D'ENRICHIR LE PAYS PAR ACTE DU PARLEMENT
e', si jamais deux hommes ont été vengés par les événe.nents, c’est bien eux, par ce qui est arrivé depuis.
Mais les orateurs conservateurs, qui nous étourdissaient de leurs cris dans Ontario, vous disaient que sir John Macdonald avait dans la main une baguette magique et qu'il n'aurait qu'à l’agiter pour faire surgir de terre des manufactures qui couvriraient la province et donneraient du travail à nos fils, de façon à ne pas les obliger à s'expatrier.
Permettez-moi de vous rappeler ce qui se disait alors. Sir John a parlé dans bien des endroits à cette époque ; mais 1l disait partout la même chose et les quelques mots que je vais citer d’un de ses discours, prononcé non loin d'ici, à Parkdale, vous donneront une idée du reste:
Y Notre commerce et notre industrie, disait-il, sont non seulement dans la dépression, mais notre popula:' ion déserte Le pays pour chercher de l'emploi dans les manufactures des Etats- Unis. N'est-il pas honteux, criant, de voir que, dans un pays fertile, avec un climat salubre, avec un peupie robuste et inteiligent, avec de bonnes lois, 500,000 üe nos compatriotes se sont vus obligés de traverser la frontière depuis quelques années et sont allés se fixer aux Etats-Unis, parce qu'ils ne trouvaient pas ici d'emploi pour leur énergie, leurs aptitudes et leur esprit d'entreprise, par suite de la mauvaise politique de nos gouvernants ?
Aujourd’hui, la presse conservatrice soutient qu'il n'y a pas du tout d'émigration. Mais, à cette époque, sir Jonn disait qu'il y avait une émigration et que © tait une honte et un crime de ne pas l'empêcher. Monsieur, je vous le demande, si c'était alors si hon-
teux, si criant, de voir 500,000 de nos concitoyens passer la frontière pour y chercher de l'ouvrage, que devons-nous penser des hommes qui prétendaient faire disparaître le mal et qui, loin de là, ont porté le chiffre de l’émigration de 500,000 à 1 million ? (Rires et bruyants applaudissements.)
Mais ne soyons pas trop sévères pour sir John et ses amis. [I vaut mieux se montrer généreux quand on tient quelqu'un à sa merci. Nous avons aujourd’hui l'avantage sur notre adversaire, car nous trouvons sa condamnation dans ses propres paroles. Après tout, peut-être était-il de bonne foi, peut-être croyait-il possible de trouver, dans sa politique nationale, un remède aux maux dont-on souffrait alors? Car, vous le savez, l'histoire nous offre des exemples de pareilles erreurs. Il ne manque pas d’hommes qui, après avoir avancé des propositions fausses,