‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 275 sur 571 · C'EST LE GOUVERNEMENT QUI EST RESPONSABLE · texte numérisé non relu

C'EST LE GOUVERNEMENT QUI EST RESPONSABLE

(Cris de: Oui! oui! et bravos.) Voilà l'accusation que je porte contre le’gouvernement, et je vais essayer, etj'espère réussir à vous convaincre que, pendant une longue succession d'années, les Métis se sont vu refuser des droits légitimes, des droits qui ont été reconnus dès qu'ils eussent été réclamés avec des balles. Je l’accuse æ’avoir traité les Métis avec mépris, avec un dédain qu'il ne prenait même pas la peine de dissimuler; je l’accuse de n’avoir pas même daigné écouter leurs suppliques ; je l’accuse de les avoir poussés au désespoir, de les avoir poussés à ce degré d’exaspétration où la raison abandonne l’homme, de les avoir incités au crime qu'ils ont commis. (Applaudissements.) Je ne doute pas qu'il y ait ici des gens qui trouvent ce langage trop fort... (Cris deouiet de non.) Je réitère cependant mon accusation, et me mets entitrement à la merci de votre jugement.

Vous admettrez tous avec moi quele plus précieux privilège dont nous jouissions sous la constitution, cest le droit de pétition. C’a toujours été l'un des privilèges incontestés du royaume d'Angleterre que, chaque fois qu'un sujet de Sa Majesté croit avoir un grief quelconque, il a droit de s'approcher du trône, de pétitionner le souverain, d'exposer ses griefs quels qu'ils soient. Or, les Métis se sont prévalus de ce

droit, Pendant sept longues années, ils n’ont cessé d'adresser à Ottawa des pétitions, des mémoires, des représentations de toutes sortes, dans Icsquels ils exposaient leurs griefs, Peadant sept longues années, ils n’ont rien recu qui ressemblât à une réponse, Ce. pendant aujourd'hui, nous nous entendons dire per le gonvernemeut et par les amis du gouvernement que les Mévis n'avaient en réalité aucun grief; que, s'ils ont pétitionné, ce n’évait Que pour des ‘a:ilités,

La défeuse du govveinement a consisté à tout nier. Ïl a commencé par nier au':} y eût eu une seule pétition. M, Chapleau a écrit il v a quelque temps une lettre dans laquelle il disait que les Méiis n'ont jamais fait de represencæiions, ec que, 4'ils en avaient fait, on y atiait porié atiernvion. Au inoment méme où M.Chapleau écrivait cele les livres bleus contcnaient la preuve en blanc eë en noir que soixante et dix fois des dériarches avaient éié faites mar le gouvernement par les Mis dans un incervaile Ge sent année: ! Aussi a-t-on dû abandonner ceue excuse. On ne peut plus nier que des péti.ions aient été envoyées. Mais on dit maïntesñanc que les seules représentasions qui ont été faites étaient lutiles.

Futiles ! Oui, sans doute, futiles aux yeux du gouvernement,

Page 1