‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 398 sur 571 · AU DROIT MORAL · texte numérisé non relu

AU DROIT MORAL

que nous avions d’agir comine nous l’avons fait, je n'ai pas le moindre doute.

’objection des honorables messieurs d'en face ecrait bien plus forte si ee était présentée sous un autre point devue. Si, au lieu de nous dire que nuus n'avons pas le droit d’imposer des droits différentiels contre l'Angleterre. ils nous avaient dit qu'il ne serait pas généreux envers l'Angleterre de faire des tarifs différentiels contre elle, l’ubjection, à mes yeux, aurait été de beaucoup plus forte; et si jene craignais de dépasser les limites du bon goût en parlant de mes sentiments, je dirais que c’est là une considération qui m'a beaucoup donné à réfléchir.

On nous a dit à plusieurs reprises dans le cours de ce débat qu’en matière politique toute sentimentalité doit être mise de côté. Je ne concède pas cela. Mon opinion est que le sentiment, aussi bien en politique qu'ailleurs, est susceptible de diriger nos actions dé manière à les rendre généreuses, si nous pouvons être généreux sans sacrifier le devoir. Monsieur, je suis d’origine française, et j’ai souvent dit—et vous-\ même, monsieur l’Orateur, vous direz avec moi,—| qu’il n’y a pas sur le continent américain de sujets | plus loyaux à Sa Majesté que ceux d’origine fran-| çaise, Cette loyauté vous est toute naturelle, à} vous, messieurs qui êtes d’origine britannique; elle | coule dans vos veines ; elle est innée chez vous, vous | l’avez puisée au sein maternel ; chez mes compatriotes, c’est la reconnaissance qui a fait naître le inême sentiment que celui qu'ont gravé dans vus cœurs l’o- | rigine ou la naissance. Je parle du fond du cœur:

ue ma langue s'attache à mon palais, si jamais je 40 prononcer une parole injuste envers l'Angleterre! que ma main droite se dessèche si elle doit prendre/ part à quelque chose de déluyal à l'égard de l’Angleterre !

Mais il ne s’agit pas ici d’une question de sentiment. Il s’agit d’une question de devoir, et, si jesuis obligé de chuisir entre ce que je dvis à l’Angle-

Page 1