‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 443 sur 571 · CE DOUBLE JEU · texte numérisé non relu

CE DOUBLE JEU

a longtemps réussi ; mais avant d’aller plus loin, je me permettrai de rappeler que l'attitude du parti conservateur d’Ontario a toujours été telle que je viens de la décrire, comme le savent parfaitement tous ceux qui m’entendent. Ce que l’on ne sait peutêtre pas aussi bien, par exemple, r’est que les conservateurs de la province de Québec accusent les libéaux d'Ontario, non de courtiser l’influence catholique, mais de lui être hostiles, et de cette manière les accusations portent des deux côtés. Dans une province, les libéraux sont accusés d'une chose, et dans l’autre on porte contre eux une accusation diamétralement opposee.

Je pourrais citer articles sur articles de la presse qui appuie letrès honorable premier ministre pour prouver ce fait, mais je vais me borner à un court paragraphe. La question scolaire dans Ontario est une question brûlante. Hier, Phonorable député de Bruce (M. MeNeil) n’a guère parlé d’autre chose. Il y a quelques jours, un débat a eu lieu sur cette question dans Ja législature d'Ontario. Le parti conservateur accusait le cabinet Mowat de favoriser indûment l’enseignement de Ia langue française dans les écoles d'Ontario. Dans la province de Québec, on a commenté cette discussion, et la Minerve, un des journaux qui appuient le gouvernement fédéral, un organe du parti conservateur, en a parlé comme suit :

La motion du député de Durham-Est nous à valu une réplique très brillante, très fortement pensée, très large d'i iées et fort concluante de la part de l'honorable M. G. W. Rose, ministre de l'Instruction publique. M. Ross est un grit de la plus belle eau, mais nous somimes trop habitués aux dénonciations francophobes de ce parti et à leur mtempérance de langage quand il s'agit de la province de Québec pour ne pas nous réjouir de tout ce qui, de près ou de loin, peut ressembler à une conversion.

La Minerve affirmait donc que le langage de M. Ross était une exception, tandis que le parti cunservateur d’'Ontario accusaît le gouvernement, au nom duquel parlait M. Ross, de ce qui est regardé ici comme une exception dans le cas de ce dernier. Il en a toujours été ainsi.

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