‹ William ShakespeareChapitre 31 sur 38 · LE DIX-NEUVIEME SIECLE · texte numérisé non relu

LE DIX-NEUVIEME SIECLE

Le dix-neuvième siècle ne relève que de lui-même; il ne reçoit l'impulsion d'aucun aïeul; il est le fils d'une idée. Sans doute, Isaïe, Homère, Aristote, Dante, Shakespeare, ont été ou peuvent être de grands points de départ pour d'importantes formations philosophiques ou poétiques; mais le dix-neuvième siècle a une mère auguste, la Révolution française. Il a ce sang énorme dans les veines. Il honore les génies, et au besoin, méconnus, il les salue, ignorés, il les constate, persécutés, il les venge, insultés, il les couronne, détrônés, il les replace sur leur piédestal, il les vénère, mais il ne vient pas d'eux. Le dix-neuvième siècle a pour famille lui-même et lui seul. Il est de sa nature révolutionnaire de se passer d'ancêtres.

Etant génie, il fraternise avec les génies. Quant à sa source, elle est où est la leur ; hors de l'homme. Les mystérieuses gestations du progrès se succèdent selon une loi providentielle. Le dix-neuvième siècle est en enfantement de civilisation, jl a un continent à mettre au monde. La France a porté ce siècle, et ce siècle porte l'Europe.

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