‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 30 sur 571 · UNE ANOMALIE · texte numérisé non relu

UNE ANOMALIE

avec le principe même de notre constitution, avec le principe fédératif; il prétend que de cette anomalie, de cette contradiction, il peut surgir des complications graves, des dangers réels qu’il faut prévenir pour ne pas avoir plus tard à les réprimer.

Le ministère, au contraire, semble se faire un serupule de toucher, même de l'épaisseur d’un cheveu, à ce qu'il appelle complaisamment la liberté du peuple !

Le ministère oublie qu’il est des principes d'éternelle vérité et d’immuable justice, qu’il ne peut jamais être permis à un peuple de violer impunément:; il oublie qu'il est des principes moins saillants, moins évidents peut-être, mais tout aussi certains, qui sont la conséquence logique de la forme adoptée de gouvernement, qui doivent être également sacrés ; il oublie enfin que la liberté d'élection doit être nécessairement limitée sur certains points et qu'il ne peut pas être permis à un peuple de choisir ses mandataires parmi toutes les classes de citoyens. A l'heure qu'il est, il existe plusieurs classes de citoyens qui sont, de par la loi,

INÉLIGIBLES ; pour n'en citer qu'une seule, les juges. Le ministère

prétendra-t-il qu'il serait libre au peuple, s’il lui en prenait la fantaisie, d'envoyer un juge prendre rang

dans cette Chambre ? Non : c'est un prine ipe admis cheztoutes les nations civilistes que celui qui est chargé d'administrer la justice, la calme et sercine justice, ne doit pas être mêlé aux tourmentes de la vie politique.

Le député de Saint-Jean affirme comme principe également certain que l'entrée de cette chambre doit étre interdite aux membres de la législature fédérale,

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