ACTE III
WINCHESTER
Si bien que je me suis mis en tète de vous protéger...
WILLIAM, à pari.
Rah !
WINCHESTER
Comme je vous le disais, je ne connais absolument rien de vous, si ce n'est pourtant une pièce que je vis par hasard avec la reine, il y a quelques années... Roméo et Juliette, je crois... Mais c’est comme si je ne l’avais pas vue, je n'en ai conservé aucun souvenir... Ma place, vous le comprenez, est ailleurs qu’au théâtre, où du reste je m'ennuie à mourir!... Quel charme trouve-t-on à voir une demi-douzaine de gaillards représentant deux armées en bataille, s’escrimer avec des fleurets rouillésstir des boucliers de fer-blanc?... Parlez-moi plutôt des Arènes de Paris-Garden, où les ours et les mâtins se battent et se déchirent sérieusement!
WILLIAM
Ah! voilà un goût que je comprends bien, milord! C’est tellement vrai, que si je n’élais pas auteur etcomédien, je voudrais être montreur de bêtes!... Mais, hélas! malheur à nous, si Votre Seigneurie prend sous sa protection les ours et les mâtins, ils nous font déjà une concurrence terrible et Uniront par nous dévorer.
WINCHESTER, se levant.
Rassurez- vous donc. J’abandonne sans regret le théâtre aux petits bourgeois et aux gens du commun : néanmoins, j’ai, sans beaucoup de peine, trouvé le moyen de rendre sérieuse votre frivole profession.
WILLIAM
En vérité, milord ?
Écoutez-moi bien.
Je suis tout oreilles.
WINCHESTER
Jurez-moi d’abord le secret le plus absolu sur cet entretien.
WILLIAM
Milord a ma parole.