DES ACTES PUREMENT POLITIQUER
On a dit ici, hier, que l'exécution de Scott était un crime; soit, mais C'était un délit politique. La raison p ‘en parait évidente : M. Riel, en signant l'arrét d’execution de Scott, n’a fait que mettre à effet la sentence d’un tribunal.
Quelqu'illégal que pût être ce tribunal, quelqu'inique que pût être la sentence, ce fait seul que la sentence était rendue par un tribunal, et que le tribunal
existait de facto, était assez pour donner à l’exécution un caractère exclusivement politique.
On a voulu dire encore que M. Riel n'était qu’un rebelle. Comment a-t-on pu tenir un pareil langage ? Quel acte de rebellion a-t-il commis? A-t-il jamais arboré d'autre étendard que l'étendard national? At-il jamais proclamé une autre autorité que l'autorité souveraine de la Reine? Non, jamais. Tout son crime et le crime de ses amis a été de vouloir être traités comme des sujets britanniques, et de ne pas souffrir qu'on trafiquât d'eux comme d'un vil bétail? Kic'est là un acte de rébellion, quel est celui d'entre nous qui, s'étant trouvé avec eux, n'aurait pas été rebelle comme eux? Somme toute, je considérerais les événements de la Rivière Rouge en 1869-70 comme une page gloricuse, si malheureusement elle n'avait été souillée du sang de Thomas Scott. Mais telle est la condition de la nature humaine et de tout ce qui est humain :
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