‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 437 sur 571 · CE · texte numérisé non relu

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cune ! Monsieur, j'ai honte de le dire pour mon pays,

j'ai honte de le dire pour le monde civilisé : dans ces

terribles moments d’épreuve pour les Américains, ils n’ont pas trouvé dans notre civilisation une seule main qui se soit tendue pour les assister ou même les encourager.

Quand sn se demande quels sont ceux qui en Angleterre ont épousé la cause du Nord, la cause de l’affranchissement, deux noms se présentent, John Bright et Richara Cobden, etce sont à vrai dire les seuls ; les seuls de leur temps, les seuls des rangs avancés de la civilisation et de la liberté, qui se soient ouvertement prononcés pour la liberté. Et dans notre pays, il n’y a eu qu'un homme, un seul, toujours aux avants-postes de la liberté, lui aussi, qui ait ouvertement exprimé sa sympathie pour le Nord: George Brown. Faut-il donc s'étonner, quand c’est ]à toute la sympathie que les Américains ont reçue de notre part, quand la nouvelle des victoires sudistes étaient acclamée avec joie par tout le pays, même, me dit-on, en pleine législature canadienne; faut-il s'étonner, dis-je, que leur esprit se soit aïgri à notre égard, et qu'au mument de renouveler le traité, ils se soient dit : ‘ {ous ne voulons plus avoir de relations commerciales avec ces gens-là !”

Et depuis cette époque, avons-nous fait quelque chose pour ramener la bonne amitié? Monsieur, vous vous rappelez qu’en 1878 une nouvelle politique a été adoptée, une politique de bravaches. Nous nous somimes laissé dire par sir Charles Tupper que le gouvernement avait trouvé un moyen infaillible de forcer les Yankees à nous donner la réciprocité. Que disait à cette époque sir Charles Tupper à la Nouvelle-Ecosse, au Nouveau-Brunswick et même à la Chambre des Commünes ? Il disait que nous forcerions bien les Etats-Unis à céder et à nous rendre la réciprocité. Monsieur, le Canada est pour moi le pays natal, la patrie ; c’est le pays de mon cœur, ei cela dit tout. Maïs cela ne fait pas du Canada l’égal des Etats-Unis par l'étendue et l’importance; cela ne l'empêche pas de n'avoir qu’une population de 5 millions, tandis que les Américains sont 60 millions. Prétendre, comme parlaient les chefs conservateurs

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