UN BEAU TRIOMPHE SUR LES PRÉVENTIONS ET LA CALOMNIE
Les adversaires de M. Laurier avaient dit qu'il n’oserait pas aller répéter devant le peuple d'Ontario le langage qu'il avait tenu dans sa province à propos de la rébeilion des Métis. M. Laurier saisit la première occasion de relever ce défi. Invité avec l'honorable M. Blake par le Club des jeunes libéraux de Toronto, il y prononcça le 10 décembre 1886 le discours suivant, dont nous trouvons un excellent compte-rendu dans le Toronto Globe du lendemain. Les deux chefs libéraux parlèrent dans le Pavillon d'Horticulture, devant une salle comble ; la foule était telle: qu'un grand nonbre ne purent trouver place dans la vaste enceinte. Le fauteuil était occupé par M. W. D. Gregory, président du Club des jeunes libéraux, ayant à sa droite M. Laurier, à sa gauche M. Blake. On remarquait sur l'estrale MM. A. A. Marsh, B.B. Hughes, A. F. Chamberland, Patrick Hughes, W. A. Douglass ; P. B. Casgrain, M. P.; l'honorable Wm McMaster ; Joseph Kilgour ; H. H. Dewart, ler Vice-président du Club des jeunes libéraux ; J. H. Gilmore, trésorier du Club ; capt Srielgroove, rédacteur du Cobouwrg
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World ; John Dryman, Adam R, Greelman ; J, F, Edgar, M, P.; H. B, Manley, N, C. Love, George W. Keely, G, W. Ladg row, Alex, Boyd, D. Carlyle, KR. B. Hamilton, John Leys ; je rév, John J, Shea ; Heury Swan, H, LaForce, R. A. Dickson, L'assistance se composait de tout-Toronto ; les tories y étaient venus en nombre; mais, dit le Globe, l'argumentation des orateurs était si convaincante, leur logique si irrésistible, que les seules marques de désapprobation se bornèrent à quelques piotestations isolées, aussitot étouflées par les bravos de la foule, M. Laurier parla en ces termes :
(Traduction)
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, MESDAMES ET MESSIEURS
C’est toujours avec une certaine émotion que je me présente devant un auditoire anglais. C’est une impr *sion dont je ne puis me défendre, car j’ai toujours conscience du désavantage qu'il y à à m'exprimer dans v'ie langue qui n’est pas ma langue maternelle. Cette crainte est, il est vrai, atténute en ce moment par le plaisir et l'honneur de porter la parole devant un auditoire de Toronto, de cette grande cité de Toronto à laquelle on est unanime à accorder la palme pour la culture intellectuelle au Canada. (Applaudissements.) Mais permettez-moi, mesdames et messieurs, de ne pas m'attarder à ces précautions oratoires. pour en arriver au plustôt à la question capitale du moment, sur laquelle j'aurai peut-être le bonheur de jeter quelque nouvelle lumière dans vos esprits par les quelques remarques que je désire vous adresser.
Le fait de voir paraître devant vous un Canadien dont la langue maternelle n’est pas l'anglais, —ce qui ne l'empêche de partager dans toute leur intensité les sentiments d'amour et d’orgueil que nous inspire notre commune patrie,—a toujours son import“nce, surtout si l’on songe qu’il y a aujourd’hui au Caaada ua bon million et demi de sujets de Sa Majesté qui diffèrent du reste de la population par la langue et par d’autres traits distinctifs. Jusqu'à une époque récente, cette particularité n'avait jamais donné lieu
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qu'à des commentaires empreints de courtoisie et de bonne entente ; et partout où la dualité des langues existait chez nous, il y avait