CE PARTI A TOUJOURS ÆU DEUX FACES
la face austère du protestantisme dans l’ouest, et la face dévote du catholicisme dans l’est. Dans la province d’Ontario, le cri de ralliement du parti a toujours été: ‘ Protestants, méfiez-vous des grits; ce sont des protestants tièdes, ”?
Quelques voix.—Non, jamais !
M. Laurier.—Parmi les habitants de la province de Québec, Le cri a toujours été : ‘ Catholiques, mé- Mez-vous des libéraux, ce sont Ge mauvais catholiques ” Ce double jeu a réussi pendant longtemps, mais il n’en peut pas être toujours ainsi et je dis que le jour de la rétribution approche.
Je dis que la présente motion est très regrettable sous plusieurs rapports et j’approuve tout co qu'a dit l’autre jour l’honorable député de Northumberland (M. Mitchell). Tout son discours me paraît empreint d’une grande sagesse, mais je ne puis me défendre de la conviction que le gouvernement ne fait que recueillir aujourd’hui ce qu’il a semé, Il a habitué une classe nombreuse de la population protestante d’Ontario à le considérer comme le champion du protestantisme. Ila proclamé la doctrine du désaveu parmi cette classe et aujourd’hui celle-ci s’écrie: ‘ Nous vous avons toujours considéré comme le champion du protestantisme ; voici une législation que nous regardons comme hostile aux intérêts protestants et aux intérêt: du pays en général, et nous vous demandons d’exerc:: ce pouvoir de désaveu que vous avez sisouvent exercé par le passé. ?
Quant au parti libéral, son attitude sur cette ques tion était connue avant qu’elle eût été expliquée dan le présent débat. Il envisage toujours ces question
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non pas au point du vue catholique ou prôtestant, mais à un point de vue qui embrasse tous les difrérents intérêts religieux.
Parmi les diverces questions qui ont divisé les deux partis, il n’en est aucune au sujet de laquelle la politique des deux partis ait été aussi clairement tranchée que dans le présent cas. Le parti conservateur dirigé par le très honorable premier ministre, a toujours prétendu avoir le droit de reviser la législation des législatures provinciales. Pour notre part, nous avons toujours soutenu que le seul moyen de maintenir la Confédération est de reconnaître que, dans sa sphère, dans la sphère que lui assigne la constitution, chaque province est aussi