‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 471 sur 571 · RÉFLEXIONS DE M. LAURIER SUR LE RÔLE DE SA RACE EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS DE M. LAURIER SUR LE RÔLE DE SA RACE EN AMÉRIQUE

En juin 1889, 25,000 Canadiens-Français, venus de tous les points du continent, se réunirent à Québec autour d'un monument élevé de leurs oboles à la mémoire de Jacques Cartier le découvreur, et de Brebeuf, l’un des premiers missionnaires du Canada. Les fêtes durèrent trois jours et furent splendides. L'une des harangues de la circonstance qui produisirent le plus profond effet fut sans contredit la réponse de M. Laurier au toast porté au Canada au grand banquet patriotique du 24 juin à la salle Jacques Cartier, dans le quartier français de Saint-Roch, que représente M. Laurier aux Communes. En voici le texte même :

MONSIEUR LE PRÉSIDENT, MESDAMES ET MESSIEURS

J'ai souvent pensé, et après l’éclat des fêtes d’aujourd’hui plus que jamais je pense, qu’il ne devrait y avoir pour tout le pays qu'une seule célébrativn de la Saint-Jean-Baptiste et que cette célébration devrait avoir lieu dans la bonne vieille ville de Québec. J'ai toujours pensé et plus que jamais je pense que Québec devrait être, pour les Canadiens d’origine française, ce que la Mecque est pour l’Arabe, la ville par excellence, la ville sacrée entre toutes.

On dira peut-êtré que je suis partial en faveur de

Québec. Si on le dit, je réponds simplement que j'ai bien des raisons de l’étre : loin de m'en défendre, je l’avoue hautement.

Car, il faut en convenir, il n’y a qu’un Québec. Nos amis de Montréal qui sunt avec nous ce soir, qui sont fiers de leur ville et qui en sont fiers à bon druit, protesteront peut-être : je n’accepte pas ces protestations ! Des villes comme Montréal, le continent en fourmille ; j’en prends à témoins nos amis venus des Etats-Unis. Je ne dis pas de mal de Montréal, tant s’en faut, mais il n’y a qu’un Québec. Des villes comme Montréal, avec des rues larges, droites, régulières, tirées au cordeau, si j'étais irlandais, je dirais qu'il y en a à toutes les portes. Ces choses ont bien leur valeur, mais, jele répète, il n’y a qu’un Québec. Ce qui fait le charme de Québec, c’est la variété, c’est l’imprévu de ses aspects ; à chaque pas que vous faites, la scène change, un nouveau panorama se dcroule à vos yeux, aussi ravissant que le précédent, mais d’un genre différent. Ce charme de Québec, tout le monde en peut jouir, les étrangers en jouissent comme nous, plus que nous peut-être, car les hommes sont aingi faits qu’ils ne savent jamais suffisamment apprécier ce qu’ils possèdent.

Mais Québec possède un autre charme dont nous, Canadiens d’origine française, ne pouvons seuls jouir dans toute sa plénitude: c’est le charme des suuvenirs. Hommes de Québec, vous êtes des privilégiés. L’antiquité nous a préservé la mémoire d’une épitaphe, fameuse où l’on recommandait au passant de s’arrêter, parcequ’il foulait la cendre d’un héros : mais vous, hommes de Québec, vous vivez, vous respirez dans une poussière de héros.

À chaque pas que vous faites dans votre ville, un monument, un édifice, une pigrre, un coin de ciel au bout d’une rue étroite fait surgir dans “Votre pensée tout un monde d'événements héroïques. Aujourd’hui vous venez d'élever un-m#äveau monument qui per-

étuera À jamais le souvenir de la croix plantée par pan ts du roi de France, pout prendre possession de

ce pays au nom du roi de France.

t que j'ai fendre, je

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