UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION
Tous les pays qui jusqu'alors avaient eu des colonies avaient pensé qu’il était nécessaire de les tenir suus leur contrôle immédiat ; tous croyaient qu’accorder la moindre liberté ferait naître le désir d’une émancipation complète. Lord Durham découvrit que la proposition contraire était vraie. Il découvrit et soutint que la contrainte faisait germer le désir de l’émancipation, mais que la liberté serait un gage sûr d'union et de fidélité.
C'était assurément une révolution ; c'était l’une es plus. grandes conceptions du siècle, et d'autant plus grande si l’on tient compte des circonstances dans lesquelles elle se présentait. Il y avait dans le temps une révolte à laquelle les deux provinces pretaieni part. Il y avait rébellion dans le Haut-Canada, ùle peuple était d’origine britannique ; il y avait une révolte, de beaucoup plus dangereuse, dans le
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Bas-Canada, où les habitants étaient d’origine étrangère et n'avaient été faits sujets de l'Angleterre que depuis peu de temps. Au moment même où le pays passait par les déchirements de la guerre civile, où le sol était couvert de sang, où l’Angleterre était obligée de recourir à la force des armes pour maintenir sa domination, Durham disait: Rendez-les libres, et vous les rendrez loyaux. Et nous qui vivons aujourd’hui, nous sommes les heureux témoins de la sagesse de ce grand esprit et de la réalisation de sa prédiction, Nous qui vivons aujourd’hui, nous constatons que cette politique a fait naître une loyauté profonde là où il LY a cinquante ans sévissait la révolte.
&h bien, monsieur, je demanderai aux honorables député d’enface jusqu'où s'étend cette liberté qui nous fut alors accordée ? Je prétends qu’elle va aussi loin que les intérêts canadiens le demandent, et c’est dans cette mesure que nous la réclamuns de ce côté-ci de la Chambre. Il est vrai qu’alors lord Durham n'avait pas un seul partisan, Les homme d’état britanniques ne pouvaient concevoir que le gouvernement responsable pût exister dans une colonie comme il existait chez eux, et ce ne fut que lorsqu'une autre intelligence supérieure, lord Elgin, arriva en ce pays que la politique de lord Durham fut entièrement adoptée. Mais lord Elgin alla plus loin. Il négocia le traité de réciprocité, et dans ce traité; il admit le principe d’un tarif différentiel contre le commerce anglais. Ÿ-a-il un honvrabledéputé de l’autre côté de cette chambre pour soutenir que ces grands hommes, lord Durham et lord Elgin, n’ont pas
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