‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 526 sur 571 · MAIS LES CHOSES SONT BIEN CHANGÉES · texte numérisé non relu

MAIS LES CHOSES SONT BIEN CHANGÉES

Aujourd’hui les Canadiens-Français ne supportent ‘pas unanimement le parti conservateur, et ce qui était

recommendable, ou du moins inoffensif, est devenu un danger pour leCanada. Un danger pour le Canada, monsieur l’Orateur ! Jose dire, jugeant l'avenir par le passé, que, si les Canadiens-Français s’unissaient de nouveau pour donner l’appui de leur influence au parti dont l’honorable monsieur est un des partisans, on n'aurait pas un mot à dire du danger que fait naître l’appel au sentiment national à Québec ; car, quoique l'honorable député affecte l’indépendance, il n’en appartient pas moins au parti que dirige le premier ministre.

I] peut être soldat indiscipliné, il est possible qu’il fasse la guerre en gurrilla, selon sa manière habituelle d'agir, mais après tout il travaille pour le bénéfice du parti conservateur. Il nous l’a dit à maintes occasions. Il n’y a pas quinze jours, il l’a dit à Collingwood et l’a répété le 12 juillet dernier à Stayner. II est notoire que c’est le 12 juillet dernier à Stayner, au milieu de ses constituants, que l'honorable député a

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ouvert les hostilités. Ila dit alors qu’il fourbissait ses armes et qu’à l’ouverture du Parlement, il ouvrirait le feu contre la race française. Son ardeur était telle qu’il se plaignait du malheureux enchaînement de circonstances qui le mettait dans la postion de ne pouvoir l’attaquer aussi souvent que son impétuosité l'y portait ; maïs il a déclaré que, tout en restant dans les limites tracées par la constitution, il allait diriger ses attaques contre la langue française dans les territoire s du Nord-Ouest aussitôt que l’occasion s’en présenterait. Cependant, en adressant ainsi la parole à ses constituants, tous probablement bons tories, l’hono- ‘able monsieur a eu soin de dire qu’il était conservateur, qu’il restait conservateur, et

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