‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 525 sur 571 · UNE NATIONALITÉ BATARDE · texte numérisé non relu

UNE NATIONALITÉ BATARDE

J'ai ici les paroles qu’il a prononcées pas plus tard l l que le 12 juillet à Stayner (Ont.). Ces paroles, les voici:

A Barrie, à la dernière élection, je vous ai dit en quelques mots que le grand danger qui inenace le Canada, c'est la nationalité française, cette nationalité bâtarde, cette nationalité qui ne veut pas compteravec nous comme nous comptons avec elle, ne voit que la race française dans le Dominion, ne compte qu'avec ceux qui professent la f,i catholique romaine et veut le Aimembrement du Canada.

Une “ nationalité bâtarde ? ! * Un danger pour le Canada! Il n’y a pas cinq ans, monsieur l Orateur, ‘* cette nationalité bâtarde, ” pour me servir de l’expression distinguée de l'honorable député, était unanime à supporter le parti conservateur auquel ilappartenait lui-même alors comme aujourd’hui. Il n’y a pas cinq ans, l'honorable député aurait pu compter sur ses doigts les députés de cette nationalité dans cette chambre qui n’appartenaient pas au parti conservateur. jependant à cette Époque, et tant que la race rançaise a donné l'appui de toute son influence à ce parti, nous n'avons jamais entendu dire que cette race fût un danger pour le Canada. A cette époque les craintes de l'honorable monsieur, qu’un rien fait naître, n’existaient aucunement. Plus que cela, mes concitoyens d’origine française qui siégeaient du même côté de la chambre que lui, pouvaient faire appel et

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faisaient en effet appel à leurs préjugés de race; mais c'était une ruse de guerre légitime, car cela rendait service au parti conservateur, cela donnait des charges et des emplois aux partisans de ce parti et leur procuait les avantages directs ou indirects de ces charges et de ces emplois.

Le discours prononcé, la nuit dernière, par mon honorable amile ministre des Travaux Publics et dont mon honorable ami le député de North-Oxford (M. Sutherland) a fait une critique judicieuse, renferme en substance ce dont la presse conservatrice n’a cessé de nourrir les esprits dans la province de Québec.

Cependant à cette époque, jamais il n’a été dit un mot du danger que l’appel au sentiment national pouvait faire naître pour le Canada.

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