SCÈNE IV
HENSLOWE, OLIVIO, BURBATIlICK, TABLETON,
CO N DELL , Emplqvês h Comédiens, r»i» WIL- LIAM.
HENSLOWE.
Mc» excellents pensionnaires, vous n’avez jamais eu à vous plaindre de moi; je me donné toutes les peines possibles pour vous contenter, et je ne manque jamais à vous payer exactement. (a pan.) Beaucoup plus cher que vous ne valez, (mm.) Or donc, comme il est vrai que je vous porte dan? mon coin et que vous êtes pleins de talent, il faut aujourd’hui, mes enfants, donner un vigoureux coup de collier. . «
•nmuitt.) Je n* attendais pas de vous moins d'enthousiasme! Ah ça ! d'aliord, sommes-nous au grand complet ? Voyons, je n’a perçois pas ce paresseux de William...
WILLIAM SIIAKSPEARK
OLIVIO.
Je vais l'appeler. (Eoii-«i»n.»i u rwu è **wkt.) W illiam ! <k pan.} Il ne m'entend pas, il écrit... (iuui.) William!
pan.) Il tache son papier... (mm.) Venez donc vile, monsieur Henslowe vous demande.
WILLIAM, iM un k Milita.
Mc voici, monsieur...
HENSLOWE.
J'ai attendu !
WILLIAM, lièrent»!.
Monsieur!...
HENSLOWK, A pari.
Quand je pense que ce vagabond a eu maille h partir avec la justice de Slralford, pour flagrant délit de braconnage et de tapage nocturne. .. Je ne suis pas très- rassuré, moi !... (mm.) Monsieur William, j'ai la prétention de vous avoir rendu quelques services : je vous ai trouvé à ma porte, en veste de bougran, coiffé d'un vieux feutre, quasi sans souliers, n'ayant d'autre industrie que de garder les chevaux des gentilshommes qui venaient au théâtre; je vous ai introduit dans le sanctuaire et je vous ai promu aux honorables fonctions de garçon appeleur...
WILLIAM, à part.
C'est vrai; mais je ne suis pas ruineux, comme appointements...
HENSLOWE.
Ensuite, j'ai été assez généreux pour vous confier quelques bouts de rôles... et mal m’en a pris, car on vous a sifflé indignement, on vous a poursuivi de miaulements féroces, et le parterre vous a jeté tant de pelures d’oranges et de trognons de pommes, qu’il a perdu de taches votre costume, un de mes plus beaux.
WILLIAM, A |an.
Une loque !
HENSLOWK.
Avouez que vous avez été fort mauvais.
WILLIAM
C’est vrai.
HKKSLOWE.
Exécrable ! (wiu«» m raioomc.)
WILLIAM
Monsieur!...
HENSLOWE, A pari.
Je lui parle encore assez couramment quand il ne me regarde pas. (h»«h.) Certes, j’aurais pu vous renvoyer où je vous avais pris; mais je suis un propriétaire indulgent, un directeur paternel, et je me suis contenté de vous faire jouer les fantômes, les masques, les personnages muets; puis, gardez-vous d'èlre un ingrat, je vous ai nommé inspecteur de mes magasins et archiviste de mon répertoire.
WILLIAM, A pan.
Surcroît de besogne, sans augmentation de salaire, (n*m.) Pardon, monsieur : où voulez-vous en venir ?
HENSLOWE.
A qpci; écoutez-moi bien : ce scélérat de Marlowe nous empêche de jouer le Massacre de Paris, et il faut que nous montions pour samedi un autre spectacle, (nouveau ■
Rien n'est impossible, avec des pensionnaires aussi zélés que les miens!... Aidez-moi donc, vous qui possédez par cœur le brillant répertoire de Black-Friars, à passer en revue toutes mes pièces... Enumérez, William... Quel est donc déjà votre nom de famille?...
WILLIAM
Shakspcare, monsieur.
HENSLOWE.
Cbatpir...
WILLIAM
Shakspcare.
HENSLOWE.
C'est bien ; allez !
WILLIAM
Nous avons d’abord quantité d'œuvres comico cl hisloriro* pastorales.
HBNSLOWE.
C'est passé de modo... Continuons.
Ces messieurs connaissent votre répertoire aussi bien que moi.