‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 4 sur 571 · M. LAURIER. CHEZ LUI · texte numérisé non relu

M. LAURIER. CHEZ LUI

La résidence de M. Laurier est une maison de brique rouge à deux étages, avec peu d’ornementation h: extérieure, sans le moindre soupçon d’ostentation,donnant l’idée plutôt de modeste aisance et de confort que de richesse. En avant se trouve une vérandah que l’on atteint en gravissant plusieurs degrés. Vous pénétrez dans un spacieux vestibule, et on vous fait entrer dans le salon, à gauche. Cet appartement, qui occupe toute la profondeur de la maison, est meublé avec goût, mais sans extravagance. Surles murs on voit une foule de jolies décorations, scènes d'intérieur

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XII INTRODUCTION

propres à inspirer lasympathie,ici et là une statue,un portrait de quelqu'un des chefs libéraux, dont M. Laurier a étudié la carrière, où il a puisé l’amour des principes, le courage et l'inspiration pure et élevée.

A droite du vestibule setrouve un boudoir, et plus loin, la salle à dîner, l’un et l’autre pièce ayant le même cachet de tranquille élégance,sans ostentation ni extravagance ; partout, c’est l’image de cette belle et simple vie de famille que le chef libéral et madame Laurier aiment tant.

Le balcon en arrière de la maison, entouré de fleurs à profusion, est un des endroits favoris de M. Laurier pendant l'été. C’est là qu’il aime à se placer pour faire la lecture, le matin. Jei, le soir, l'hôte, s’il est fumeur, pourra déguster son cigare, pendant que M.Laurier, qui ne fume pas, cause avec franchise, avec cette aisance sans affectation ni effort qui fait qu’on s'étonne de plus en plus de sa connaissance approfondie de la langue anglaise, de la pureté mélodieuse de ses phrases, de la justesse de ses pensées.

Le terrain a une étendue de huit arpents. On arrive à la maison par une avenue serpentant À travers un bosquet d'arbres jeunes et touffus. Le terrain est divisé au milieu par une colline abrupte dont le sommet forme un plateau qu'on atteint au moyen d’un escalier, vu en gravissant l’escarpement sur le gazon, au gré du visiteur. Le sommet et les côtés sont couverts d’érables qui forment un parc dont la beauté naturelle n’a pas été amoïindrie par trop de culture ou d’ornementation.

M. Laurier a une prédilection marquée pour les meilleurs ouvrages de philosophie et de haute érudi-

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INTRODUCTION XIIT

tion. Il a à peine la patience de parcourir les disputes théologiques. Il est plus que familier avec là meilleure poésie anglaise et place Burns au premier rang des poètes. Mais les livres de son cœur sont Shakespesre, Macauley,les discours de John Bright et les quelques discours et documents de Lincoln qui ont été conservés. La touchante harangue de Lincoln à Gettysburg et son second discours inaugural font l'admiration du chef libéral. On retrouve sur ses lèvres beaucoup des phrases éloquentes de John Bright. Sur les murs sont les portraits de feu l’honorable George Brown, Louis Joseph Papineau, Gladstone, Edward Blake et autres grands chefs libéraux. C'est d’après les lignes politiques tracées par ces grands hommes que M. Laurier dirige sa carrière ; c'est dans le langage simple et puissant de Bright et de Lincoln qu’il raisonne, persuade et gagne le peuple à lui.

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