‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 238 sur 571 · CHER SIR DAVID · texte numérisé non relu

CHER SIR DAVID

Nous sommes arrivés ici de tonne heure ce matin, et j'ai rencontré mes collègues de la commission au bureau des terres du Dominion à 10 heures. Leurs premières paroles furent pour poser la question dont vous entretient mon télégramme d'hier ; ils me firent voir avec force que ce point pourrait devenir une formidable pierre d'achoppement dans nos négociations avec les Métis. De peur que vous n'ayez pas parfaite. ment suisi le sens de mon téiégr'amme, je vais l'expliquer brièvement. Supposez un Métis résidant sur un lot, disons de 160 acres, et l'ayant occupé depuis le 15 juillet 1870, dans des con. uitions qui, s’il était un colun de race blanche, lui donneraient droit à un octroi de terre en vertu des clauses de Aomestead de l’Acte des te:res du Dominion, nous ne pourrions, aux termes de l'autorité que nous possédons, lui accorder plus de ces 160 acres même s'il est chef de famille; nous ne pourrions lui accorder rien de plus pour st réclamation comme Métis. Or, coinmne le gouvernement a toujours paru devoir traiter avec les Métis comme s'ils eussent des droits généraux superieurs à ceux des colons étrangers ordinaires, mes collègues disent que ce sera un nouveau désappointement et un grand mécontentement si nous ne donnons à ces occupants métis rien de plus que ce que peut réclamer le colon ordinaire, et rien en extinction de leur titre indien. M. Pearce a discuté la question sur toutes ses faces avec nous, et est tombé d'accord avec nous sur l'urgence d'obtenir, si c’est possible, une autorisation qui nous permettrait de laisser les Métis réclamer la terre qu'ils

occupent, en vertu des clauses de komestead, et de leur donrer cett

en plus des scrips pour $160 ou $240 suivant le cas pour leur rau:

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Voilà la politique suggérée par M. Street dès qu'il NS

eût commencé sun enquête, et quelle fut la réponse? pus

Pas plus tard que le lendemain, arriva ce télégramme de v

qui était au moins prer

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DE SIX OU SEPT ANS EN RETARD : dira

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Pas d’objection à votre suggestion d'accorder des scrips néle.

et de permettre aux occupants d'acquérir titres par voie pos- Var

sessoire dans le cas où ils en exprimeraient le désir.

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Enfin, justice était donc rendue à ces pauvres gens ! Depuis sept longues années, ils avaient pétitionné, mais toujours en vain. Le 26 mars, le premier ministre, de son siège en cette chambre, avait donné comme sa politique que ces hommes n'avaient droit à aucuns privilèges spéciaux, qu’ils n'avaient rien des droits qui avaient été reconnus à leurs frères du Manitoba, mais qu'ils devaient être traités non comme Métis, non comme une classe particulière, mais soit comme des sauvages, soit comme des blancs, lun ou l’autre. Enfin, le temps de la justice était arrivé pour eux. Enfin. ils recevaient ce qu’ils avaient sollicité en væin par plusieurs années de pétitionnement ; et quelle était la cause de ce changement ?

En dix jours, du 26 mars au 6 avril, le gouvernement avait changé d'idée et de politique, et leur donnait ce qu’il leur avait refusé depuis des années. Quelle était la cause de ce réveil ?..... Les balles du Lac aux Canards ! la rébellion du Nord-Ouest ! Le gouvernement les avait repoussés pendant des années, mais enfin ces hommes avaient pris leur vie et leur liberté entre leurs mains, et enfin le gouvernement se rendait et leur accordait ce qui leur appartenaïis. J’en appelle maintenant à tous les amis de la liberté dans cette chambre ; j’en appelle, non seulement aux libéraux qui siègent autour de moi, mais à tous les hommes qui ont dans la poitrine le cœur d’un Breton, etje leur pose la question : quand des sujets de Sa Majesté ont pétitionné pour leurs droits pendant des années, et que ces droits n’ont pas été seulement perdus de vue, mais foulés aux pieds, et quand ces hommes prennent leur vie entre leurs mains et se mettent en révolte, est-il un seul membre de cette chambre qui dira que ces hommes ne devraient pas recevoir grâce de la vie par le fait même de se voir réintégrés dans la légitime possession de leurs droits ? est-il un membre de cette chambre qui ne dira pas que les criminels dans cette rébellion,— s’il faut qu’il y ait des criminels—sont, non pas ceux qui se sont battus, qui ont versé leur sang, qui sont morts,

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