LA RESTRICTION DE L'INSTRUCTION
Si, dans cette occasion, l'honorable député avait dit au peuple d’Ontario qu'il devait exiger que l'anglais fût enseigné dans toutes les écoles, je l’applaudirais des deux mains. Mais non, cela ne suffit pas ; non seulement l’anglais doit être enseigné, mais il s’oppose à ce qu'aucune autre langue soit enseignée dans les
écoles d’Ontario. Comment peut-il se faire qu’un honorable monsieur possédant les talents, les conxinissances et l’habileté de mon honorable ami, s'abaisse à ce point? C’est de la bassesse la plus méprisable que de prétendre que le peuple d’Ontario, quelles que soient ses croyances et ses origines, n'aura pas le droit d'enseigner, s'il le désire, une seconde langue à ses
enfants. La cruauté même a généralement ses motifs ; généralement, les hommes ne s’abaissent pas de propos délibéré sans quelque raison ; je me demande quel est le mobile qui pousse mon honorable ami à parler ainsi ? La raison, monsieur, c’est que les tories de la trempe de non honorable ami ne peuvent jamais s'élever assez haut pour avoir confiance aux meilleurs instincts du cœur humain ; ils ne peuvent pas se dépouiller de cette idée fausse que, s'ils traitent leurs adversaires avec généresité ou justice, ces derniers abuseront du privilège. Ils ne peuvent pas se défaire de cette fausse notion que, s’il est permis aux Canadiens-Français de con server leur langue et leurs ugags nationa Ux, ils deviendront traîtres à leur pays. fls veulent anglifier ce pays, de la même manière