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Geoffrion, Joseph Doutre, Ménésippe Prévost, Fournier, Rodolphe Laflamme, Plamondon, Labrèche-Viger, Ch. Daoust et tant d’autres qui ont jeté sur leurs noms cet éclat qui les a rendns si célèbres dans notre Province. Comme il fut calomnié, ce groupe éminent !
A quels indignes moyens n’eut-on pas recours pour dénoncer cette opposition libérale, cette pléiade rouge, qui luttait pour les principes non pour le pouvoir, Ces patriotes, qui combattirent si vaillamment et qui succombèrent si souvent dans la mêlée, écrasés par le nombre, sont pourtant bien vengés devant l’histoire. Toutes les réformes qu'ils proposèrent et qui à cette époque furent si dédaigneusement rejetées furent plus tard définitivement acceptées par leurs adversaires mêmes. Saluez avec moi, messieurs, cette belle. phalange libérale !
C’est quelques années plus tard que le parti conservateur eut l’idée de jeter les bases d’une union fédérative entre toutes les provinces britanniques. On sait ce qui advint. La Confédération nous fut imposée par les délégués qui se réunirent à Québec en 1865, sous la présidence de Sir E. P. Taché et fut votée par la Chambre, avant même que le peuple eut été consulté.
- “ Qu'est-ce qui nécessite un pareil empressement ? disait M. Dorion, devant la Chambre en 1865. Plus cette constitution est importante, plus elle doit être examinée avec soin. Je trouve
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M. l'orateur, qu'en 1839, lorsque lord John Russell, mit devant la Chambre des Communes la première mesure pour l’Union des provinces, il exprima son intention de la soumettre à la Chambre, de lui faire subir une seconde lecture et de la renvoyer à la session suivante, afin de donner au peuple du Haut et du Bas Canada l’occasion de faire connaître ses vues en faisant les représentations qu'il jugerait devoir faire à cet effet. Et ce ne fut qu'à la session suivante, et après qu'il eût subi des modifications considérables, que l'acte d'Union fut passé. (Ce délai était parfaitement juste ; mais ici il semble que le peuple doit être traité avec moins de respect, moins d’égards par ses propres mandataires qu’il ne l’a été par le Parlement Anglais en 1840, lorsque la constitution du Bas-Canada était suspendue, et que la mesure actuelle va être passée avec une précipitation indécente.”
L'expérience, la triste expérience des vingt dernières années. a donné raison à Sir Antoine Aimé Dorion. Les empiètements successifs du pouvoir central sur l’autonomie des provinces, la guerre nationale et religieuse, etc., disent assez clairement qu'avant de prédire le sort de notre confédération future, la convention de 1865 aurait dû se rappeler quel avait été le sort des confédérations passées. Façonner une constitution n’est pas un mince ouvrage ; il est bon dans cette tâche de ne pas mépriser l'expérience des siècles. Dans
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toutes les constitutions où le principe fédéral a été adopté, il est indubitable que l’on rencontre toujours le même vice fatal ; la faiblesse de l’autorité centrale, Cette maladie a été la maladie mortelle de toutes les confédérations dont parle l'histoire.
Lord Brougham, dont l'autorité ne sera pas contestée, s’exprimait ainsi, dans son ouvrage sur la Philosophie politique. ‘ Ontre les autres défauts de l’union fédérative, sa tendance incontestable à créer le refroidissement et même l’hostilité entre les différentes parties d’une nation, est un obstacle insurmontable au bon fonctionnement de ce principe de gouvernement.”
Mais à quoi bon récriminer ? Toutes les prédictions des libéraux ne se sont-elles pas accomplies ? La portion honnête du parti conservateur admet aujourd'hui que la Confédération ne tient plus qu’à un fil et les Pères de la Con/édération ont même vécu assez longtemps pour voir la scission s’opérer dans leurs rangs. L’hon. Peter Mitchell et l’hon. William Macdougall, deux des délégués de 1865, proclament aujourd’hui que la Confédération ne pourra jamais répondre aux espérances que l’on reposait en elle. Que dire de l'hon. Oliver Mowat, un autre délégué de 1865 ? N'est-ce pas lui, le vaillant chef réformiste d’Ontario, qui a présidé cette conférence Interprovinciale de 1887? Convention convoquée par M. Mercier dans l'unique but de consolider les