‹ William Pitt et son tempsChapitre 49 sur 51 · M. PITT AU ROI · texte numérisé non relu

M. PITT AU ROI

« 22 janvier 1187.

» M. Pitt demande humblement à Votre Majesté la permission de lui faire savoir qu'il a vu 1 evêque de Peterborough, qui refuse la charge de doyen de Saint-Paul, tout en ayant l'air fort reconnaissant de la proposition; il me prie de le mettre aux pieds de Votre Majesté, en lui exprimant toute sa fidélité et sa gratitude. Dans celle situation, M. Pitt prend la liberté de soumettre à Votre Majesté l'ardent dé îir qu'il éprouve de voir la charge de doyen de Saint- Paul rester attachée à l'évêché de Lincoln, à condition pour le docteur Pretyman de renoncer à sa cure et a sa prébende. Comme l'évêque actuel la possédait en compagnie de deux autres charges, M. Pitt espère qu'on ne verra pas d'inconvénient à ce qu'elle soit jointe cette fois à l'évêché, et il ne sait point d'arrangements importants ni de droits, sérieux qui puissent en souffrir.

» M. Pitt se permet seulement d'ajouter qu'il ne peut rien requérir de la bonté de Sa Majesté qu'il ait plus personnelle ment et plus vivement :i cœur. »

« sa janvier 1787.

» M. Pitt, j'apprends par votre billet que j'ai reçu à cheval en arrivant en ville, que l'évêque de Peterborough refuse d'être doyen de Saint- Paul, ce qui vous fait renouveler votre demande en faveur du docteur Pretyman. Je vois que cela vous tient si fort au cœur que je ne puis permettre à ma raison de me guider contre mon désir de vous obliger. Je consens donc à ce qu'il ait la charge de doyen en compagnie de l'évêché de Lincoln, tout en étant convaincu que tout le monde trouvera cela fort déraisonnable, et que ce sera, je le crains, un précédent fâcheux pour de semblables demandes. Les désirs vont augmentant, mais les moyens de satisfaire les gens ont fort diminué.

« 26 mai 1787.

» Si la lettre de lord Garmarthen, accompagnée d'une minute des délibérations du conseil, ne l'avait été également de la lettre de M. Pitt, j'aurais certainement refusé de consentir au prêt de 70,000 livres sterling pour le parti du stadthouder dans les Provinces-Unies ; j'y consens maintenant à regret, après la funeste expérience que j'ai faite du secours que j'ai donné à la cause des Gorses ; le ministère avait promis de me restituer les fonds , mais il n'en a jamais trouvé le moyen , ce qui m'a donné ensuite l'air d'un dépensier aux yeux du Parlement ; mais je me fie à l'honneur de M. Pitt, et j'espère qu'il prendra des mesures à cette occasion pour que les payements réguliers de la liste civile ne soient pas entravés, et que le Parlement pourvoie l'hiver prochain au payement, sans supposer que la réclamation provienne de quelque extravagance de ma part.

c 17 juillet 1787.

» En suggérant l'idée que le roi de Prusse, tout en ne s'entendant pas avec l'empereur au sujet de l'Allemagne, pourrait i. 28

s'accorder avec lui par rapport aux Pays-Bas, je pensais qu'en politique comme dans la vie privée, lorsqu'on veut agir franchement, on évite les soopçons en parlant clairement, et que moins d'ouverture a souvent aes inconvénients. »

c iî octobre 1787.

» Je ne puis renvoyer aux bureaux du secrétaire d'État les papiers importants qui traitent des projets de la France à l'égard de l'Inde, sans envoyer quelques lignes à M. Pitt. J'espère qu'il fera savoir demain au cabinet que je forme quatre régiments pour ce service, et qu'il va presser la négociation avec H. Boers pour engager les deux compagnies à s'entendre et à prendre des mesures efficaces pour nous mettre en sûreté contre notre perfide voisin. Peut-être n'y a-t-il rien de plus important pour ce pays-ci, dans le changement qui s'est opéré en Hollande, que l'avantage d'avoir la république pour alliée dans l'Inde. Je recommande de ne point perdre de temps pour mettre ceci en train; notre compagnie doit être libérale dans ses offres pour effectuer l'arrangement.

€ 6 mars 1788.

» J'ai tardé à accuser réception àM. Pitt de son billet qui m'apprenait le vote de la chambre des communes ce matin, parce que je craignais qu'on ne le dérangeât dans nn moment où cela lui aurait été fort incommode. Je suis étonné que la chambre ait pu supporter de si longs discours sur une affaire qu'on pouvait résumer en si peu de mots. Le but de l'opposition était évidemment d'obliger les membres vieux et infirmes à se retirer, ce qui est pour les amis du gouvernement une raison suffi santé d'aller tout droit à la question dans l'avenir, de tâcher d'abréger les débats, et de faire tomber en désuétude, s'il est possible, la mauvaise forme d'éloquence mécanique maintenant à la mode.

c 8 mars 1788.

» M. Pitt a de nouveau passé hier tant de temps à la chambre des communes que je n'ai pas voulu lui accuser ce matin réception de son billet. Je suis convaincu que M. Pitt a agi trèssensément en proposant de mettre une seconde fois aux voix le bill explicatif, afin d'y ajouter un article pour rejeter toute intention de patronage; mais je ne puis regarder comme des amis sincères ceux qui ont pu concevoir sur ce point d'injustes soupçons. Je crains que ce ne soit l'effet du levain des anciennes oppositions qui soutiennent maintenant le gouvernement, mais qui n'ont pas perdu des sentiments mieux adaptés à leur ancienne ligne de conduite qu'à la présente. J'avoue que je ne suis pas parfaitement de sang-froid sur la question, car là où les soupçons n'ont point de fondement, ils ne peuvent venir d'amis véritables.

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