‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 394 sur 571 · DES INTÉRÊTS PARTICULIERS À SAUVEGARDER · texte numérisé non relu

DES INTÉRÊTS PARTICULIERS À SAUVEGARDER

et qu’il est de leur devoir, qu’il est de leur droit et de leur pouvoir de développer, de faire grandir et pros-

érer ces intérêts, même s'ils viennent en conflit avec es intérêts britanniques. Il n’en a pas toujours été ainsi cependant. Au siècle dernier, l’Angleterre a perdu ses colonies américaines pour n'avoir pas voulu reconnaître ce principe. Les Américains se sont révoltés pour revendiquer le principe que l'imposition et la représentation doivent marcher de pair. Les principes peuvent dormir pendant des génératiuns et des générations, jusqu’à ce qu’enfin ils soient mis au grand jour pour la solution de quelque grave prubléme,. Et pourquoi les colunies américaines revendi-

| quaient-elles ce principe ? Il y avait dans ces colo- Tous nies un commerce qui leur était propre, mais il y avait avaie aussi le commerce anglais, et le parlement anglais, leur « d’où les colonies étaient exclues, légiférait exclusive- moin ment dans les intérêts du commerce anglais et contre tion « ceux du commerce indigène des colonies américaines. positi Dans notre propre pays, en 1837, une révolte que 1 éclata.dans les deux plus grandes provinces apparte- patio nant alors à l'Angleterre, et la cause de cette révolte et de dans les deux provinces était la même. C’était parce ( que le gouvernement anglais persistait À ne pas recon- des ] naître les intérêts des colonies, comme leurs législa- plus | tures les lui représentaient. Le gouvernement anglais lesqu n'avait pas alurs la même opinion sur cette matière temp que celle qu’il a aujourd’hui; cependant quand la uaien rébellion éclata, nou seulement dans le Bas-Canada, où le

où la population n’était pas d’origine britannique,

fut un temps un temps où rdit une telle ptons comme on ne nous . Pourquoi?

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mais même dans le Haut-Canada, le gouvernement anglais envoya un commissaire pour s’enquérir des causes de la révolte. Il eut la main extrêmement heureuse dans le choix qu'il fit de lord Durham, car en lui il choisissait un homme d’une grande sagacité d'esprit, d’un grand courage personnel, un homme aux vues larges et libérales. S'il était de mon devoir de faire une revue de son rapport, je serais obligé de faire une exception quant à l’idée qu'il s'était formée de mes propres compatriutes, mais ce rapport, dans ses grandes lignes,dans ses principaux aperçus, a été l’une des plus grandesiconceptions d’une époque fertile en idées larges. C'était en vérité toute une révolution.

Lord Durham vit du premier coup d'œil que les colonies avaient des intérêts particuliers, et que ces intérêts devaient être développés jusqu’à leurs conséquences légitimes ; et il en vint à la conclusion que les parlements locaux étaient les seuls capables de traiter ces intérêts logiquement et légitimement. En conséquence, il suggéra de donner aux colonies des gouvernements responsables. Ce fut, dis-je,

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