‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 543 sur 571 · JOSEPH PAPINEAU · texte numérisé non relu

JOSEPH PAPINEAU

l’illustre père d’un fils plus illustre encore ; un homme dont toute la vie a été la répudiation de la doctrine qu'on prêche ici depuis quatre jours; un homme qui a prouvé par son exemple qu’on peut parler la langue de ses ancètres, et rester cependant sujet dévoué de la couronne anglaise.

A l’époque où Arnold et Montgomery envahirent le Canada, lord Howe, qui commandait les troupes anglaises dans les colonies insurgées, avait envoyé des dépêches à sir Guy Carleton, qui commandait les troupes anglaises au Canada. Les dépêches étaient arrivées à Montréal. Sir Guy Carleton avait dû retraiter sur Québec, fuyant devant l’armée de Montgomery, et il était occupé à mettre cette ville en état de résister aux envahisseurs. Les dépêches ne pouraient être portées plus loin que Montréal qu’au risque de beaucoup de périls et de fatigues ; deux jeunes gens entreprirent cette tâche. Joseph Papineau, alors un jeune homme de vingt-cinq ans. était l’un des deux qui s’offrirent pour ce service. Le pays était oceupé par l’ennemi ; il était peu habité et il y avait de grandes rivières à traverser, sans ponts, et c'était en automne. M. Papineau et son ami firent tou: le trajet à pied. Ils parviurent à Québec et remirent leurs dépêches. Puis que firent-ils? Ils s’enrôlèrent comme volontaires et covpérèrent à la défense de Québec, j'isqu'à ce que l’ennemi fût repoussé du sol canadien. Quelques années plus tard, en 1791, M. Papineau était élu député à Montréal, et quand l’on

tenta d’exclure la langue française de la législature de Québec, M. Papineau, qui pouvait parler avec quelque autorité, posa cette question :

Est-ce simplement parce que le Canada firme partie de l'empire britannique qu'il faut dépouiller de leurs droits naturels des Canadiens qui ne parlent pas la langue en usage sur les bords de la Tamise ?

Les services récents de M. Papineau,

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