LE DRAPEAU DE LA LIBERTÉ
peut se faire que les sentiments que j'exprime en ce moment ne soient pas du goût de messieurs les TONI. ss se
Plusieurs voix —Ecoutez! écoutez !
mme
M. Laurier.—Je vois qu’il y a jusque dans cette assemblée des turies qui ne me croient pas sincère lorsque je parle ainsi.Mais je ne parle pas pour le: tories au cœur sec et qui n'agissent que par calcwi. C'est aux libéraux que je m'adresse. Eux saurcnt comprendre que c’est la liberté qui a rendu l'Angleterre chère à nos cœurs et qui a fait à jamais de nous de loyaux amis de sa cause. (Bravos.)
Une chose qu’on nous reproche amèrement, c'est d'avoir conservé notre individualité comme race, et on dit que c’est une marque de déloyauté que de vouloir rester nous-mêmes. La justesse de ce reproche méchappe. J'admets que nous ga-dons notre langue, notre religion, nos mœurs, mais je ne vois pas en quoi il est juste de nous le reprocher. T1 y a plus: il me semble que nous serions indignes de toute estime. indignes du nom de Canadiens - Français, si nous n'avions pas conservé comme une chose sainte la minoire de nos ancêtres. Je le répète, j'aime l'Angleterre, j’honore et j'estime les institutions anglaises, je ne regrette pas de nous voir aujourd’hui les sujets de la reine plutôt que de la France, mais tue ma main droite se dessèche si jamais la :16moire de mes ancêtres