UNE SEULE DÉMARCHE, PAS UN SEUL EFFORT
pour remédier à cet état de choses qui devait se terminer, comme il s’est terminé, par une révolte. Maintenant, citoyens de Torontu, citoyens de descendance et de sang anglais, je vous le demande, à tous et à chacun de vous, si le sort vous eût fait naître vous-mêmes sur les bords de la Saskatchewan avant qu'il y eût même un semblant de gouvernement quelconque dans ces territoires lointains, et que vous vous y fussiez établis selon l’usage et la coutume du pays et que, lors de l'établissement du gouvernement, il eût envoyé des arpenteurs par tout le pays pour morceler en tous seus vos établissements ; si, après vos protestatiuns reitérées, on vous avait promis justice et que cette promesse eût été violée ; si après avoir essayé par tous les moyens possibles de faire valoir vos droits, vous n’eussiez obtenu aucun résultat, je vous le demande, messieurs, qu’auriez-vous fait ? (Cris de ‘ Guerre, guerre, révolte! ” et bruyants appl.) Avant de terminer, laissez-moi vous rappeler le langage que tint en une certaine occasion le comte de Chatham, le plus grand homme de son temps, l’homme qui au 18ème siècle a le premier communiqué à l’Angleterre cette impulsion dans la victorieuse et gloririeuse carrière qu’elle a depuis suivie. (Appl.) Laissezmoi vous rappeler quelques paroles de ce grand homine, Les colonies américaines au sud de nous étaient alors en révolte ouverte avec l'Angleterre. Lord Chatham, vieux et faible, se rendit un jour à la Chambre des Lords et accusa les ministres d’être la cause de cette révolte, leur disant qu'ils n'avaient