‹ Wilfrid Laurier [microforme]Chapitre 5 sur 11 · D DRE · texte numérisé non relu

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pouvoirs des législatures provinciales constamment menacées par le gouvernement central.

Comme on le voit, l’année 1865, est une année mémorable dans l’histoire du Canada. Elle marque une évolution politique considérable et l’on comprendra aisément pourquoi la génération d'alors se trouva mêlée aussi intimement à la discussion des affair*s publiques. Dans le Bas-Canada, deux hommes se partageaient l'opinion publique. L'un est le savant et intègre magistrat, Sir Antoine Aimé Dorion, dont le nom seul est synonime d’honnêéteté, de franchise et de loyauté. L'autre, c'était Sir Geo. Etienne Cartier qui a exercé une influence si considérable sur la Province de Québec.

L'auteur de ‘“ Letellier de St-Just et son temps,” M. Casgrain, nous fait de Cartier le portrait suivant qui ne manquera pas d'intéresser les anciens, que je vois ce soir «u Club National.

‘ Doué de talents remarquables, actif, énergique, entreprenant, dominateur, il exerça une influence directe et personnelle sur la députation française, plus que nul autre de son temps. Une fois qu’il avait enrégimenté ses partisans, il n’y allait pas par quatre chemins pour fouetter et mettre en ligne les récalcitrants ou les méticuleux. ‘ Ce n’est pas, leur criait-il sans vergogne,

quand j'ai raison que j'ai besoin de vos votes,

tout le monde est alors avec moi, mais c’est

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Quand j'ai tort!” Ses manières étaient rudes, abruptes, parfois cassantes. (Cartier, à l'opposé de son collègue Sir John Macdonald, était vindicatif. C'est ce qui explique pourquoi on l'a tant craint, et pourquoi on lui a été si servile. Sir George pouvait tout sacrifier à la passion du pouvoir. C’est dans l'unique but de se maintenir qu'il a de tout temps tiré parti de l'influence du clergé et qu’ila contribué plus que tout autre à la rendre prépondérante en politique. Il est vrai qu'il eut lui-même à subir la peine du talion et qu'il vit cette influence se tourner contre lui à la dernière heure. La pos: session du pouvoir étoufta complètement chez Cartier les idées libérales qui lui avaient mis le fusil aux mains en 1837. Pour conserver le pouvoir ou pour le conquérir, tous les moyens lui étaient bons.

M. Dorion différait beaucoup de Cartier puisqu'on a dit de lui qu'il était trop honnête pour diriger un parti politique. Longtemps vaincu par les circonstances, M. Dorion ne fut jamais tenté de faiblir. Dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, il cherchait à convaincre les réformistes ‘qu'ils étaient les continuateurs de l'œuvre de Ls. Joseph Papineau. En 1857, Cartier voulut lui faire place dans son cabinet. Il refusa net. Ceci prouve bien son désintéressement et sa droiture. à Cette digression un peu longue, je l’'admets,

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était nécessaire, car pour parler pertinemment d’un chef, il faut connaître ses principes, et les principes d'un chef se retrouvent dans les traditions de son parti.

Le passé brillant du parti libéral, la réputation intacte de M. Dorion devaient nécessairement entraîner M. Laurier de ce côté-là. De plus, il s'était inspiré depuis plusieurs années de Macaulay, de Fox et de Bright. Il avait fait de ces hommes ses modèles et les combats pour la liberté civile et religieuse l’avaient passionné. D'ailleurs, le vent était aux idées libérales vers cette époque, car le Président Lincoln venait d’émanciper des millions d'esclaves noirs au sud de la République Américaine. Tout contribuait donc à faire aimer à M. Lauricr la cause du Libéralisme et il s’y dévoua avec une ardeur qui ne s’est jamais démentie.

Après avoir fixé sa demeure à Arthabaska, où il était allé recueillir la succession de l’£nfant Terrible comme rédacteur du Défricheur, M.

Laurier ne tarda pas à se faire connaître avantageusement dans tous les Cantons de l'Est.

Quelques articles vigoureux parus dans le Défricheur sous sa signature, et deux ou trois discours politiques, ses hautes connaiïssances légales, sa franche allure, sa parfaite courtoisie créèrent tout de suite un courant de sympathie en sa faveur. Les Ecossais de Mégantic et de Drummond ont toujours conservé un souvenir affec-

tueux pour ce jrenchman dont les manières étaient si distinguées, la tenue si irréprochable et le langage si correct. Sa clientèle s’accrut tous les jours, de même que sa popularité, et en 1871 on le choisissait comme candidat à la Législature de Québec, où il siégea pendant trois ans. Ceux qui fréquentent les galeries de la Chambre à Québec se rappellent bien encore aujourd'hui ce jeune député placé sur les dernières banquettes de l'opposition, toujours vêtu du frac noir, à l’air réservé, occupé à écrire ou à étudier, ou bien suivant avec attention les diverses péripéties d’une joûte entre des orateurs tels que les Cartier, les Cauchon, les Holton, les Joly et les Fournier. Avant tout observateur, M. Laurier ne pouvait que tirer profit de ce contact.

Malgré toutes ses fautes, le système du double mandat, a eu cela de bon, qu'il a permis à plusieurs membres éminents des Communes de siéger dans la Législature et il suffit de jeter un coup d'œil sur la liste des députés de ce tempslà pour comprendre de suite que la présence d'hommes aussi remarquables autour du jeune député d’Arthabaska dût avoir une grande influence sur lui. En arrivant à Québec, M. Laurier, contrairement à ce que font d'ordinaire les jeunes députés, eut la bonne idée de ne pas se prodiguer. Rarement il prit part au débat, mais quand il parlait, il commandait le silence et l’at-

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tention. On cite encore aujourd'hui comme modèle d’éloquence son premier discours à Québec. Le premier ministre du temps, M. Chauveau, un düilettante, disait n'avoir jamais rien entendu de plus beau. La correction de sa phrase, la dignité de son maintien, sa figure sympathique en imposaient à la députation.

Au nombre des adversaires de M. Laurier à la Législature, se trouvait le jeune député conservateur de Terrebonne, M. J. A. Chapleau, aujourd’hui Secrétaire d'Etat. Chapleau et Laurier étaient considérés comme les deux astres les plus brillants de la génération nouvelle. L'un et l’autre possédaient des qualités différentes, tellement différentes qu'on pouvait à peinc risquer d'établir un parallèle entre eux. Le: mêmes différences existent encore Aa résns entre ces deux grands orateurs.

Voici Chapleau ! Il se lève pour parler. On dirait qu'il va marcher à l'assaut tant il y a de mouyement chez lui. À voir cet œil en feu, ce front chargé de passion, cette tête rejetée en arrière, cette chevelure qu'il prend plaisir à secouer, cette poitrine découverte, attendant et provoquant la lutte, on sent que l’orateur a une confiance absolue dans la force de son talent. Sa voix métallique, retentissante, empoigne l’auditoire, le tient sous le charme, au fur et à mesure qu’elle se déploie. Il concentre l'attention de la Chambre sur lui, et sait toujours rendre son dis-

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cours attrayant, en appuyant sur des expressions heureuses et en soulignant les mots spirituels. Voyez au contraire Laurier. Il se présente impassible dans une sorte de recueillement. Sa voix harmonieuse, son geste élégant et sobre pacifient les esprits. Aucun incident ne trouble son sang froid. En face du péril, il va jusqu’au bout de sa pensée. Partout on sent le calme d’un esprit qui se possède. La pose de l’orateur est classique et de toute sa personne se dégage un air plein de dignité et de noblesse. La voix est claire ; le langage est élevé, la diction pure et le style délicat, exquis. L’éloquence jaillit de lui, naturellement, sans efforts, limpide et chantante au départ comme l’eau d’une source dans les bois. Ce n’est pas cette éloquence qui, semblable à l'eau d’un torrent impétueux, mousse et bondit sur les rochers avec une voix qui semble entrecoupée par la colère.

Chapleau est plus animé, plus brillant, is emphatique, plus nerveux et plus théâtral.

L'éloquence de Laurier est plus contenue, plus noble et plus persuasive. Les discours de Chapleau sont souvent captieux, diffus et embrouillés. La passion et la véhémence en sont les traits dominants. Les discours de Laurier, au contraire, sont toujours clairs, corrects, étudiés, et la phrase en est élégante et châtiée. Quoique plus grave et partant moins pathétique que Chapleau, Laurier s'élève parfois vers

1S des sphères inconnues aux autres orateurs et que son génie oratoire seul lui permet d'atteindre. Sa

e voix prend alors des accents plus harmonieux et

a plus sonores, et son éloquence revêt un tel carac-

e tère de majesté et de grandeur qu'elle vous

5 remue le cœur et vous fait frissonner d’enthousiasme.

En somme, Chapleau est l’orateur de la foule, et Laurier est avant tout et pardessus tout, un orateur parlementaire.

M. Laurier était cependant appelé à briller sur un théâtre plus vaste que l’Assemblée Législative de Québec. Aussi quand, en 1874, M.

McKenzie fit au pays un appel victorieux, il fit mander le jeune député, qui s'était créé une réputation fort enviable dans la Législature de Québec, et l’engagea à se porter candidat pour représenter sa propre division électorale à Ottawa. M. Laurier accéda à sa demande, et, après une vive contestation, fit son entrée à la Chambre des Communes, comme député de Drummond et Arthabaska.

Quelle était alors la situation politique ?

Le scandale du Pacifique venait d’éclater, et, accusés d’un crime at'oce, suivant l'expression de lord Dufferin, les anciens ministres, Sir John MacDonald et Sir Hector Langevin, n'avaient pas attendu le verdict de la Chambre.

Après une longue enquête, faite par des com-

- missaires ou juges qu'ils avaient choisis eux-

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mêmes, ils s'étaient reconnus, d’après les témoignages de leurs amis et leurs propres admissions coupables du crime d’avoir vendu un contrat public, et d’avoir employé le prix de cette vente, $8360,000, à corrompre l'électorat dans la campagne de 1872.

‘On sait maintenant que pour sa part du contrat du Pacifique, Sir John avait obtenu de Sir Hugh Allan $65,000. C’est lui-même qui, devant le tribunal d'enquête, reconnut avoir reçu

Cé MONTANT une nr sed ... $ 65,000 Sir Georges Cartier avait eu......... 85,000 Sir Hector Langevin............. ... 82,000

ROME tr eat .. $182,000

pour trois ministres seulement !

Dans sa dépêche au Ministre des Colonies, en date du 15 août 1873, Lord Dufferin disait qu'il ne pouvait croire ses ministres coupables de crimes aussi atroces, vu ‘‘ qu'ils avaient donné les ‘ assurances les plus solennelles individuellement ‘et collectivement, et qu'ils avaient juré sur leur ‘ honneur, et au nom de leur loyauté à la Cou- ‘ ronne, en leur qualité de conseillers assermen- ‘ tés, qu'ils étaient absolument innocents de ce ‘“ dont on les accusait.” Cependant, moins de trois mois après cette déclaration solennelle, ils admettaient leur vénalité que Lord Dufferin, qualifie si justement de CRIME ATROCE.

Une fois chargé de l’administration des aftaires

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de la Puissance du Canada, M. Mackenzie fut bientôt en mesure de constater qu'il lui était impossible de protéger les intérêts du peuple avec une Chambre en partie composée de députés achetés.

Le Premier Ministre se vit donc dans l’obligation de recourir aux élections générales. Elles eurent lieu en 1873.

Ce fut une véritable catastrophe pour le parti conservateur. Sur une Chambre de deux cent six députés, Sir John MacDonald qui comptait une majorité de quarante à cinquante, revint en Chambre suivi en tout de cinquante à soixante partisans.

C'était une déroute complète.

De Nicolet à Gaspé, c’est à prine si deux députés conservateurs purent rapporter à leurs amis

‘le fait de l'existence du parti tory sur cet im-

mense territoire.

M. Laurier faisait partie de cette brillante députation qui comptait dans ses rangs, Fournier, P. A. Tremblay, Holton, Laflamme, Pelletier, Fréchette, Casgrain, Jetté, Dorion, Thibaudeau, Barthe, Huntingdon, Wilfrid Prévost, Geoffrion, sans compter ceux des autres provinces. Plus jeune que tous ces hommes éminents, dont quelques-uns vivent encore, Laurier figura bientôt au premier rang. Son premier discours à la Chambre des Communes le révéla comme orateur parlementaire de haute volée. Ecoutez ce qu’en dit M. J. D. Edgar, cet ami de notre race :

‘ Ceux qui, le 30 mars 1874, assistaient aux débats sur l'adresse, en réponse aux discours du Trône, furent témoins d’une joûte oratoire mémorable, Thomas Moss proposait la motion ; Wilfrid Laurier l’appuyait. Tous deux avaient une grande réputation, M. Moss venait de remporter le plus brillant succès à l’Université de Toronto ; il occupait au barreau une position éminente. Ceux qui le connaissaient le croyaient destiné à accomplir de plus grandes choses encore, et bien que la mort l'ait moissonné à la fleur de l’âge, il a vécu assez longtemps pour occuper la plus haute position judiciaire dans Ontario. L’auditoire ne fut pas déçu dans son attente. Si le discours de M. Moss fut un splendide effort oratoire, l'éloquence charmeresse de M. Laurier n’en captiva pas moins, dans sa langue maternelle, tous ses auditeurs. Les louanges que l’on fit de ces: deux discours, étaient plus que les compliments de convention qu'on a l'habitude de prononcer en ces occasions.”

De 1874 à 1877, M. Laurier pr rarement la parole à la Chambre des Communes, et ce n’est qu’à de rares intervalles qu'il affirma ses talents. C’est en 1877 qu'il fut appelé à faire partie du cabinet MacKenzie, comme ministre de l’Intérieur. La lutte que les conservateurs lui firent dans le comté d’Arthabaska, à cette occasion, est restée légendaire. Profitant de la crise qui sévissait alors par toute l'Amérique, et exploitant le

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cri de protection lancé par Sir John et ses amis, les bleus de Québec se ruèrent contre M. Laurier, et après une bataille terrible, désespérée, où sa popularité fut livrée à des assauts incessants, il dut succomber sous l’infime majorité de 17 voix obtenue par son adversaire.

M. Thibaudeau lui céda immédiatement son siége à Québec-Est, où le jeune ministre prit une revanche éclatante. Son adversaire, M. Tourangeau, sortit écrasé, mutilé. Le passage de M. Laurier au pouvoir ne fut cependant pas de longue durée. Les élections générales survinrent l'année suivante, on sait avec quel résultat.

Nous sommes déjà loin de la chute du gouvernement MacKenzie, et pourtant il y a des évènements qu'il est bon de rappeler à ceux qui seraient tentés de les oublier, pour éviter la répétion de fautes impardonnables. Le principaltortdu gouvernement MacKenzie fut de ne pas songer à la province de Québec, et d'ignorer systématiquement le mouvement national qui avait eu pour chefs Jetté, Holton, Dorion, Loranger, Laframboise, Mercier, Cassidy, Béique, Joly, Langelier,

Pelletier et Letellier, et qui était représenté dans .

le journalisme par David et Beausoleil. Sans vouloir diminuer en aucune manière M. MacKenzie, dont les capacités, l'honnêteté et l'intégrité sont incontestables, il me sera bien permis de dire qu’il n'a pas, à l'instar de M. Blake, toujours compris les droits de la province de Québec. Le

parti national de 1872 avait écrasé Cartier à Montréal, et c'est la défaite de Cartier qui précipita la chute du parti conservateur. M. Mackenzie aurait dû tenir compte des circonstances dans lesquelles il était arrivé au pouvoir et satisfaire davantage l'opinion publique à Québec.

Les évènements qui se sont déroulés de 1878 à 1887 sont encore trop récents pour qu'il me soit nécessaire de les rappeler à votre souvenir. Pendant ces dix années d’opposition, M. Laurier a non seulement affermi sa réputation de brillant orateur, mais il s'est révélé de plus penseur profond, érudit, lettré, passé maitre dans l'art oratoire le plus pur et le plus persuasif. De bonne heure, il s’est préparé à la politique par de fortes études et par la lecture des grands historiens et des grands orateurs du Royaume-Uni. Aussi appartient-il et se réclame-t-il de l’école libérale anglaise. Parlant devant un auditoire anglais, à Toronto, en 18%7, en pleine agitation Riel, il disait : ‘“ Messieurs, je suis français d’origine et j'en suis fier. En politique je suis un libéral anglais. Les principes que je professe sont le résultat d’études et de réflexions, et ne me viennent pas du pays de mes ancêtres. Ils me viennent de l'Angleterre, de la mère de la liberté moderne. J’appartiens à l'école des hommes qui remplissent les pages de l’histoire de l'Angleterre à ces hommes qui ont toujours considéré le grand

pour faire le juste; j'appartiens à l’école des

Hampden, des Pym, des Russell, des Somers, des Burke et d’un homme qui n’a pas hésité à dire aux ministres de la Couronne qu’ils ne s'étaient pas conduits comme ils le devaient à l'égard des colonies et de leur déclarer qu'ils avaient provoqués le rébellion, comme de nos jours, nos ministres en ont provoqué une.”

Pour qui connaît M. Laurier dans l'intimité, il serait impossible de supposer qu’un caractère comme le sien pt un instant se plier aux principes surannes du torysme. Il a nonseulement lu mais il a aussi étudié avec passion ces grands auteurs où il a puisé en même temps cette diction anglaise pure, forte, qui en fait l’égal des maîtres d’une langue qui n’est pas la sienne. Pourrait-il protesser d’autres principes que ceux de ses maitres ? des Grey, des Brougham, des Jeffrey, des Bright, des Cobden, des Gladstone et des Blake ?

L'un des grands triomphes oratoires de M.

Laurier remonte à 1877, époque à laquelle il se chargea de définir les principes du parti libéral Canadien. La guerre politico-religieuse sévissait à l'extrême, et dirigée contre le parti libéral que l'on assimilait sans raison aux radicaux de France et d'Italie, elle lui causait un tort incalculable, Invité par les libéraux de Québec, M. Laurier fit voir, en face du pays, quelle énorme distance séparait les libéraux canadiens des radicaux européens et combien était erronée cette prétention que le parti libéral était l'ennemi de l'Eglise, Il s’attacha surtout à démontrer que le libéralisme

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