AUX CANA DIENS-FRANCÇAIS
qui s'y trouvaient le même idéul national, d'offrir au monde le spectacle d’une nation diverse dans ses origines, conservant daus tous ses groupes le respect des traditions de famille et de race, mais donnant, désormais à tous une unique et même aspiration. Je n'ai pas oublié que la confédération à son origine ne fut pas acceptée sans terreur par nombre de Canadiens d’origine française, mais il est une chose cependant pour laquelle les Canadiens-Français ont droit à l’universelle admiration. Le vice des démocraties est d’ordinaire de flatter les foules. Je ne sais pas flatter : jamais je ne m'abaisserai au rôle de flagorueur, pas plus des foules que des personnes, mais c’est simple justice de constater avec quelle admirable souplesse es Canadiens-Français se sont adaptés à tous les régi- 116% par 1esquels ils ont passé, la cun-titution de 177 celle de 1791, celle de 184, et enfin le régime de la Confédération. Je n’ignore pas qu’il n’est pas de nation là où il n’y a pas de fiesé nationale. Je n’ignore pas non plus que presque toujours la fierté nativnale repose sur ces événements tragiques qui font souffrir, qui font pleurer, mais qui mettent en relief toutes les forces d’une nation, ou d’une race, et à ce sujet on a dit avec raison que les peuples les plus heureux sont ceux qui n’ont pas d'histoire. Notre histoire sous la Confédération n'offre aucun de ces faits dramatiques qui rendent le passé si attachant ; elle a été calme, elle a été heureuse. Mais la paix a aussi ses gloires et ses héros. ‘Le Canada sous la Confédération a pu s’enorgueillir d'hommes dont n'importe quelle nation aurait le druit d’être fière. Je ne parlerai pas des Canadiens d'origine française ; M. Langelier vous les a rappelés ilya un instant, je choisirai parmi les Canadins d'origine britannique et je ne citerai que deux noms. Le premier nom que je vous rappelerai est le nom d’un honme duquel je diffère toto cæio, mais je suis trop de mon origine pour ne pas me faire une gloire, en tout temps, de rendre justice à un adversaire ; le nom que je vous signale est le nom de sixJuhn Macdonald. Je n’étounerai pas mon ami M. Chapais, que je vois parmi vous, si je dis que je ne partage pas les
opinions politiques de sir John Macdonald ; je puis même ajouter que je les réprouve presque totalement, mais il faut reconnaître que sir John Macdonald,dans tout le cuurs de sa longue carrière, a déployé des qualités d’une telle éminence qu'elles auraient fait leur marque sur les plus vastes théâtres, que personne sur ce continent n’a excellé comme lui à gouverner les hommes, à moins que ce ne soit M. Mercier. L'autre nom que je vous signale est le nom d'un homme qui a été pour moi un ami et plus qu’un ‘ami, le nom de l’honvrable Edward Blake, Il y a déjà
uelques années, parlant ici même de M. Blake, j'ai déctsré que dans mon opinion l'Amérique,à ce moment, n'avait pas son égal, et que l’Europe n'avait pas sun supérieur.
Tout ce que j'ai vu depuis de M. Biakxe m'a confirmé dans cette opinion; j'ai eu l’avantage de le voir detrès près, et j'ai aussi appris que chez lui le caractère, l’âme, le cœur sont à la hauteur de l'intelligence. Bien d’autres noms que ceux-là, noms de la plus haute éminence, se pressent sur mes lèvres ; je les passe sous silence pour vous rappeler un événement qui résumera tout ce que je pourrais dire, et vous montrera que, tout en restant canadiens-français,nous sommes Canadiens dans la plus vaste acception du mot. Il y a à peine quelques semaines, le feu détruisait Saint- Sauveur. Un homme s’est alurs présenté pour combattre le fléau, et arrêter le désastre: allègrement, sans hésitation, avec l’intrépidité alerte du véritable soldat qu’il était, il s’est porté au plus fort du danger et ya trouvé la mort. Le lendemain, toute la population française de Québec se répandait dans les rues— comme aujourd’hui, non cependant comme aujourd’hui daus la joie et l’allégresse, mais le deuil dans le cœur—et avec la plus pieuse révérence saluait au passage le corps mutilé du major Short.
Le major Shurt n’était pas de notre race: c'était pourtant notre compatriote, et quel est celui d’entre vous, Canadiens-Français, qui dans cette heure de deuil, au milieu des ruines fumantes de votre ville, en face de ce corps inanimé, mort d’une mort si
je puis lement, ald,dans )yé des ent fait ersonne uverner Mercier.
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