FRAGMENT INEDIT
Pour Madame la comtesse A. de Chabannes.
J'ai cru que vous aviez offert Votre âme adorable à quelqu'autre, Que sa main recherchait la vôtre.
Et j'ai soutien.
J'ai cru que vous m'aviez leurré Par un serment d'amour frivole, J'ai douté de votre parole, Et j'ai pleuré
f'ai dit : Peut-être un inconnu Viendra secourir ma souffrance.
J'ai supplié, vaine espérance, Nul n'est venu.
Et triste d'un deuil incertain, Au silence de ma demeure J/ai maudit la caresse et l'heure Et mon destin.
Sur tout ce passé, ferme tes paupières,
Dors bien doucement, Je te bercerai des heures entières
Belle au bois dormant.
Il faut oublier mon doute profane
Et m'aimer un peu, Je sais des récits plus beaux que Peau d'Ane
Et que l'Oiseau Bleu.
Sous la lampe d'or dont la lueur tremble
Comme tes yeux clairs, Aux longs soirs d'hiver nous lirons ensemble
Mignonne, des vers.
Si par leur musique enivrante et mièvre
Tu te sens griser, Je saurai cueillir au coin de ta lèvre
La fleur du baiser.
Sur tout ce passé, ferme tes paupières,
Dors bien doucement, Je te bercerai des heures entières
Belle au bois dormant.