COMME ELLE L'EST AUX JUGES
Voilà, monsieur, la question à décider, TI] ne suffit pas d'y répondre par des movens dilatoires comme fait legouvernement, Ni demain, un membre se levait pour proposer l'éligihilité des juges, que ferait le gouvernement ? Dirait-il comme aujourd'hui: nous ne voulons pas toucher à la liberté du peuple ? Je pousserai plus loin l'hypothèse,
Il ya, aujourd’ hui, aux Etats-Unis, nombre de public istes qui réclament pour le beau sexe en gé néral ce qu'ils appellent les priviliges, et que
j'appellerai moi, les fardeaux du sexe .....du sexe... eh bien, du sexe laid ; qui réclament pour des femmes non seulement le droit de suffrage, mais méme le droit d'éligibilité, le droit, non-seulement d'envoyer des députés au parlement, mais même d’v aller siéger elles-mêmes, Monsieur, nous sommes colonie d'Angleterre et nous sommes voisins des Etats-Unis ; il n’en faut pas tant pour qu'il soit probable que tôt ou tard ces théories d'émancipation féminine pénètrent dans notre population. KSi'alors quelque député, poussé par un excès de radicalisme où de galanterie (les extrèmes se touchent), se lève pour proposer d'ouvrir aux femmes les portes de cette chambre, je n’entends pas les portes des galeries, mais les portes mêmes de la législature de Québec, que fera le gouvernement s'il est encore au pouvoir ? Dira-t-il comme aujourd'hui: nous ne voulons pas toucher à la liberté du peuple ? Dira-t-il : si le peuple veut nous envoyer des collègues féminins, nous les acceptons ?
Monsieur, les sentiments chevaleresques des ministres me sont connus, mais leurs principes conserva-
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teurs me sont aussi connus, Or, entre leurs sentiments et leurs principes, qui l'emjortera? Tln'est pas besoin de réponse, Le ministère n'hésiterait pas à limiter sur ce point cette liberté du peupie pour laquelle il afiche aujourd'hui un si grand, si grand respect, Eh bien! cette attitude que le ministère prendrait dans cette occasion, qu'il la prenne aujourd'hui. Si le principe posé par le bill est juste, qu'il le dise et qu'il accepte ; s'il est faux, qu'il le dise et qu'il le rejette, mais qu'il ne vienne pas, au nom de la liberté,