BIOGRAPHIES PARUES
Paul ADAM, par Marcel Batilliat.
Octave MIRBEAU. par Edmond Pilon.
Remy de GOURMONT. par Pierre de Querlon. Frédéric NIETZSCHE, par Henri Albert.
Maurice DONNAT, par Roger le Brun.
Jules LEMAITRE, par E. Sansot-Orland.
Judith GAUTIER, par Remy de Gourmont.
Camille LEMONNIER, par Léon Bazalgette.
Emile FAGUET. par Alphonse Séché.
Anatole FRANCE, par Roger le Brun.
Alfred CAPUS, par Edouard Quet.
Henri de REGNIER, par Paul Leautaud.
WILLY, par Henri Albert.
Paul BOURGET. par Georges Grappe.
Willy
e n r 1/ G(i K t h ier-ViU ors naquit à M/liers-sKr-Orge (Seineet-Oise), le 1 0 avril I 8.j9, sous le signe du Bélier, qui donne Vanibition^ la soif de var venir, la gloire méritée et tes mariages heureux. Son père, l'éditeur Albert Gauthier-Villars, ancien élève de l'Ecole Polytechnique et passionné de sciences exactes, fit élever l'enfant au Lgcée Condorcet, puis au collège Stanislas. Il espérait l'associer à sa maison d'éditions scientifiques. Le futur ami de Claudine commença par être un fort en thème. « Car, comme le dit Eugène de Solenière, le talent de Henry Gauthier-Villars est multiforme, helléniste comme
WeilL latiniste, icofjnrriste de la première heures indianiste érudit. furt rensevjnê sur l'écriture cunéiforme,... il met une très gracieuse coquetterie à ne j)oint manifester sa science... » Il collabore d'abord à diverses publications de zoologie et d'astronomie, puis brusquement, malgré la défiance paternelle, il publie un recueil de Sonnets (18118) et riuekjues études scientifiques et littéraires (1 ) dont la plus remarquée est un essai sur Mark Twain (i 884).
Mais voici Vheure tourmentée du symbolisme; la floraison des petites reçues; le règne des polémiques passionnées de littérature et d'art. La réaction contre le naturalisme se manifeste dans la plupart des écrits de la jeunesse. On est idéaliste, wagnérien et, plus que tout autre, l'esthète intransigeant et funambulesque qui signe Henry Maugis dans La Nouvelle Rive Gauche (laquelle fut Lutèce après quelques numéros). Préludant aux à peu près, aux calembours, aux jugements précis comme à sa grande sincérité d'aujourd'hui, Henrg Gauthier-Villars, sous le stgle truculent et tintamarresque du débutant, laissait pierçer déjà la sagacité du critique. — Dans cette revue, il rencontrait son futur collaborateur, Léo Trezenick, et signait côte à côte avec Verlaine, Jean Moréas, Paul Adam, Charles Morice, Francis Yielé- Griffin, Henri de Régnier.
De plus en plus séduit par les questions de critique
{ 1 Kiitip antres une conférence sur tes Parnassiens qui fit ([iielque lirait par la \iiiilpnce de ses attaques contre les disciples de Leconte de Lisle.
^t desllié tique iiiuslcaleSf après avoir éparpillé en nombre de revues éphémères et de journaux, ses fantaisies et ses essais, V activité de Henry Gauthier- Villars se précise. En octobre / 889, il commence à publier dans Art et Criti(fue, deslettres sur les concerts Lamoureiix, signées: Une ouvreuse du Cirque d'Eté. // s'y montre comme toujours l'ennemi des formules 'académicjues et des musicastres officiels, et accepte déjà les renseignements techniques d'Alfred Ernst <:omme plus tard ceux de Pierre de Bréville. Les procédés d'ironie alliés à sa connaissanceexacte des moindres moyens d'exécution, que M. Willy innovait dans la critique musicale, obtinrent, dès le début., le succès qui les accueille encore. S'imposant à la fois par la désinvolture de ses propos et le soin méticuleux qu'il 4ipportait à signaler la moindre fausse note de la deuxième flûte ou du troisième alto, Willg faisait trembler mitsiciens et chef d'orchestre. Lamoureux et ses subordonnés n'attendaient pas sans incpiiélude les jugements de l'Ouvreuse.
Son humeur capricieuse lui fait choisir des pseudonxjmes variés : Jim Smile\ f/lj'/ et Critique), après ■ Henry Maugis, Boris Zichine, etc.
Déjà se manifeste son souci constant de déguiser ^a personnalité . Plus tard, lorsque dans ses romans il se fera lui-même l'historien de cette époque de sa vie, nous retrouverons sous les masques d'autrefois, .les aventures et les paroles de Henry Gauthier- Villars. Cependant, si aucun essai d'art original ne ■le laisse indifférent, la musique de pastiche et
■d'imitation, Fart sénile et les formules toutes faites^ n'ont pas de pire ennemi. Il montre dans la luttepour l'art une âpreté de ton <pii décèle, sous l'apparent scepticisme des ironies et des jeux de mols,un. tempérament de convaincu et d'apôtre.
Le succès de ses Lettres de l'Ouvreuse dans Art et Critique lui valait de les continuer à /'Echo de Paris où nous les lisons encore tous les lundis. Entre temps il remplissait à la Revue Blanche et à la Revue Encyclopédique les mêmes fonctions de critique musical. Il fut secrétaire de la rédaction de la Revue Internationale de Musique ( J 898), après acoir abandonné la direction du Chat-Noir (1 89'/).
Tant d'écrits, tant de jugements et de critiques surles hommes et les choses n'allaient pas sans valoir à W'illij de nombreuses inimitiés. Il n'était pas encore celui dont on pjarle dans la moindre bourgade de province et, jjourtant, il avait déjà des ennemis. Grâce à sa bonhomie familière, à sa franchise, à sa brusque rondeur d'écrivain sincère, il sut toute fois. apaiser bien des colères et chamjev en estime pour lui bien des rancunes.
La!icie)K:c Iiislorique, muncah et même vhhinqiude Willij demeure, incontestée (1). L'auteur de la biographie de Leniire-Terrieux (Revue Encyclopédique J 8 (icril J S!)()J iilirsitapas à entreprendre la traduction des Mémoires trun Grenadier anglais, de Lawrence. Il s'intéressait à la fois aux célèbres mystifications de Paul Masson pour lequel il i/arde comme un souvenir ému et au Mariage de Louis XV. Mijstifîcaleur habile, lui aussi (.2), il se laisse séduire pourtant par la figure mélancolique de Marie Leczinska. Cette reine pieuse et souffrante parmi le crépuscule de la rogauté et l'aube des philosophie s encyclopédistes, le trouble par son charme douloii-
(1) M. Willy asigné un traité de Ferrotypie.uncompendiuin sur la phutographie des objets colorés, etc.
(2) De toutes ses mystifications, la plus célèbre est celle qu'il fit en 1903, à la Nuucelle Revue, où il publia d'anciens vers^de jeunesse les faisant passer poui- des fragments du discours académique de M. Rostand. M. Claretie se laissa prendre à cette supercherie et publia l'article suivant :
Le Figaro, 29 mai 1903.
.V. Ilennj (jaulhier-Villars a jniblié naguère dans la Nouvelle Revue quelques vers du discours académique de Rostand, primitivement écrit en vers. Et précisément le poète, en cette harangue inachevée, rappelait ses souvenirs de la Provence, de . la Médito'ranée, de Marseille :
J'en conviens, vous avez idéalisé le rêve Que j'ai conçu, là-bas, tout enfant, sur la grève De Provence où le rythnie im)nortel de la mer Apporte, avec l'odeur du goémon amer.
L'arôme des lauriers et des myrtes d'Athènes. Là j'entendis se réveiller des voix lointaines
reux. La prédilectiuu de M. Gauthier-Villars pour -cette pure imaye du passé nous peut fournir déjà -quelques indications sur la psi/chologie de IVilli/. Bile nous révèle une pitié secrète, une âme sensible qui s'attendrit devant la solitude et la souffrance. Jadis, un orateur connu retrouvait le cœur ému du' Concourt de la fille Elisa dans l'historien de Marie- Antoinette, de même pour le chercheur d'états d'âme, le Renaud de Claudine est moins loin qu'on ne pense du Chevalier de la reine méconnue par un époux frivole et débauché.
D'autres études paraissent à la Nouvelle Revue, à la Revue Hebdomadaire, à la Revue Encycjopé- -dique et dans certains périodiques spéciaux.
De même que dans ses romans, M. Hennj Gauthier-Villars a, dans ses essais historujues, témoigné ■d'influences et de goûts variés, parfois contradictoires — ce qui est une preuve de plus de la sincérité hnmédiate de celui que M. Catulle Mendès ■appelle « un prince des jolies lettres » .
De Joueuses de flùle et d'aèdes pensifs. Souvent, tandis que l'eau brisait sur les récifs Eclaboussant mon front de sel vif et d'iode. J'ai reconnu les chants d'Esclujle et d'Hésiode. D'autres fois, le mistral faisant rire an galet, J'ai supposé qu'Aristophane me parlait...
Et il y a de l'Athénien en effet chez ce Français de pure race; — de l'Athénien par la f/rdce et le charme, de l'Aristophane par l'ironie et le caprice. H ij a aussi du rêveur de légendes, un inassouvi qui souffre en même temps qu'un ■ enchanteur ouvrant pour nous le Palais des féeries. Il a dé- -chiré ce discours en vers dont u/i journal de Catalogne et une gazette hellénique, /'Atliénai. ont recueilli les fragments, comme des pétales de roses Jetés au vent.
Jules Clakktie.
Le succès des dandines a fait oublier tant délivres ironiques et channants (ju avait signés auparavant Willij, Une Passade, Maîtresse d'Esthètes, Un vilain Monsieur, pour lesquels il accepta de discrètes collaborations dont celle de Pierre Veber s'est avouée à .la réimpression d'Une Passade {■/ ) (1903). Ces trois .livres, où il analyse et fire exactement les mœurs de la Bohème et le snobisme des cénacles artistiques, font pressentir déjà cette lujpcrtrophie de calembours et d'à peu près et la gaieté facile qui sont toute la Maîtresse du Prince Jean ou la Môme Picrate — qualités bien françaises en faveur desquelles, dans sa. plaidoirie, M. J. Paul-Boncour réclamera le droit au succès (.2). De longtemps on n'oubliera les personnages de Maîtresse d'Esthètes. Aujourd'hui que les jours révolus du Symbolisme entrent dans l'histoire et suscitent les recueils d'anas, il est bon de relire cette chronique de l'enthousiasme sceptique et puéril des Jeunes de I 894 .
Claudine à l'Ecole fut annoncée par Willg comme le journal d'une jeune fille. Petite personne lucide, sauvage, trop instruite, curieuse du vice des autres, mais point vicieuse, gâtée par une sorte de snobisme
fl) Cf. Le Panthéon du Mérite. 13 juin 1893. "(2i M. Willv, à la requête de M. Bérenger, a été poui-suivi le 1" avril 1903, devant la 9" chambre, pour la publication .<le la Maitresse du Prince Jean dans la Vie en Rose.
puëril du péché f:ans péchei' file-même, elle était bietr rinça rnn lion d'un type tout nouveau, tel que le pouvait faire nailrc une émancipation prématurée. Lasciva pagina, vila proba, telle est encore la devise de Claudine à l'école de Montigni/. Entre la Gisèle du Vice Filial de Paul Adam et lu Maileinoiselle (îiraud dé- JJeloI à qui on prélendit la co)nparer plus tard, elle dresse sa p)etite silhouette de Tanayra, plus vivante,, plus personnelle, j)lus vraie que toutes celles qu'o)t lui donnera comme marraines ou imitatrices. Willtj avait observé autour de lui. Fidèle à sa coutume de choisir parmi les ])lus proches ceux qu'il veut peindre., il n'avait pas hésité à empjrunter à une personne chère les traits principaux de son héroïne. Habile pourtant à maquiller et dénaturer la vérité particulière pour créer le type de vérité yénérale en qui if innrrnait une élite inquiète de jeunes filles.
Le public aima Claudine parce qu'il la sentit vivante. Quelques-uns voulurent voir dans le roman une violente satire de l'éducation laïque. Certes, cette intention n'a pas été étranyère à l'auteur, mais elle ne suffit pas à expliquer une œuvre qui reste parmi les plus caractéristiques de notre époque. Certains détails du livre indignèrent quelques jirudes. M. Charles Mourras ( i ] pourtant notait « la science prodigieuse de ses sous-entendus, . . . l'insondable expérience dont témoignent les plus réservées de ses confessions... » *
(1) Revue Encyclopédique, ij m;ii^i900.
En l'i'd/ili', Claiuliiie à IKcoIt', à Mimliijivjy proche des bois, proche du cœuv de Ut nature, parmi la santé de la terre et des arbres, est une fleur païenne, le dernier éclat de la sève libre au flanc de l'arbre millénaire. C'est une petite mpnphe qui voudrait voir les fournis et qui a peur de les rencontrer.
Son vieux papa, savant toujours perdu dans ses livres et ses collections de limaces, n'a pas le loisir de la surveiller ; elle a de mauvaises fréquentations, mais malgré tout sa santé résiste encore à r intoxication des lectures et des causeries dangereuses. Cependant voici Claudine à Paris qui se laisse séduire par la . grâce mondaine de son cousin Renaud, rpiadragénaire élégant et discret, et nous voyons entrer Claudine en ménage. A pjropjos di' ce troisième roman, on évoqua ■le scandale jadis soulevé par les Deux Amies de M.Maizerog. En effet, Claudine en ménage nous conte l'aventure de la jeune épouse avec la séduisante Rézi. Et cette aventure plutôt charmante que tragique est ■4:ependant suivie d'un profond repentir.
« Claudine en ménage est une' œuvre qui révolutionnera, sans les révolter, les amateurs de vérités nues. C'est une œuvre sincère, écrite si délicieusement 'que des larmes de joies en viennent aux paupières des épris d'art naturel. Ce livre de morale ultra moderne, n'est pas cependant un livre pour les boulevards parisiens. Il arrive de plus loin que la vie frelatée de notre temps. Il sort du fond des forêts antiques où la jeune druidesse vierge s'offrait sauvage-
ment aux l'mbraxsemcnts... » dvclare Mme RachUde dans te Mercure de France.
Ces trois l'omans obtinrent un prodigieux succès qui comptera pamii les plus importants de la librairiecontemporaine. Claïufine à Paris fut mise an théâtre et Willij trouva, pour inrarrïer rée&lière parisianisée^. une interprète parfaite. Mlle Polaire^ n'était alorsr connue cpie par ses créations excentriques de cafésconcerts, ses toilettes et sa voiture. Wilhj, malgré de nombreuses résistances, exigea que le rôle fût confié à cette actrice audacieuse et inexpérimentée,. qui récompensa sa confiance en se montrant la Claudine rêvée, exacte, vibrante, spontanée, effrontée et timide à la fois. A la scène, Mlle Polaire n'a pas. joué, elle a vécu Claudine avec une vérité, une sûreté, une sincérité qui ne s'est pas démentie durant toute la longue carrière de cette comédie. Par ce double succès dramatique et littéraire, le nom, le type de Claudine se popularisa ; la chanson, les dessins, les modes propagèrent pur le monde le nom et l'image de l' héroïne de Willg.Au balpublic d'abord,. dans la rue ensuite, nous avons croisé le tablier noir,, les cheveux « de petit pâtre bouclé », les jambes nues d'innombrables Claudines. ftnitée, Claudine fut bientôt dénaturée par r engouement p^iblic . De tous côtés surgissaient de faus:ses Claudines à l'Ecole, à Paris^ surtout en Ménage. Atissi, pour protester, car elle est une petite personne hautaine et délicate, Claudine s'en Va. Ce quatrième volume est l'histoire des amies de Claudine plus que l'histoire de Claudine. Il semble
if HO prise de pudeur, un peu iwpnèto, un peu triste de tant de rumeurs, elle ait désiré, pour quelque V temps, faire autour d'elle un peu d'ombre -et de j silence. Elle a voulu cacher cpielque chose de ses ^ tendresses, de ses rêves, de ses inquiétudes. Et de f cela nul ne saurait la blâmer. A attise de sa franchise fi elle a mérité le bonheur. Souhaitons-le lui, ample et certain., jusqu'à l'heure prochaine où elle nous reviendra souriante et apaisée, jylus forte d'avoir aimé et souffert, rationnante de toute sa vie de tendresse exquise, de loi/auté, de caprice charmant et de rêves.
Ce que nous n avons pas dit, c'est le stijle simple, délicieux et clair, enlaçant et capricieux comme elle, dont Claudine habille si's confessions. Ait! quel que soit le jugement moral qu'on portera sur la fillette ingénue et précoce, nul ne niera qu'elle donne à ses pires aveux cette vérité du style et cette noblesse de ^ l'art, qui l'excuse et la rend plus belle :
(( Elle parle dans une fièvre gaie, un bras nu levé, « dessinant de l'index ce cpi'elle dit. Je suis dans « le demi-jour ce bras blanc et sinueux, dont le « geste rythme ma lassitude et l'adorable tristesse- « qui 7n' en ivre...
« Je voudrais qu elle fût triste comme moi, comme « moi recueillie et craintive devant les minutes qui « nous échappent, qu'au moins elle me laissât à « mon souvenir... Elle est délicieusement jolie, à « présent. Tout à l'heure, elle fut passionnément « belle...
« Comme blessée à la première caresse, elle tourner
■« vers moi une merveilleuse figure de bête, les sour- « cils bas, la lèvre relevée et meurtrière, une e.rpres- « sion forcenée et suppliante... Puis tout fondit dans « l'offre effrénée, dans l'exigence murmurante, dans « une sorte de colère amoureuse, suivie de « Merci... » ■■(( enfantins, de grands <( Ah! » soupires et satisfaits. « comme une petite fille qui avait bien soif et qui a « bu d'un trait jusqu'au bout de son haleine... »
Ces qualités de l'œuvre d'art, toute la Critifjue fut ^inanimé à les reconnaître et à les louer. Elle sont suffisantes pour garantir à Claudine une longue existence dans la mémoire charmée de ceux qui In xonnaUront.
<( Pour moi, écrit M. Marcel Boulenger, qui nourris un goût presque inavouable envers la grammaire française, le dictionnaire de l'Académie, envers tout ■ce ({ui sent la tradition, la. pédanterie et la perfection, j'eusse éprouvé un pjlaisir particulier... à monier en chaire et à professer : « Voici un bon, un ■excellent livre adroitement composé pour telle et ielle raison : le style en est savoureux et fort, écoutez plutôt. Il en émane une volupté inavouable et une séduction péremptoire, jmrce que... » Hélas ! je ne ferai jamais cette conférence. Ce ne serait qu'un Jeu pourtant çle démontrer le charme quasi clas- .ùque de Claudine s'en va. Un enfant s'en tirerait j)ourvu qu'il sût déjà lire à haute voix. »
Gil-Blas. IS avril 1903.
N'étant pas ministre, ni même Sénateur, non plus que préfet.
Bien que j'aime le travail fait.
J'ai peu (te loisir pour la flème
Au rebours du roi d'Yvetot.
Je dors fort peu, quoique sans fyloire. Et, couché fard dans la nuit noire, Le matin. Je me lève tôt.
D'une œuvre, une autre me repose ; Dans les tiroirs les plus divers J'enfourne des chansons (en vers), Sans compter les romans (en prose).
C'est rjoi. Ça l'est depuis vinç/t ans Et, comme le vieux, je persiste; N'empêche que je serais triste, Parfois, si j'en avais le temps.
Si j'en avais le temps encore.
Je rer/arderais couler l'eau.
Tandis que le treml)lant bouleau S'éclaire de lune ou d'uuro)-e.
Et, dans un rére. je me vois
Près de Claudine au.r i/eux magiques.
Oubliant toutes les musiques
Pour écouter rire sa voix.
Ainsi se présente lui-niêine M. Wilh/, et voici
comment rOuvreuse nous l'offrait il y a quinze ans:
« Wilhj est un blond clairsemé, poupin, un peu
j fat, de grosses lèvres de jouisseur, des yeux de
myope, frais encore. A des succès féminins nombreux
; et le laisse savoir. En musique, ne possède que des
notions délicieusement vagues... ( I ). »
(1) Art et Critique, n" 28, du 7 décembre 1889.
Et M. Willy continue à se blaguer lui-même avec i une exagération qui indique assez qu'il ne faut en rien croire. On le reconnaîtra mieux dans ces lignes de M. Henrg Bataille :