MIEUX VAUDRAIT ADOPTER LE SYSTÈME AMÉRICAIN
c’est-à-dire avoir le désaveu des lois prononcé par les tribunaux judiciaires.
Outre cela, messieurs, il y a plus, il y à Le désaveu politique. Ce désaveu politique est l'instrument le plus arbitraire de tyrannie que jamais un gouvernement sous une forme fédérative ait inventé.
D’après ce système, une loi passée par une législature provinciale, même si cette loi est entiè rement dans les attributions de la législature provinciale, est cependant, s’il plaît au gouvernement de sir John A. Macdonald, désavoute, rendue nulle} D'un mot, il détruit l'indépendance législative des provinces. C'est là, messieurs, l'exercice de ces droits tyranniques qu pousse la rovince de Manitoba à la révolte. La pre vince de Manitoba est une province dont la principaie production est celle du blé, elle a done besoïn de voies ferrées pour écouler ses produits à l'étranger. Elle en a deux, et toutes deux sont sous le contrôle de k compagnie du Pacitique Canadien, qui tharge des prix
exorbitants.. Et du moment que le chemin def pressurait la province au point qu'il n’y avait plus de profits à cultiver le blé dans la province du M: anitoba et que toute la popul: tion, comme un seul homme, demandait ce qu’elle avait droit de demander, c'est-dire des communications par chemins de fer, la légis lature du Manitoba, pour donner des chemins de fer au peuple de cette province, a passé différents actes d’incorporation ét: ablissant des chemins de fer, depuis la ville de Winnipeg jusqu'à la frontière américaine. Le gouvernement d'Ottawa, faisant usage de ce pot voir arbitraire que je viens de dénoncer, a désavout css lois-1à chaque fois qu'il en a été passé. En agis-
sant ainsi, messieurs, on necommettait pas seulement un acte de tyrannie, mais le gouvernement