DE L'INFLUENCE DES SAISONS SUR LA RESPIRATION
Il arrive, dans le cours des saisous, plusieurs •hautement s dans l'atmosphère, qui peuvent inluor siii- la respiration: les variations de tempe- ■tore, de pression, de densité de l'air.
Considérons les effets des divers degrés de den- ;itr de l'air sur la consommation de ce fluide par a respiration, abstraction faite des autres modificaions de l'atmosphère. <>n saii qu'on peut faire lérir [)iomptemen1 dos animaux à sang chaud, •lacés sous le récipient de la machine pneumatipie. en raréfiant l'air qu'ils respirent. Certes, la ^réfaction de l'air ne produit pas un effet unique;
mais, de quelque manière qu'elle agisse d'ailleurs on ne peut attribuer la promptitude de la mol qu'à ce que l'air dilaté est consommé en moindj proportion, au point qu'elle ne suffit plus à l'en tretien de la vie.
'.Quoique le fait que je viens de citer ne prouve pas directement que la raréfaction de l'air dimi nue la consommation de ce fluide, cependant 01 n'a pas laissé de l'admettre comme suffisant. Si lç lecteur en voulait la preuve fondée sur l'analyse je citerais les Mémoires de Le Gallois sur la respij ration. Faisant des recherches sur différents moyens; de limiter la consommation de l'air, pour en consj tater les effets sur la chaleur animale, il a éU conduit à examiner l'influence de l'air raréfié. Il a vu que la production d'acide carbonique diminuai^ par la raréfaction. Nous supposons ici que la température n'y soit pour rien. Il est vrai que l'aii se refroidit par cela même qu'il se dilate; mais le refroidissement qui accompagne la raréfaction de l'air dans le récipient de la machine pneumatique est trop peu considérable pour lui attribuer une part sensible dans les effets marqués de l'air raréfié sur la respiration.
De cette condition, que nous considérerons comme simple, nous passerons à une autre qui est compliquée.
Lorsque la température de l'air change, sa densité change aussi. Le froid le contracte, la chaleur le dilate. Nous avons parlé des effets que les chan-
gttments de densité produisent sur La consommaion d'air. Quelle sein l'action propre de La tempé- Iture? 11 faut ici écarter un mode d'action bien •onnu, son influence sur les mouvements respiratoires et sur ceux: du cœur. Il est évident que, si e changement de température est toi qu'il accélère >u ralentit ces mouvements, en vertu de ces effets, 1 tendra à augmenter ou à diminuer la consommation d'air. Mais ce n'est pas ainsi que je veux enusager l'action de la température: ce résultat n'a ieu que dans les cas extrêmes; il y a des limites le chaleur et de froid dont les degrés intermé- Qaires ne dérangent pas sensiblement les mouveaents du thorax et du cœur. Chez les animaux à ang chaud, les constitutions saines et appropriées m climat n'éprouvent guère de changement nota- Ile dans le rythme de ces mouvements, durant le •ours des saisons, hors des cas extrêmes, dont nous tvons parlé plus haut.
Lorsque la température n'agit pas de la sorte au- ces organes, et c'est ce qui arrive ordinairelient, ne peut-elle pas avoir, suivant son degré, ine influence sur la consommation d'air, pour l'augnenter ou la diminuer? Par exemple, L'air étant )lus rare en été, et en môme temps plus chaud, nais à un degré qui ne change pus Les mouvements lu thorax et du cœur, quel sent L'effet de cette élection de température? La raréfaction, lorsqu'elle >st assez considérable, diminue la consommation le l'air: la chaleur agira telle dans le même sens
où en sens inverse, ou sera-t-elle sans influence sui le phénomène? Je ne connais pas d'expériences ou l'on ait apprécié la part respeetive de ces deux agents; mais il en est qui donnent le résultat de' leurs actions réunies. -
Craword a fait respirer des cochons d'Inde dan? de l'air à différentes températures. L'analyse de l'air lui a fait connaître qu'il s'était formé plus"
d'acide carbonique dans l'air froid à la température d'environ 8° G. que dans l'air chaud, à pei: près à 35°; mais, l'air froid étant plus dense, l'aii chaud plus raréfié, ce changement de densité pourrait seul produire les effets observés par Craw8 ford.
Toutefois, si ces expériences étaient bien faites1 et assez répétées, leur résultat serait important 11 nous a/pprendrait que, dans un air chaud et ra! réfié au degré indiqué, la consommation d'air esi moindre que dans un air froid et dense, tel qu'i l'était dans les recherches de Crawford. Ces dif! férences de température se reproduisent dans 1(J cours des saisons.
Le résultat de ces expériences peut être vrai! mais il faut avouer qu'elles ne sont ni assez nom breuses, ni fondées sur des procédés assez exacts pour qu'on puisse l'adopter avec sûreté, d'autam plus que Delaroche a obtenu des résultats varia blés dans l'un et l'autre sens.
Quelque intérêt qui soit attaché à la solution d< cette question, qui, par les raisons que je viens
ftadiquer, reste encore indécise, je ne la traiterai lie ici, parce qu'elle exige l'emploi de méthodes aie j'ai réservées pour un autre ouvrage. Je m'en •■is occupé avec beaucoup de soin; je donnerai
es faits que j'ai constatés lorsque je traiterai spé- Ialement des altérations de Pair par la respiration. -Mais il es1 une question, touchant l'influence des aisons sur cette fonction, que je vais examiner •i: elle est d'une plus grande importance, et peut fcre décidée en employant les procédés qui nous n déjù servi.
Il s'agil de savoir si, par le changement des sai- "iis. la constitution n'éprouve pas des modificaions telles qu'en supposant l'air dans le même Rat de densité, de température, etc., il ne sérail as consommé dans des proportions différentes aux eux époques.
Les faits précédemmenl établis, et les rapports ne nous y avons aperçus, nous mettent :\ même ,e prévoir, avec une grande vraisemblance, le résiliât «le l'expérience. En suivant les changements ui surviennent chez les animaux à sang chaud par ■s progrès de l'âge, nous avons vu qu'à différents époques, depuis leur naissance jusqu'à l'âge dulte. in consommation d'air augmente, toutes cho- Bs '-aies d'ailleurs, avec le développement de la haleur. ("eue relation entre la respiration et la, coduction de chaleur esl conforme ;i ce «pie nous vous déjà observé entre dos animaux de class lifférentes, tels que les vertébrés à san.u froid com-
parés aux animaux à sang chaud, et les manimil fères aux oiseaux. On doit donc s'attendre à ce que cette correspondance se reproduise dans d'autres cas où on ne l'aurait pas encore observée, par exenit pie, dans celui que nous nous teommes proposa d'examiner.
[Nous avons fait voir, dans un des chapitres pré cédents, que, chez les animaux à sang chaud qu jouissent de toute leur activité, et dont la consti tution est appropriée au climat, la faculté de pro duire de la chaleur est plus grande en hiver qu'e: été, condition qui doit influer sur la consommation d'air, et la rendre, toutes choses égales d'ail leurs, plus grande en hiver qu'en été, s'il existi réellement une liaison intime entre les deux fonc tions.
Supposons, par exemple, qu'on fasse deux sériel d'expériences, l'une en hiver, l'autre en été, su] des individus de même espèce, renfermés" chacuij dans un vase contenant la même quantité d'air) toutes les conditions de ce fluide étant les niêmel pour tous, ils y vivront d'autant plus longtemps qu'ils consommeront moins d'air dans un tempj donné. Si leur constitution est telle en hiver qu leur consommation d'air soit plus grande à cettj époque, il s'ensuit qu'ils vivront moins longtemp» dans la série d'expériences faites dans cette sail son, >dji aucune cause 'étrangère et perturbatrice n'empêche ce résultat. Pour qu'on puisse y compl ter et qu'on ne l'attribue pas à des différences in;
tviduelles, il faut les compenser par on nombre iffisant d'expériences dans chaque série. J'ai fait, au mois de janvier lSli), une suite dVxfiriences sur si\ bruants, renfermés chacun i.ms n vase contenant 117 centilitres d'air, placé sur t mercure, avec un diaphragme de gaze pour sou- >nir l'animal. J'ai porté la température de l'air à )° et 21° pour égaler une température modérée en ;é. Le terme moyen de la durée de leur vie dans ;tte quantité d'air fut de 1 li. 2 m. 25 s.. Au mois août et de septembre, je répétai les mêmes ex- (Êriences à la même température, sur treize indi- .dus de inéme espèce. Le terme moyen de la dupe de leur vie fut alors de 1 h, 22 m. Voilà une fférenee considérable, précisément dans le sens îe nous- avons présumé. La durée de la vie a été us courte en hiver, parce que la consommation air a été plus grande dans un temps donne Mais ne nous arrêtons pas à ces résultats; il faut s multiplier avant de pouvoir s'y reposer avec mliance.
Dans le mois de janvier de la même année, je tis i même expérience sur quatre verdiers: ils vécunt l'un dans l'autre 1 h. i) m. 15 s. Au mois d'août avant, n'ayant pu m'en procurer un plus grand •mibre, je ne lis l'expérience que sur deux: l'un icut 1 h. 30 m., et l'autre 1 h. o0 m. Je ne rapporte résultat que parce qu'il sert à confirmer le prédent: seul, il serait absolument insullisant. Au lieu de multiplier les faits 6D me Misant du
même procédé, j'ai cru pouvoir donner une non velle valeur à la vérification de cette influence de! saisons, en changeant de métliode. J'ai voulu sim plifier l'expérience: elle avait été faite sur le mer cure. L'acide carbonique, formé pendant la respi ration restait dans le vase, et faisait partie de l'ai] respiré. Je me suis proposé, dans une autre séri* d'expériences comparatives dans les deux saisons de supprimer cette cause de complication, en pla çant les vases sur une forte dissolution de potass( caustique, capable d'absorber le gaz acide carboni quie qui se produisait.
Ayant fait cette modification au procédé, je ré( solus de l'appliquer à un grand nombre d'indivi dus. A la fin de décembre et au mois de janvier j'en fis l'essai sur seize bruants. Les circonstance^ étaient les mêmes que j'ai déjà indiquées. La du rée moyenne de leur vie fut de 1 h. 7 m. 37 s. L'éfc suivant, à la fin d'août et au commencement d^ septembre, la température étant à 20° et 21°, li même épreuve fut faite sur douze bruants. Moi attente fut également remplie dans cette occasion ils vécurent l'un dans l'autre 1 h. 23 m. 43 s.
Le résultat est ici de même nature que dan toutes les autres séries d'expériences, quoique 1 méthode soit différente; et cette uniformité, dan( les cas multipliés que j'ai rapportés, ne laisse pa; de doute sur le changement qui s'est opéré dans 1; constitution de ces animaux, par l'influence de, saisons.
Quelque convaincantes que soient les preuves que bus venons de donner, on ne saurait trop s'as ,1I,M' de l;l mérité "l" fait, en en cherchai d'aups, pourvu qu'elles ne nous écartenl pas «le la ttarche que je me suis tracée dans cet ouvrage.
J'ai pensé que les phénomènes que ces animaux frésentenl pendant qu'ils respirent la même qnanité d'air, fourniraient des données propres à nous blairer sur la manière dont ils consomment Pair ans les deux saisons.
Lorsqu'on respire une quantité limitée d'air, on Jltère, el par la diminution de Poxygène et par i production d'acide carbonique; dans le cas où «' gaz sérail éliminé à mesure qu'il se forme. la iminution successive de la proportion d'oxygène ne dsserait pas de gêner la respiration; et si, dans fa premiers temps, cet effet n'est pas sensible, il ient une époque où elle commence à se manifes- ?r par l'accélération de la respiration, qui croit \<t la cause qui l'a produite. D'autres signes d'une aspiration laborieuse se nianifestent lorsque la roportion de l'oxygène es1 considérablement diminée. or il était à présumer que, dans la série ^expériences où la consommation d'air serait plus apide, Ie3 signes d'une respiration gênée par la iminution plus prompte de la quantité d'oxygttoe e manifesteraient plus tôt .Mais il fallait choisir es signes non équivoques, faciles à constater, et ni ne pouvaient être attribués à d'autres causes u'à celle dont nous voulions apprécier L'effet Je
n'ai pas jugé à propos de prendre pour ternie d<
comparaison l'accélération des mouvements respi
ratoires, d'abord parce qu'ils sont équivoques pa:
leur nature, la gêne de la respiration pouvant à
manifester, tantôt de cette manière, tantôt par un<
augmentation dans l'étendue des mouvements, san;
qu'il y ait une différence sensible dans leur vi tesse; ensuite, ils sont équivoques par les cause! qui les produisent. Les individus plus ou inoinr farouches varient dans l'émotion qu'ils éprouve™ lorsqu'on les met en expérience, et de là une dif férence dans la vitesse de ces mouvements. C( n'est pas qu'on ne puisse en tirer parti; mais il j avait un autre moyen qui ne pouvait induire ei: erreur. Dans la gêne extrême de la respiration le? oiseaux ouvrent le bec.
Je me suis donc proposé de noter dans les deirà saisons le moment où chaque individu donnerait ce signe évident d'une respiration gênée, signe qui devait se manifester d'autant plus vite, que l'a idmal aurait plus promptement réduit la proportion d'oxygène, et j'ai eu soin de ne le faire qu3 dans les expériences sur la dissolution de potasse, pour que Pair respira fût, autant que possible^ exempt d'acide carbonique. 31 est évident qu'il ne fallait établir la comparaison qu'entre les termes moyens des observations faites dans les deux sai» sons, à cause des différences individuelles qu'il fali lait dans ce cas, comme dans les précédents, compenser par le nombre qui forme chaque série. J4
btai donc en janvier, but dix bruants, l'époque .ù ils commencent à* ouvrir le bec dons ce genre iexpériences que nous avons déjà décrit. Coit^, poque, représentée par le terme moyen des èpopios individuelles, fut <lo 0 li. 52 m. .°>3 s., àprës e commen cernent de l'expérience. Dos observations imblables, Faites a la fin <ln mois d'août et au pmmencement de septembre, snr douze individus !e même espèce et places dans les mêmes circons- |ances, donnent pour résultat moyen de l'époque ù ils commencent iï manifester le même signe,
li. S m. 55 s., àJ compter du commencement de 'expérience.
En hiver, les individus de même espèce, placés lans les mêmes conditions extérieures qn'en été. Et présenté le même si^ne évident d'un grand jBibarras de In, respiration 10 m. pins têt qn'en :té. Or. la cause qni produit cette gêne est la initie, mais ;\ un moindre degré que celle qni oceaionne la mort dans les deux cas, la diminution !r la proportion d'oxygène par la consommation (ni s'en fait par la respiration.
La consommation, pins rapide dans les expéiences d'hiver, fait que Ce si<?no se manifeste pins êi. On ne saurail avoir une preuve pins sensible
l'appui des fnits précédents.
Si la quantité d'air, soit par le volume on la denité. avait été moindre en hiver, tons les effeis pie je viens d'exposer anramnl été la suite de Btte différence; du moins il aurait fallu les y rap-
porter. Mais, pour qu'il n'y eût aucun doute à ce égard, j'ai voulu que les conditions fussent plufavorables en hiver. La pression moyenne était h même dans les expériences des deux saisons; mai Pair dont je remplissais les vases en hiver étaii d'abord plus froid avant de l'échauffer pour le por ter à la température d'été, et la différence étal telle qu'il y avait réellement plus d'air dans toui tes les expériences d'hiver, quoique les animaux | eussent vécu moins longtemps, en prenant, eomim je l'ai fait, le terme moyen de leur vie.
Les différences dans les phénomènes de la respij ration ne tenant pas à la différence des conditions dans lesquelles les animaux étaient placés, il s'en; suit qu'elles dépendaient du changement surveni dans leur constitution, par Pinfluence des saisons ^ Kemarquons surtout que ce changement pouvait être prévu, en le déduisant d'un autre effet qui résulte de l'action des saisons. Nous avions consi taté que la faculté de produire de la chaleur chez les animaux à sang chaud dont la constitution est appropriée au climat, était plus grande en hiver qu'en été; et, d'après la relation observée dans d'au^ très cas entre cette faculté et la consommation de l'air, nous avons pu présumer que, toutes choses égales d'ailleurs, la consommation devait être accrue dans la même saison, avec la faculté de dé* velopper la chaleur. Cette vue a été justifiée par le résultat des expériences qu'elle avait suggérées]
— si