‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 273 sur 571 · VOILA LES SENTIMENTS DE LA RACE · texte numérisé non relu

VOILA LES SENTIMENTS DE LA RACE

à laquelle ; appartiens et, en les exprimant. je sens qu je suis fidèle à mon sang, fidèle au Canada, fidèle à l’'Augieterre, et enfin—et c'est ue chose qu'on ma souvent reprochée, en me traitant de iraître,— je sis avant tout fidèle à la cause de ia liberté et ‘ la justice. Monsieur le président et messieurs, si je suis français d’origine et fier de l'être, en politique Je suis un libéral de l’école anglaise. Les principes que je pose, tels qu'ils sont, sont le résultat de l'étude et de la réflexion, et ne me viennent pas du j2ys de mes

ancêtres. [ls me viennent de l'Angleterre, cr cette auguste mère de la liberté moderne. J'appartiens À l’école de ces hommes s qui remplissent de leurs nom: les pages de l’histoire d'Angleterre et qui ont tou jours su affronter les puis ssants chaque fois qu'il s'est

agi d'obtenir justice pour leshumbles.

Je suis de l'école des Hampden, des Pym.

des Russell, des Somers et des Burke; de l'école de cet homme qui, dans une occasion que nous connaisso 18, n’a pas hésité à dire aux ministres de k Couroiue qu’ils ne s'étaient pas conduits comme 1$ le devaient à l'égard des colonies et de leur reprochel

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d'avoir provoqué une rébellion, tout comme plus tard, nos ministres ont anssi provoqué une rébellion.(Rires et applaudissements prolongés, avec quelaues grognements poussés par quelques conservateurs.) Mais les tories auront beau hurler, ils ne feront pas de moi un traître ! (Rires.) Seulement, je les en préviens. jamais, moi vivant, aucun gouvernement ne piétinera sur mon cerps. Tant que j'aurai un souffle de vie, surtout tant que j'occuperai un sièçe au Parlement, chaque tois que je verrai des hommes foulés aux pieds, fusseni-ils français, celtes, anglo-saxons, je défendrai leur cause de toutes les forces de mon être. J'ai pieire conscience de mon impuissance, laissé à moi seul, mais il est une chose que je pourrai faire en face eten dépit de toutes les clameurs: ce sera d’exhorter le peuple de ce pays à se ranger

POUR L'OPPPIMÉ CONTRE L'OPPRESSEUR ! (Longs applaadissements.)

(Ace > moment, quelqu'un dars l'assistance se mit à interromvre, et une voix cria : À Ja porte l'interrupteur !)

M. Laurier.— Oh ! non, non, ne le mettez pas à

\ porte; au contraire, qu’il reste pour entendre,

(Hilarité prolongée.) Je suis précisément arrivé à une partie de mon discours qui aura peut-être l'effet d’agacer les quelques tories qui peuvent se trouver dans cette salle, Certes, je respecte toutes les opinions. Je ne puis espérer que les vues, que je vais exprimer seront p artagees par tous ceux qui m'entendent, mais au moins essayons de faire une diseussion amicale, si c'est possible. É couiez ! écoutez !) Tout ce que je denan de, c’est le fair play britannique. Je suis venu ii pour me défendre de certaines imputations:il n'est

te juste que ceux qui ont entendu l’acc usation enten-

dent aussi la r‘ sponse. (Vis appl.) Je le répète, monsieur, je ne suis pas un traître. Je ne suis pas un l'êcheur de révulte. Ily a eu récemment, vous le savez, une rébellion au Nord-Ouest et, bien que ceux

qui se sont insurgés aient commis une grave erreur, bien qu'il ait fallu, comme je l'ai dit en maintes occasions, leur faire face à coups de fusil et les réduire par les armes, je répète ici que, dans mon opinion, ki culpabilité de la rébellion ne retombe pas sur les pauvres malheureux qui ont pris les armes, mais unique: ment, entièrement sur le gouvernement qui les à pro voqués, (Longue salve d’applaudissements.)

Je ne puis m'attendre à être approuvé par tout le monde, mais je m'adresse à tout Anglais, à tout homme ne portant pas seulement un nom anglais, mais ayant un cœur anglais dans la poitrine; est-il parmi eux un seul homme prêt à condamner une rébellion simple: ment parce que c’est une rébellion ?(Cris de: non! non! et bravos.) N'est-ce pas un fait que l’histoire d’Angleterre est remplie de rébellions ? Il n’y a pas une race qui ait fait autant que la race anglaise pour la cause des libertés humaïnes, et pourquoi cette Angleterre. qui est aujourd’hui si grande, a-t-elle grandi, sinon parce que

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