‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 527 sur 571 · QU'IL ESPÉRAIT MOURIR CONSERVATEUR · texte numérisé non relu

QU'IL ESPÉRAIT MOURIR CONSERVATEUR

et je n'ai aucun doute que ce ne soit vrai, parce queje ne crois pas que l'honorable député ait la moindre parcelle d'esprit libéral. Après cela, quelques électeurs, âmes candides, se sont demandé «il suivait encore le premier ministre ou s’il organisait un nouveau mouvement pour son propre compte. Question bien inutile, car, quelles que puissent être les visées de l’honor able monsieur, il est certain qu’il n'entend pas faire tort au parti conservateur et surtout à son chef. En effet, dans les circonstances que je viens de mentionner, il a parlé de son attachement à son parti et au chef de son parti avec nue effusion qui, certes, n’est pas dans ses habitudes.

Je pourrais citer plusieurs expressions par lui employées, mais en voici une qui car actérise le ton général de son discours :

J'ai toute l'affection possible pour mon vieux chel prree que je suis encore un de ses partisans. Je ne serai pas expulsé du parti quoique je ne sache pas ce qu'on me réserve.

L’honorable monsieur n’est pas ici; mais s’il ‘: était, je lui dirais qu’il peut dor mir en paix. I n’a pas besoin de s ’inquiéter de ce qu’on lui réserve, carje

connais assez l'astuce du très honorable monsieur-sans parler de ses plus nobles qualités, —pour ne pas deviner que, pour peu que l’honorable député amène des recrues au parti, tout lui sera pardonné. Aussi, amener des recrues au parti, voilà le but qu’il se propose aujourd’hui.

Encore une fois, je regrette que l'honorable député ne soit pas à son siège, je serais plus à mon aise en sa présence, :nais en toute sincérité, je crois que son rôle est celui d’un agent recruteur, sans que cela,naturellement, lui fasse négliger ses propres intérêts.

Le parti conservateur est resté longtemps au pouvoir; ilest resté au pouvoir presque sans interruption peudant trente ans, et il le doit presque entièrement,—c'est un fait acquis à l’histoire, —à l'appui des catholiques français de la province de Québec. C’est maintenant un appui sur lequel ce parti ne peut plus compter, car le peuple à Québec est désormais divisé sur les questions politiques ; mais une chose doit frapper tout le monde, c’est que l'Ontario anglo-protestant, compact, uni, vaut tout autant pour des fins de parti, et tel paraît être le buë que l'honorable député s’est assigné. C’est toujours une tâche facile et peu coûteuse d’allumer et d’attiser les préjugés. Qu'on me mette en présence d’une assemblée ou d’une réunion d'hommes quelconques, considérable ou non, et jy trouverai certainement des passions, des préjugés qu'il sera facile d'exciter jusqu’à les rendre dangereux. L’honorable député cherche maintenant À soulever tout ce que de vieilles haïnes, la fureur religieuse, l’orgueil de la race, peuvent avoir laissé des préjugés dans le cœur de mes concitoyens d’origine anglaise. Illeur dit que, si notre pays veut rester anglais, tous les Canadiens d’origine anglaise doivent s’unir ; en même temps, il affirme qu’il est conservate:1r, qu’il entend demeurer conservateur et ne pas se séparer de son chef. Si ces appels doivent triompher,

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