‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 293 sur 571 · SVA-T-EN, CE CHAMP M'APPARTIENT · texte numérisé non relu

SVA-T-EN, CE CHAMP M'APPARTIENT

Voici qui prouve non-seulement la possibilité, mais la réalité de ce monstrueux ordre de chose. La requête que je viens de lire fut envoyée à Ottawa le à décembre 1883, avec les demandes de Louis 5chmidt et de Jean-Baptiste Boucher. N’avons-nous pas là la preuve—la réponse à l’assertion du gouvernement que pas un seul Métis n’a été dépossédé de son bien ?

Nous trouvons dans les livres bleus même la preuve que plusieurs Métis unt été effectivement dépossédés, spoliés de leurs terres.

(Ici quelques tories se mirent à faire quelque tapage. L'orateur, un instant interrompu, les apaisa en leur rappelant que dans. une circonstance précédente, l’honorable Thomas White s'était, lui aussi, récrié contre cette même accusation, et pour toute réponse, lui avait dit: Balivernes que tout cela! C'était tout ce que le ministre avait pu trouver de mieux: maniére bien commode de réfuter un fait précis, appuyé sur des pièces officielles... Dans la même circonstance, M. White avait aussi reproché à M. Laurier d'avoir cherché à créer l'impression qu’un citoyen anglais avait spolié un Métis, parce que le spoliateur dont il avait parlé s'appelait Salter, et que Salter était un nom anglais! M. Laurier continue :)

Messieurs, je proteste contre unetelle insinuation. M. White cherchait à faire croire que je voulais faire de la démagogie nationale.

Je ne me suis jamais rendu coupable d’une telle bassesse, (Bravus.) J’ai maintes et maintes fuis dénoncé dans la province de Québec, comme je le fais ici, la politique du gouvernement sur cette question, mais le

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ciel m'est témoin que jamais, en quelque endroit, en quelque occasion que ce soit, je n’ai fait appel aux préjugés de races. (Appiaudissements.) Le langage que j'ai tenu dans la province de Québec est le même que celui que je tiens ici ce soir. ( Ecoutez, écoutez ! ) Je n'ai pas deux manières de parler ; je n’en ai pas une pour les Canadiens-Français et une autre pour les Canadiens-Anglais, je n’en ai qu’une seuie. Nous sommes ici sous la protection de la liberté et de la justice britanniques. (Applaudissements.) Mais la vérité est que M. Salter était un des premiers colons dane la parvisse de St-Louis de Langevin, ainsi que son voisin avec qui il était en désaccord. Voici toute l'explication.

Qu'il se soit élevé quelque dispute entre deux voisins métis à propos d’un morceau de terre, il n'y à rien d’étrange là-dedans et ces disputes nesont pas particulières aux territoires du Nord-Ouest. J'irai plus loin ; ces sortes de disputes au sujet de terres ne sont pas rares, non seulement au Nord-Ouest, mois sont très communes partout où il y a des hommes et des voisins. Il y aura des disputes et des contestations aussi longtemps qu’il y aura des hommes. Il n’est pas rare de voir de ces contestations à propos de terres dans la province de Québec et dans la province d’Ontario.….. M. White soutenait donc que c'était un cas de trespass, un simple trespass, une violation de la loi, un Métis voulant supplanter un autre Métis. Voicile point: Thomas Salter n’avait coupable d'aucun /respass, il n'avait en aucune façon violé la loi; mais quand Thomas Salter se présenta pour s'emparer du bien de son voisin, il avait en mains une autorité et des titres qu’il tenait du gouvernement. Il avait en sa possession une inscription qu’il avait prise chez l'agent; il ne violait pas la loi; il agissait avec le pouvoir que lui donnait la loi établie par le gouvernement du Canada. (Applaudissements.) Voilà la nuance; et le peuple d’Ontario la saisira aisément. Aucune cour de justice ne pouvait remédier à ce cas. S’il ge fût agi d’une chicane ordinaire. comme nous en trouvons partout où habitent des êtres humains, le

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Voilà pourquoi le cœur de ces pauvres gens s’est empli d’aigreur. Ils se voyaient e:posés À être spuliés, non pas illégalement, mais légalement

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