D — ÉTAIT CELUI QUI PLAIDAIT LA CLÉMENCE
On voit le résultat aujourd'hui. Vingt ans à peine se sont écoulés depuis que cette rébellion, la plus formidable qui ait jamais désolé un pays, a été subjuguée, et précisément à cause de la politique de clémence adoptée par les vainqueurs, les deux sections de ce pays sont aujourd'hui plus intimement unies que jamais auparavant, plus fntimement même qu'elles ne l'avaient été lorsqu'elles avaient combattu pour l'indépendance. Voilà l'exemple qu'aurait dû suivre le gouvernement canadien ; car, je le répète, ce n'est pas en répandant le sang qu'on fera une nation unie dela nôtre, maïs uniquement en se montrant gén(reux, miséricordieux pour toutes les offenses politiques. Le gouvernerient dit qu'il voulait faire un exemple. Voici ce qu'on lit dans le dernier paragraphe de son apolugie écrite :
En arrêtant sa décision sur la demande que l’on a faite de commuer la sentence rendue contre le prisonnier, le gouvernement à dû ne pas perdre de vue la nécessité d’un châtiment exemplaire et terrifiant pour le crime commis dans une contrée située, sous le rapport des établissements et de la population, comme le sont les Territoires du Nord-Ouest; l'isolement des colons sans défense, qui y sont déjà établis ; les horieurs auxquelles ils seraient exposés dans le cas d’un soulèvement des Sauvages ; l'effet sur les immigrants de la moindre défaillance dans l'administration de la justice; et les conséquences qui résulteraient, dans ces régions, si l’on venait à croire que des crimes comme celui de Riel pouvaient se commettre sans encourir l'extrême rigueur de la loi, par le prenier individu qui serait sujet à des illusions ou qui pourrait fire croire aux autres qu'il y est sujet.
Ah ! oui, le gouvernement a convaineu tous ceux dont il parle, Métis, Indiens, colons de race blanche, de la force de son bras, de sa toute-puissance à chàter. Plût au ciel qu'il se fût donné autant de peine pour les convaincre tous, Métis, Indiens et colons de race blanche, de son désir, de son bon vouloir à leur rendre justice, à les traiter convenablement! fil avait pris les mêmes peines pour faire le bien qu'il en a pris pour punir le mal, jamais il n’eût eu besoin de prouver
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à ce peuple que la loi ne saurait étre violée impuntment, parce que jamais la loi n'aurait été violée en rien, Tandis qu'aujourd'hui, pour ne rien dire de ceux qui ont perdu la vie, nos prisons regorgent d'hommes qui, désespérant de jamais obtenir justice par la paix, ont cherché à l'obtenir par la guerre; d'hommes qui, désespérant de jamais être traités co nme des hommes libres, ont préféré prendre leur vie entre leurs mains plutôt que de se voir traités en esclaves. Ah! ces hommes ont cruellement souffert, ils souffrent encore; mais patience ! leurs sacrihces ne resteront pas sans récompense. Leur chef est dans la tombe ; ils sont eux-mêmes dans les fers, mais du fond de leurs cachots, déjà ils peuvent voir qu'elle s'est levée sur leur pays,