‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 53 sur 571 · EN FAVEUR DE L'AMNISTIE · texte numérisé non relu

EN FAVEUR DE L'AMNISTIE

et quand le temps sera venu, c'est-à-dire quand le comité aura fait son rapport, quand la preuve qui a été commencée aura été terminée, et qu'elle aura établi tout ce que l’on en attend, je ne serai pas le dernier à la demander.

Je suis en faveur de l’amnistie pour deux raisons : la première est celle qui a été donnée, hier soir, par l'honorable député de South-Ontario (M. Cameron),que le gouvernement canadien a reçu les délégués du gouvernement de M. Riel, et atraité avec lui de puissance à puissance.

Si cette raison existe en fait, la conclusion est inévitable: l'amnistie doit être accordée. Hier, l’honorable député de South-Bruce (M. Blake), répondant à l'honorable député de South-Ontario, semble avoir admis la légalité de la proposition que ce dernier avait émise, car il a donné pour toute réponse que la proposition n'existait pas comme question de fait, que les délégués de M. Riel n'avaient jamais été reçus par le gouvernement canadien comme délégués de M. Riel, mais comme délégués du peuple de la Rivière Rouge.

Certes, je me ferais gloire, en presque toutes circonstances, d'adopter la manière de voir de l'honorable député de South-Bruce, mais je ne saurais le faire cette fois ; la preuve qu’il nous a offerte au soutien de: son opinion ne saurait me convaincre du cout.

qe \ gues

son ( de À repré de er

ù établ suivi l'an

J r'ais0) accus

( un €] raisot rêt d’ sente]

Q que q!

tence

sx En effet, quelle preuve nous a-t-il donnée? La seule, c’est l'extrait d’un discours prononcé quelque part dans Ontario par l'honorable député de Kingston, dans lequel celui-ci aurait affirmé ce que je viens de rapporter, à savoir: que les délégués envoyés par M. Riel n'avi aient pas été reçus comme délégués de M. Riel, mais comme délégués du peuple de la Rivière Rouge.

Encore une fois, cette preuve ne saurait me convaincre. Car je suis encore à apprendre que cette distinction à été annoncée aux délégués lors de leur réception ; si une telle distinction a été faite, il faut qu'elle ait consisté dans une restriction mentale, par laquelle l'honorable député de Kingston se disait que, tout en recevant ostensiblement les délégués de M. Riel, en réalité ilne voulait avoir affaire qu'aux délégués du peuple de la Rivière Rouge.

Quoi qu'il en soit, sil honorable député de Kingston areçu, lui, les délégués du peuple de h Rivière Rouge, son collègue Sir George Cartier, lui, a reçu les délégués de M. Riel, et ceux-ci lui ont remis à lui-même comme représentant le gouvernement canadien leurs lettres de créance signées de la main même de M. Riel.

Si la chose est telle, et elle sera probablement établie à l'évidence devant le comité, alors il faudra suivre la conséquence logique de cet acte, et accorder l’amnistie.

Je suis en faveur de l'amnistie pour unc autre raison encore, c'est que tous les actes dont M. Riel est accusé sont

Page 1