APPLICATION MOMENTANEE DU FROID
Je suppose que le refroidissement ne soit pas de nature à mettre la vie en danger, et qu'il soit de courte dui'ée; pour donner de la précision aux idées,
le refroidissement consistera clans un abaissement de la température du corps. Lorsque ensuite elle o<i rétablie, il s'agit de savoir si tout l'effet du re- Iroidissemenl est passé, s'il n'en reste pas quelques traces dans l'économie.
Quoique les animaux préalablement refroidis aient repris leur température, il ne s'ensuit pas qu'ils aient la même faculté de produire de la chaleur. C'est ce que nous avons soigneusement distingué dans le cours de cet ouvrage: nous allons en faire une nouvelle application.
Après le retour à leur température primitive, si cette faculté n'a éprouvé aucun changement, il faudra, en répétant le refroidissement, à peu prés le même temps pour les ramener au point de départ. Mais j'ai observé, en refroidissant et en réchauffant successivement les mêmes individus, que le temps qu'exige le rétablissement de la température initiale devient plus long par la répétition du refroidissement. Leur faculté de produire de la chaleur a donc diminué; car, lorsqu'on les réchauffe, leur température s'élève en partie par la chaleur qu'ils reçoivent du dehors, en partie par celle qu'ils produisent. Or, comme celle-là. est constante dans les diverses expériences, la lenteur avec laquelle leur température s'élève dépend de ce qu'ils développent alors moins de chaleur.
Ainsi, lorsqu'on a été exposé i\ un degré de froid au-dessous de celui qui convient à l'écunoinie, quoique la température du corps ait repris son pre-
mais il est bon d'y insister, parce que, dans bien des cas on est porté à réduire l'effet consécutif de l'application de la chaleur à la sensation qui en résulte. H y a plus que la durée de cette impression première: la faculté de développer de la chaleur s'est accrue.
On voit par là que, lorsqu'on est dans le cas d'ê tre souvent exposé à un froid très vif, on se dispose mieux à le supporter en se procurant dans les intervalles une forte chaleur; usage des peu pies du Nord justifié par les faits précédents. Il est nécessaire de se bien pénétrer de ce principe,' que l'application passagère de la chaleur produit des effets qui se continuent au delà du temps , de son application, et qu'elle agit de la manière que nous venons d'exposer, toutes les fois que l'économie a besoin de chaleur; hors de là d'autres effets s'ensuivent, que nous allons exposer dans le cha-i pitre suivant.