins obtenu sur le champ aux Bas-Canadiens les droits qu'ils réclamaient en vain depuis tant d'années. Elle eut encore un autre résultat; ce fut de transformer soudainement une population jusque-là favorable à la rébellion et d'en faire spontanément les plus fidèles sujets que l'Angleterre ait jamais eus.
Cette transformation n’a pas encore eu le temps
de s’upérer au Nord-Ouest : mais je n’ai pas le moin. dre doute que l’anolagie ne se poursuive jusque-là, puisque