‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 425 sur 571 · ELLE PEUT LE FAIRE ENCORE · texte numérisé non relu

ELLE PEUT LE FAIRE ENCORE

On vous dit que la réciprocité était alors restreinte :c’est vrai, mais, si limitée elle vous a donné la prospérité, illimitée elle vous la dounera davantage. Rappelezvous ce qu'on vous disait il y a dix ans. On vous disait que la politique nationale créerait des marchés locaux ; que toutes les nouvelles frabriques emploieraient des milliers d'ouvriers qui consommeraient le fruit des labeurs du fermier; que les fermiers vendraient cher leurs produits et achèteraient à bon maivehé, Nous avions alors deux villes dont la population dépassait 100,000 âmes, Montréal et Toronto ; nous n’avon”* encore que deux viiles dont la population atteigne ce chiffre. De l’autre côté de la frontière, dans les Etats du Nord seulement, douze villes ont une population de plus de 100,000 âmes et, réunies, elles comptent quatre millions d'habitants. C'est-là que sont vos marchés locaux ! (Applaudissements.)

Les partisans de la politique nationale vous ont dit que la réciprocité ne serait d'aucun avantage pour | les fermiers, parce qu'ils auraient à lutter avec les fer- | miers américains dont les terres produisent les mêmes | choses que nos terres. Cela est vrai; les produits sont | les mémes, mais il est facile de répondre à l’argu- | ment. J'ai mieux qu'un argument à vous donner. Je | ne suis pas venu ici—cela peut paraîtie présomptueux, 1 mais je me suis fait une règle de dire ce que je pense, — 1. je ne suis pas venu ici pour essayer de persuader les | libéraux. Ce sort les conservateurs que je veux con- | vaincre. Si je ne craignais pas de les offenser, je dirais | que ce sont les pécheurs que je veux convertir. (Ap- lé plaudissements et rires.) Comme je veux convertir l les pécheurs, je vais leur citer une autorité qui, pour eux,

VAUT MIiEUX QUE LA LOI ET LES PKOPHÈTES.

Je vais leur citer les paroles du grand apôtre lui-même, sir John Macdonald, et il n’y aura que les pécheurs endurcis qui ne se rendront pas. En 186, nous étions [a] es ol 44

dune

à la veille des élections et sir John parcourut Ontario et adressa la paroie en différents endroits. Entre autres choses, voici ce qu’il a dit à Hamilton. Ce sont ses propres paroles ec je prie mes amis les conservateurs de les méditer:

L'une des grandes causes de la prospñiité du fermier d'Ontario, c'est Le üauits de récproc:t$, et par conséquent le libre échange des pioduits de l'agriculture qui en résulte. Le fermier a trouvé un marché là où il n'y en avoit pas auparavant,

Voilà qui est péremptoire, n'est-ce pas? Cependant on s'entend dire aujourd'hui par les partisans de la politique de sir John que la réciprocité n'offre pas d'avantages parce que nus produits “ont les mêmes que.ceux de nos voisins. Je vais encore citer Îles paroles de sir fohn pour achever de les confondre. Païrlant à l’extre nité opposée de la province, à Caledonia, sir John s'exprima dans les termes suivants :

S'il ya une mesure administrative avantageuse pour les fi mieis, c’est le traité de 1éciprocité, négocié d'abord sous le gotveinement de M. Eincks, mais qu'on n’a conclu que sous le gouvernement de sir Allan, Auperavant on payait 20 cents par bo'sseau sur le blé pour lui faire passer la frortière ; man: tenant on l'exporte aux Etats-Unis sans payer de droit et chuqie cultivateur est plus riche de viagt cents pour chaque boisseau de blé que sa terre produit. Grâce à ce traité, au lieu de se voir fermer ia rou°: ue, Etats-Unis, et d’être obligé d'aller à Montréal pour vendre les fruits de sa terre, le fermier cauadien a maintenant deux marchés. Il a deux cordes à son arc. Aucvu douanier nes’interpose entre lui et le manufacrurier de la Nouvelle-Angleter:e ou le corsommateur anglais.

Qui parie ainsi? Ce n’est pas le Globe, c’est sir John Macdonaid lui-méme! (Appiaudissements et r're….) L’est justemenc à ceite politique que nous vouons revenir, à certe noltique qui. 1 y a vingt ans, rendait cheque caltivateur plus triche de vingt cents par boï:scau de blé que sa terre produisait. Nous ne voulons pas que Ja route des Etats-Unis nous soit fermée; nous désirons avoir deux marchés. deux

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urut Ontario Entre autres Ce sont ses onservateurs

its du fermier par conséquent qui en résulte.

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itageuse pour les , d'abord sous le h conclu que SOUS bn payait 20 cents \ tror.tière ; Man payer de droit et nts pour chaque À ce traité, au lieu et d'être obligé a terre, le fei mier h deux cordes à b Lui et le manulatmmateur anglais

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a vingt ans ie vingt cents gait. Nous ne Jnis nous Soi

avchés. deux

A OAKVILLE EN 1888 483

cordes à notre arc, et qu'aucune douane ne vienne se placer entre nous et le manufacturier américain ou le consommateur anglais.

Voilà certes un langage éloquent, mais voici qui est encore plus éloquent. (Ce sont les statistiques du commerce à l’époque où le traité de réciprocité était en opération. End853,avant le traité, notre commerce avec les Etats-Unis s'élevait à $821,000,060. En 1866, la dernière année du traité, ce commerce s'élevait à $884,000,000, ce qui fait une augmentation de $63,000,- 000. Pensez-vous qu’on puisse trouver une démonstration plus convaincante que ces chiffres ? Mais ils font voir autre chose encore. Ils montrent que le trsité était avantageux, non seuleinent pour les Canadiens, mais aussi pour nos voisins Américains. Il était, comme tout contrat doit être, avantageux aux deux parties. Cependant le traité fut révoqué

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