‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 393 sur 571 · LES MOYENS DE CORROMPRE LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LES MOYENS DE CORROMPRE LE PEUPLE

même avec ses propres deniers. Je saluerai avec joie le jour où l’on n’exigera du peuple que l'argent strictement nécessaire pour subvenir aux besoins du pays ; el, dût la réciprocité illimitée n'avoir d'autre effet que de réduire les dépenses à un chiffre assez raisonnable pour qu’il ne fût plus possible à aucun gouvernement de distribuer des deniers aux électeurs pour les corrompre, je voterais à deux mains pour la réciprocité illimitée.

Les avantages, monsieur l’Orateur, de relations commerciales libres, et non interceptées entre ce pays et le grand état au sud de nous, sont indéniables. On fait aucune assertion contre notre prétention, que cet échange de relations amènerait les meilleurs résultats. Les objections faites jusqu'ici ne visent pas l’idée elle-même, elles sont toutes basées simplement sur la supposition que ce système serait fatal à certains intérêts de notre pays.

ne les nie pas. De l’autre côté de la Chambre, on n’a

egrere

or A SAS

Sn PES ME A ST

Di

in aan enter de ji « - : « Érmes = ° =: Ar Le e

Ph me Te hr male à

Rd Sn ni 2

Mais, mousieur, la seule grande objection que nous ayons entendue de toutes parts de Dautre côté de la Chambre, c'est le.cride déloyauté. Ce cri s’est élevé comme un glas lugubre danstous les discours que ces messieurs ont prononcés au cours de ce débat. L’objection, c’est qu'’admettre franco les importations des Etats-Unis, tandis que nous taxons les marchandises importées de l4 Grande-Bretagne, serait déloyal envers cette dernière. Tout cela se trouve résumé dans uue phrase de l'honorable ministre de l’[ntérieur, en réponse à uneinterruption de mon honorable ami de l'Ile du Prince-Edouard :

7 Ce que j'ai dit, c'est qu'un tarif différentiel contre l'Angle.

terre serait déloya! envers la mère-patrie et incompatible avee notre position.

Monsieur, si cette vbjection a un sens quelconque, elle signifie que si, nous trouvons qu'il nous serait avantageux d'adopter un système de corimerce réciproque et libre avec les Etats-Unis, nous devons renoncer à cet avantage parce que nous summes une colonie de l'Angleterre. Voilà la propcsition énoncée par l'honorable monsieur d’en face. Je dénonce une telle proposition ; je la répudie, je la désavoue comme indigne d'un homme, comme anti-canadienne et même aunti-britannique. Prétendre, monsieur. que notre fidélité coloniale exige que nous nous abstenions de tout esprit d'entreprise, que nous devons refuser d'agrandir notre commerce et d'augmenter la prospérité de notre pa#ÿ, suivant les meilleurs systèmes qui s'impose À nofre jugement ; prutendre cela, dis-je, est-ce Ià de la loyauté? Non, et si je voulais caractériser ce sentinent dans le seul langage qu’il mérite, je dirais : Non, ce n’est pas de la loyauté,

MAIS PLUTÔT DE LA SERVILIT£, Nous sommes colonie de l'Angleterre, il est vrai; mais

nous ie summes, non par contrainte, mais jee choix; et si nous sommes colonie anglaise aujourd’hui, c'est

EE DD D mn De pr ls pu pe

objection que de dote côté 6. Ce cri s'est S les discours urs de ce débat.

es importations 18 les marchane, serait déloyal trouve resume re de l’fntérieur, n honorable ami

tiel contre l'Angle- ; incompatible avee

sens quelconque, qu'il nous serai coramerce récinous devons repus Summes une pposition énoncée Je dénonce une désavoue cumme adienne et même kr, que notre fidébstenions de tout efuser d'agrandir ospérité de notre s qui s'impose À e, est-ce là de la ctériser ce senti:

e, je dirais : Non,

ILVTE:

Lil est vrai; mais

mais par choix:

ujourd’hui, cest

ue nous sommes convaincus qu'aujourd'hui notre Tépendatise coloniale est parfaitement compatible avec la plus large mestire de progrès national et de prospérité matérielle. Si ces messieurs de la droite prétendent que notre situation comme colonie amoïndrit et restreint nos chances d’avenir, que l’Angleterre nous permettra de nous élever à un certain niveau sans jamais pouvoir le dér#sser, je dis au'is calomuient l'Angleterre. Et si queiqu’un de la droite venait nous dire que l’Angleterre peut être jalouse de quoi que ce soit que nous puissions faire pour améliorer notre situativn, je lui dirais qu’il ne connait pas l'Angleterre, qu’il confond l’Angleterre d'aujourd'hui avce celle d’il y a cent ans.

Je laisse à la considération des fidèles et loyaux sujets d’enface, dunt la bouche est toujours pleine de protestations de loyauté, les paroles suivantes pronencées par lord Palmerston il y a vingt ans, relative- Ne aux provinces britanniques de l'Amérique du

\ord :

Si jamais ces provinces se sentent assez fortes pour se maintenir par elle-mêmes et si elles ne désirent plus conserver le lien qui les rattache à nous, nous devrions leur dire: Dieu soit avec vous et vous donne les moyens de vous maintenir comme nation !:

Voilà les sentiments des hommes d’état britanniques. Ils nous préviennent que, lorsque nous voudrons notre liberté politique, nous serons libres de l’ubtenir. Mais ce que nuus demandons, monsieur, ce n’est pas l'indépendance politique—nous voulons rester à l’ombre du drapeau britannique, —mais nous affirmons notre indépendance économique tout comme notre indépendance législative. Monsieur, les colonies ont des intérêts communs avec la mère-patrie, mais ils ont aussi des intérêts particuliers. Aujourd’hui nous imposons un droit élevé sur les importations anglaises. Nous n’exigeons pas cet impôt seulement pour obtenir un revenu, mais aussi pour nous protéger, por nous mettre en état de fabriquer nous-mêmes ce que jadis nous importions de l'Angleterre et neutraliser

ee PEN AE A OR trs AI I RSR PRET RARE

d'autant le commerce britannique. Il fut un temps où ceci n'aurait pas été toléré ; il fut un temps où l’Angleterre aurait désa ART et interdit une telle politique ; mais aujourd’hui, nous l’adoptons comme une chose toute naturelle, aujourd’hui on ne now demande plus compte de notre politique. Pourquoi? Parce que l’Angleterre a depuis longtemps admis le principe que les colonies ont

Page 1