AU.GRAND REGRET DU PEUPLE CANADIEN
Il fut révoqué par nos voisins, et pour quelle raison ? Non parce qu’il n’était pas avantageux ; il n’y avait pas un homme public dans les Etats-Unis qui eût jamais nié l’utilité du traité pour le peuple américain. Il fut cependant #brogé, j'ai regret de le dire, pour des raisons politiques : à cause de la malveillance montrée par l'Angleterre et le Canada dans la grande lutte que les Américains eurent à soutenir pour la préservation de leur unité nationale. C'était à l’époque où la grande nation démocratique qui nous est voisine combattait pour l'abolition de l'esclavage, pour les droits de l'humanité, pour le salut d’un grand peuple. Elle n’eut jamais un mot d'encouragement de la part deses voisins. Je ne blâme pas beaucoup ceux qui sont de ma nationalité de la manière dont ils ont agi en cette circonstance, car ils ne conçoivent pas la liberté comme Ja conçoit la race anglo-saxonne, Mais on doit blâmer l'Angleterre, on doit aussi blâmer le Canada. Parmi les hommes publics de la Grande-Bretasie, deux seulement, M. Bright et M.Cobden, se déclaivrent ouvertement pour la cause du Nord, et parmi
les hommes vublics du Canada, il n’y en, qu’un seulement qui se fitle défenseur de la même cause, et cet homme fut Geurge Brown. (Applaud.) On raconte qu’il y eu un jour des applaudissements sur les banquettes occupées par les conservateurs dans la Chambre des Communes, lorsqu'on apprit que le Nord avait perdu une bataille. Cette conduite des Canadiens irrita le peuple am(ricain. Puisqu’ils sout contre moi dans mes luttes, se dit-il, je n'échangerai pas mes produits avec eux.
De meilleurs jours sunt venus depuis. (Applaudissements.) C’est du sang anglais qui coule be les veines de nos voisins, et le sang anglais est un sang calme ; maintenant tout sentiment d’hostilité est disparu et il y a aujourd’hui aux Etats-Unis des hommes qui sont prêts à commercer avec nous J''rement. Nous avons dans le Congrès M. Hitt, M. B ‘worth, le sénateur Sherman, ele secrétaire Ba: ‘ui se sont déclarés à maintes reprises prêts à faire «a traité de commerce et à faire supprimer ces douanes qui, d’après sir John, saignent à blanc le cultivateur canadien.
Pourquoi le gouvernement, pourquoi sir John ne repond-il pas à ces avances ? Pourquoi n’adopte-t-il pas la politique suggérée par sir Richard Cartwright, la politique de la réciprocité illimitée ? On en a donné la raison plus d’une fois, et cette raison, la voici. La réciprocité illimitée ne serait pas avantageuse aux manufacturiers, Cumme vous le savez sans doute, réciprocité illimitée inclurait nécessairement les produits naturels, les produits bruts, et, d’après sir John lui-même, cela serait