‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 557 sur 571 · QU'ILS ONT ESSAYÉ D’ANGLIFIER L’'IRLANDE · texte numérisé non relu

QU'ILS ONT ESSAYÉ D’ANGLIFIER L’'IRLANDE

Depuis sept cents ans, les hommes d'Etat anglais ont essayé d'anglifier l’Tr lande, non par la justice, non par la générosité, non en faisant appel aux meilleurs sentiments du cœur généreux de ce peuple, mai: par toute espèce de moyens de violence et de cruauté. Ils ont proscrit sa religion, ils ont tué son agriculture, détruit son commerce, ils ont fait tout ce qu'il était possible de faire pour avilir le pays et le peuple, et quel a été le résultat ? C’est que l'Irlande est devenue une épine attachée au flanc del Angleterre ; c’est que le cœur du peuple irlandaïs n’a que du fiel pour l’Angleterre.

M. Gladstone, lui, a plus fait, en cinq ans, pour anglifier l'Irlande que n’avaient fait les hommes d'Etat anglais durant sept siècles. Vous montrerai-je la difrérence du résultat que peuvent produire les généreux procédés sur les sentiments d’un peuple 8° àsible ? Laissez-moi vous citer un discours prononcé, l’année dernière, par M.John Dillon, député de Tipperary. C'était à l'occasion d’une ovation faite à M. Dillon à sa sortie de prison, où il avait purgé une condamnation en vertu des odieuses lois de coercition. Je cite ce discours, pour servir d'enseignement à l’honorable

député de Simcoe-Nord (M. McCarthy) et à ceux qui l’approuvent en cette chambre.

Il est impossible, a dit M. Dillon, de ne pas me rendre à l'évidence des faits qui s'imposent à mon esprit, relativement au changement prodigieux qui s'est opéré dans les esprits de la masse du peuple de l’Angleterre, et, ne l’oublions pas, Je crois qu’il n'est pas sage de montrer de l’impatience, car la liberté de l'Irlande ne peut pas s'opérer en un jour. Jene vois pas qu'il y ait raison de s’impatienter, mas il y a plutôt raison d'espérer et de se réjouir. Sortant d’un lieu où l’on m'a enfermé avec l'intention de m'avilir et de m’insulter, mais aussi digne de respect que je l’étais avant,je ne trouve cependant dans mon âme nulle trace d’aigreur contre le peuple de l'Angleterre. Je me rappelle le jour où la puissance et le nom seul de l'Angleterre soulevaient la haine dans mon cœur. Ai-je été bouleversé par les preuves de bonté sa:s nombre que J'ai reçues de main anglaises ? quoi qu'il en soit,mes sentiments sont maintenant tout autres et rien ne peut me faire regretter qu'il en soit ainsi.

Ces dernières paroles réjouiront, j’en suis certain, les amis de l’Trlande et les amis de l'Angleterre. Mais

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