‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 535 sur 571 · LA MÉTHODE TORY · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE TORY

et il a prouvé une fois de plus que les méthodes tories ne procèdent jamais des instincts nobles et élevés du cæur humain, de l'intelligence humaine, mais toujours de la crainte, du doute et de la défiance qui ont toujours rendu le parti tory, partout où il a régné, suspect et cruel. L’honorable député, en jetant les yeux sur notre vaste pays, y a vu une population d'un million et demi, —presque le tiers du chiffre de la population totale —d'habitants d'origine française attachés à leur langue, à leurs lois, à leurs institutions et à leur religion, attachés à tout ce qui caractérise leur individualité distincte. Si l'honorable député avait dit qu’il y a là une cause de conflit possible et que nous devons nous efforcer de trouver le moyen d’atténuer ce conflit, je serais d'accord avec lui; mais il ne voit pas les choses de cette façon. Au contraire, il affirme imperturbablement qee l'existence de deux races distinctes dans ce pays est imcompatible avec l'existence de la Confédération, et que, conséquemment, l’une des deux doit disparaître; et j'ai cité ses paroles quend il en a appelé à ses partisans d’origine anglaise, leur disant de fourbir leurs armes et de voir à ce qu’il n’y ait qu'une nationalité sur ce continent.

Si cette politique devait triompher, qu’arriveraitil? Où l'honorable député veut-il en venir? Simplement à ceci : que les Canadiens-Français sentent le joug peser sur leurs épaules et qu’on leur enlève par voie législative,

OU PAR LA FORCE AU BESOIN, tout ce qui leur a été concédé jusqu'ici. Si

trine devait prévaloir, sur quelles ba donc notre conféd(rativn ? L'honor:

Le sûr, admettra lui-même que l’org e 1: tt chement aux traditions nationales. a mém: re des ancêtres, sont de nobles sentiments ; cependant il propose délibérément qu'un million et demi de Cana-

diens—afin, pour me servir de son expression, de

CONTRE LE BILL M°CARTHY 593 j|

devenir de bons Canadiens—renoncent à leur origine | et aux traditions de leur race. Il propose que l’humiliation de toute une race dans ce pays serve de base à

tories la Confédération. Malheur au parti capable d’adopter és du des doctrines aussi dégradantes que celle-là! Qui ne vuit s tou- pis que l’humiliation d’une race serait pour la Conféui ont Kératton un danger beaucoup plus grand que tous régné, ceux que nous ayons jamais traversés ! int les | L'honorable député de Bruce-Nord (M. MceNeill) lation a dit récemment que le devoir qui s'impose à nous est ede la d’édifier une nation sur ce continent, et d'établir un uçaise ordre de choses tel que tout citoyen de ce pays, quelle utions ue soit son origine, qu’il soit Anglais ou Français, | se leur éprouve sincèrement un sentiment de suprême fierté | 6 avait de s'appeler Canadien. De cela, j'en suis. Mais je l'e el Le nous demanderai à l'honorable député—ce serait peut-être ténuer trop de faire appel à son cœur, mais je puis en appeler de voit à sa logique—croit-il qu’en soumettant un élément flirme entier de notre population à es disistence L'HUMILIATION DE RENONCER A SON ORIGINE ine des quand et de répudier sun histoire, on le rendrait bien fier de e, leur gon pays ? Qui ne voit que, si l’on force une partie de la u'il v’y population à détester les institutions sous lesauelles elle vit, ces insticutions seront par le fait même en

verait- danger de destruccion ? Non, l’humiliation d’une

Sin- race, d’une classe, d’ue croyance, d’un seul citoyen, tent le ne saura:t servir de base à la Confédération. Elle ne ve par peut avoir qu’ure base possible, assez large pour don-

ner la plus grarde latitude, le plus complet essur à tous ces sentiments qu’on ne peut arracher du cœur de l’homme sans le rabaisser.

L'honorable député a l'air de croire que tous les Canadiens devraient être coulés dans le même moule. Il est fier de sa race et il atout lieu d’en être fier, mais il ne s’en suit pas que nous devrions tous êcre Cana- {|

tt diens-anglais, que sous nous devrions aller nous fondre e des dans l’élément anglo-saxon. Certes, personne né resil pro- pecte ou n’admire plus que moi la race anglo-saxonne ; Cana- je n’ai jamais dissimulé mes sentiments à cet égard ; mn, de mais nous, d’origine française,

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