‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 295 sur 571 · OU SOMMES-NOUS EN RUSSIE · texte numérisé non relu

OU SOMMES-NOUS EN RUSSIE

“(Applaudissements frénétiques, salves répétées )

C’est ainsi que la Russie a toujours traité la malheureuse Pologne. Chaque fois que ce pauvre peuple sa demandé sa liberté, le gouvernement russe a fait vumme le gouvernement canadien en 1884,—(applaudissements prolongés)— au lieu d'écouter les justes demandes de cette nation, il a envoyé des soldats à Varsovie pour terrifier le peuple et arrêter ceux qui avaient la témérité d'élever la voix en faveur de leurs propres concitoyens. On nous affirme maintenant que la révolte a été causée par la perfidie de Riel. (Appl.) Permettez-moi de vous donner le témoignage du corps de police envoyé au fort Carlton. Voici ce que le Surintendant Gagnon écrivait au Major Crozier le 23 décembre 1884 :—

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous informer que dans le cours du mois dernier les Métis des cantons de St-Laurent et de Batache ont tenu une assemblée publique aux fins d'adopter une pétition proposée par un comité, et que cette pétition, signée par les habitants des deux établissements mentionnés, a été envoyée à Ottawa. Cette assemblée, au dire de tous, paraît avoir été tenue avec beaucoup d'ordre, Plusieurs autres réunions moins considérables ont eu lieu dans le même temps, mais toutes avaient rapport à certaines affaires regardant les écoles. Les Métis sollicitent Riel de s'établir parni eux, et comme gage de reconnaissance pour les services qu’il leur a rendus, ils l"i ont fait présent d’une maison bien meublée, et doivent encore lui présenter une bourse le 2 janvier prochain. (es témoignages prouvent bien la bonne volonté de la majorité, et doivent dementir certaines rumeurs affirmant qu'un grand nombre d’entre eux manquent de confiance en leur chef, que sa manière d'agir et de parler dénote une tête chaude, trop chaude. et qu’il ne s'accorde pas avec leurs prêtres.

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En autant que je puis le voir, le principal grief des Métis eit qu'ils craignent que le gouvernement ne sanctionne pas le mode suivant lequel ils ont jusqu'ici pris ‘eus homesteads, dix chaînes de front sur la rivière sur deux milles de longueur.

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Voilà le dernier avertissement dona1é au gouvernement par ses propres officiers, Le 25 décembre 1884. La révolte éclata quatre mois après. Mais ils ne firent alors aucune démarche pour donner satisfaction à ces gens ; ils étaient avertis de l’imminence du danger ; ils voyaient l'agitation prendre de jour en jour des proportions plus alarmantes et plus sérieuses; et cependant, malgré tout cela, ils n’ont pas fait

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