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LES GUKKRES DE LA RÉVOLUTION

(troisième s£rib)

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Le vieux d'Aboville ne demeura pas longtemps sous la tutelle de Berthelmy. Le 29 avrils Houchard le rem« plaçait. Custiae jugea que le ministre Bouchoile faisait à Houchard un funeste présent; Tancien colonel du 2*1 chasseurs, disait-il, t est excellent pour commander une avant-garde; je crains qu'il n'échoue dans le corn* mandement d*uue armée * ». Mais il savait que Houchard serait docile et suivrait aveuglément son impulsion. Luimême se rendit bientôt à Tarmée de la Moselle pour la passer eu revue et voir de près les ofiiciers-généraux; ¥ dans cet instant critique on ne pouvait plus connaître les hommes ».

Il trouva l'armée postée selon ses désirs : deux bataillons près de Sarrelouis; Tavant-garde, sous les ordres du général Delaage, en avant de Sarrelouis ; dix-huit bataillons et le parc d'artillerie à Forbach ; les carabiniers entre Sarrebiûck et Sarreguemines ; trois régiments de cavalerie, de Sarrebiûck à Sarrelouis ; six bataillons, ainsi que le l""" dragons et cent hussards de la légion de la Moselle à Biieskastel ; la réserve commandée par Pully, en avant de Biiche, à Hornbach, où elle formait un corps dit le corps des Vosges et communiquait par sa gauche avec Biieskastel et par sa droite avec Tarmée du Rhin. C'étaient environ 30,000 hommes qui gardaient les frontières de la Lorraine, et les recrues ne cessaient d'arriver. Mais les troupes ne sétaient pas remises encore de Texpédition de Trêves. Au mois de janvier, le commissaire national Simon qui les visitait, écrivait que leur indiscipline dépassait toute imagination, que les détails faisaient horreur. Au mois d'avril» elles ne s'étaient pas amendées. Il y avait, sans doute,

> Cusline à Bouchotte, 15 avril [A. G.).

d'excellents régiments de ligne, comme le 5", 1 solides balaillons de voloolaires : le 1" de Saône-el-Loir»; assistait l'anaée précédeole a la canonnade de Valmy le 7° de la Meurlbe semblait animé du meilleur esprit le 2" de Seine-et-Marne était tout à fait remarquable par la composition de ses officiers. Néanmoins l'armée restait désobéissante, insubordonnée, avide de butîa. La trop fameuse légion de la Moselle, ce ramassis de voleurs et de brigands, élait toujours la terreur du pays de Sarrebrûck. On ne voyait daus les marches que des traînards qui s'attardaient aux cabarets, Ilouchard se plaignait que le pillage fût devenu de mode; o les ordres journaliers, disait-il, ne sont pas !us à la troupe ; quelquefois même personne ue les lit ; les rassemblements des compagnies, les appels, la police, tout est oublié, » Les officiers n'osaient réprimander et châtier leurs hommes; s'ils voulaient se montrer sévères, le soldat les traitait d'aristocrates et menaçait de les dénoncer, e Vile un code militaire, s'écriait La Baroliére, vite la peine de mort, et que les formes soient promples; une tête de moins en sauvera mille ' I »

L'armée du Rhin ofîrail un spectacle semblable. Custine accusait les ofQciers d'abandonner leurs compagnies à elles-mêmes et de « laisser tout périr » ; on devait, ajoutait-il, s ranimer la machine a pour empô-

■ Blaux à ses callèp;ues, 6 et 7 avril (Rec. Au[ati ou Rtcnei! du Aeies d» Comilf de lalul paMir acîs h correspondaiici officittie an rtj>ritciilaii!a en mitiioa et II rcpsfre d» Comnl exitulir prevUoin, III, 130 et 149); d'Aboville ta ministre, S6 avril (A. G.); SimoD et GréBoire à La Brun, 12 janvier (A. N. Fi- 10-41) ; Schïuenburg à Houclisrd, 12 juiD ; La Barolière aux citajeas. . ., 19 avril [A. G.) Cerreip. liea jacobins, n" 188, 22 aïril, Houchicd à iavanl-fiarde . cf. Sxptd. d: Cuiline, 159-172, l'état dD celte même armée, el TraliUoit di Dumouricz, 52-Si, l'éUt de l'armée de ia Belgique.

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cher une complète désorganisation^ et il se promettait d*user d*une sévérité terrible et salutaire*.

Il n'osa faire les exemples qu*il annonçait. Mais il &*e£força tant bien que mal de discipliner Tarmée, de la pourvoir d'artillerie et de cavalerie, de former et de dresser les nouveaux venus. Les commissaires le pressaient de marcher sur Mayence et de dégager la ville assiégée : « On ne peut espérer des succès, répondait Custine, qu'avec des troupes exercées, i

IL Un décret du 30 avril avait nommé quatre représentants du peuple près Tarmée de la Moselle : Le Vasseur de la Meurthe, Maignet, Maribon-Montaut et Soabrany. Dix autres représentants étaient attachés à l'armée du Rhin. Ils se partageaient la besogne. Merlin de Thionville et Heubell étaient enfermés dans Mayence. Ferry, Laurent, Ruamps surveillaient le Doubs et les départements du Rhin. Tout ce qui appartenait à la défense des places et au développement des forges, fabriques nationales et manufactures d'armes, était du ressort de Ferry, ancien professeur à l'Ëcole du génie de Mézières. Les opérations propres au Comité central de correspondance roulaient sur Louis et Pflieger qui séjournaient à Strasbourg. Les camps, armées et cantonnements étaient dans les attributions de Haussmann, de Du Roy et de Ritter *.

Tant de commissaires qui portaient sur toutes choses leurs regards soupçonneux, gênaient et importunaient Custine. Il se plaignit à Bouchotte de leur continuelle intervention dans les affaires militaires : les représen-

> Custine à Le Brun, 10 avril (A. E.).

« RecueilAulaid, IV, 135.

lanls, disait-il, tranchaient les questions sans lui donner avis, et se mèlaieut des objets dont il ëlaît seul responsable. 11 fut bÎÊûlât en lutte avec eux '.

Il avait prié Brunswick de comprendre le traître Boos dans un échange de prisonniers ', et sa lettre prodiguait à l'auleur du Manifeste les compliments et les louanges; il le qualifiait d' « Allesse Sërénissime s et Tantâil sa grande âme ; il assurait que la sagesse de Guillaume- Ferdinand, sa philosophie, son amour pour le peuple de sou duché l'appelaient à être lo soutien de l'opprimé et le pacificateur du monde '. Celte missive excita l'indignalion de Maribon-Moalaul, de Huamps et de Soubrany. Quoi ! un général français rendait hommage aux vertus de Brunswick I TJne pareille lettre ne suffisaitelle pas pour lui retirer toute confiance I Et cet homme osait se dire le sauveur de la patrie 1 11 osait rêver la dictature, écrire à la Convention qu'il fallait au pays un homme à grand caractère ' ! Et l'assemblée enteodail avec iadifTérente cette profession de foi ! Elle ne punissait pas cet excès d'audace, n'envoyait pas le coupable au Irihunal révolutionnaire I Elle ne se souvenait donc ni de Lafayette, ni de Dumouriez! Elle laisserait Cus-

■ Cusline i Boucbotlc, 1" mal (A. G.)-

« Mayeiue, 178-179.

• Cusllne à BruDEwick, S mai [A. N. i>. XLit U] ; Mo»., 14 mai; JIAgflUtnn du Paris, a' 201, p. 346 {> il y ■ dans celta leUre, dit Prudhomme, des eipressionH qui eentent reseliiTa(ÇB .) ; Z» Balavt, B< 90 (aveu des notes de CueUqb qui . Eervecl de corrccUl et d'eiplicatiou • ; il RGïure, par eiEmpIc, qu'il vaulait dite que la philosophie de BruQEwick l'appelail BvanI la guerre à fitie le paciGcateur du monde). Plus tard, dans une adresEadu 30 Juin à la CocventioD, lea Jicobiaa d« Strasbourj; reprochèrent à Cusiiae de prodifçuer l'euceni

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tiae tenter à lui seul, ce que tous les rois coalisés de l'Europe avaient inutilement tenté I

Les commissaires interpellèrent Gustine en présence de son état-major. Il leur répondit qu'il ne pouvait écrire à Brunswick une lettre injurieuse, t Mais, lui dit Moutaut, il y avait, entre les injures et les flagorneries, un style noble et fier qui convient au général d*une armée républicaine, et ce style, vous ne l'avez pas pris. » Gus« tine s'échauffa, a Je suis républicain, s'écriait-il^ et je hais les rois, ù — « Soit, répliquèrent les représentants, mais vous devez comprendre l'horreur que le nom seul des rois inspire aux républicains. Jamais le peuple français ne reconnaîtra dans Brunswick le pacificateur du monde ; jamais il ne louera la vertu, la philosophie des despotes qui veulent étouffer le génie de la liberté dans son berceau. Si nos armées étaient bien conduites, elles dicteraient elles-mêmes les conditions de la paix. » Gustine offrit sa démission à plusieurs reprises. Les commissaires lui répondirent froidement qu'ils ne pouvaient Taccepter, mais que le sort de la France ne dépendait pas d'un individu. Enfin, voyant que Gustine parlait trop haut, ils lui rappelèrent qu'ils étaient les représentants de la nation \

Le général manda sur-le-champ cet entretien à la Gonvention. Devait-on, disait-il, mépriser tous les rois parce qu'ils ont eu le malheur de naître sur le trône! Mais^ puisqu'il avait perdu la confiance des commissaires, puisque Montant et ses collègues Taccusaient de développer dans sa lettre à Brunswick des sentiments indignes d*un républicain, il ne pouvait plus commander les armées françaises, et il attendait un successeur*.

« Rec. Aulard, IV, 16-17, 65.

> Mon,, 14 mai 1793.

HiJLZHEIU

L'assemblée accueillît par des murmures le liln d' Allesse SéréDissime n que Custiae donnail à Erimt wick. Toutefois, elle parut blàroer ses commii plusieurs membres demandèreoL leur rappel : Cusiine étail l'unique général de la République, et l'armée du Nord le réclamait à grands cris comme le seul qui pûl remplacer Dampjerre, el arrêter la marche victorieuse de Cobourg. Le 13 mai, à deux heures du matin, ie Comité de salut public conférait à Custine le commaudément des armées du Kord el des Ardeunes, el le mÔme jour, dans la séance de la Convention, il déclarait par la voix de Barère que la lettre du général au duc de Brunswick ne contenait rien de suspect. Ou ne pouvait, disait Barère, désapprouver Montant el ses deux collègues ; ils avaient agi par excès de zèle ; ils pensaient avec raison qu'un général ne doit jamais poliliquer avec l'ennemi ; mais n'avaient-ils pas dépassé les bornes et ne s'étaieol-ils pas emportés trop passionnément contre un homme dont les sentiments républicains ne faisaient aucun doute? Custine, ajoulail-il, avait su résister à la manie diplomatique, établir la dlsciplioe, assurer la comptabilité, imposer les assignats ; il avait envoyé le plus exactement les étals de revue ; le Comité cédait au désir de l'armée du Nord veuve de son général; Custine irait en Flandre ; Diettmanu commanderait provisoirement l'armée du Rbîn et serait subordonné à. Houeharii '. i

m. Cusliae accepta : il quittait avec regret une armée 1 qu'il avait, disait-il, organisée, et un pays uii il servait 1 depuis le commencement de la guerre ; mais les ordre» |

i' 90i Rec. Aulsrd, IV, 129 *t 137.

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du Comité étaient précis; il partait donc pour prouver son obéissance ^

Par malheur, avant de s'éloigner, il s'avisa de tenter une fois encore la fortune des armes. Il avait eu le 6 mai un léger avantage. Il voulait introduire dans Landau un certain nombre de recrues, et pour faciliter Toperation, il avait chargé Landremont, qui commandait son avant-garde^ d'occuper l'adversaire sur un autre point. Au lieu de faire une simple feinte, Landremont agit ofTensivement afin de montrer aux ennemis t un petit essai du courage des républicains ». Le 6 mai^ à oing heures du matin, il marcha sur Rheinzabern et refoula un avant-poste autrichien. Sa troupe formait deux colonnes qui devaient tourner Herxheim, Tune par la droite, l'autre par la gauche. Mais Seriziat, qui dirigeait la colonne de droite, commença l'attaque une heure trop tôt : sa cavalerie impatiente se jeta dans Herxheim à bride abattue, sans attendre de signal, et il dut la suivre en faisant un feu violent d'artillerie et de mousquelerie. Les Impériaux purent se sauver dans la forêt voisine et gagner Rûlzheim. L'afTaire était néanmoins honorable pour les Français. L'ennemi laissait plus de deux cents morts et blessés sur le terrain, et l'infanterie légère, commandée par Delmas et Ferino, avait déployé la plus brillante valeur; les chasseurs du Rhin, disait Landre* mont, et les volontaires du 4^^ bataillon de la Gorrèze ont chassé tout ce qui se trouvait devant eux*.

> Custino à Iloucbard et au Conseil exécutif, 15 mai [Â. G.) ; cf. Mon., 20 mai.

* Lettres de Custine {Mon., 14 mai ; Batave, 15 et 18 mai}, de Landremont aux représentants et à ses troupes, 7 mai ; de Montant, Kuamps et Soubrany i la Convention, 8 mai [À. N. D xlii 4); de Chassaignac [De Seilhac, Les bataillons de volontaires de la Corrète,

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Ce combat de Herxheim encouragea Custine. Il résolut de frapper un grand coup, de faire contre les lignes autrichiennes une éclatante démonstration, de couronner la fin de son commandement d'Alsace par un succès retentissant. Les deux armées de la Moselle et du Rhin eurent ordre de se porter en avant dans la journée du 47 mai : il fallait, disait Custine, les aguerrir, augmenter leur ardeur, leur donner les moyens de tenter de plus hardies entreprises; il fallait montrer aux coalisés, par une attaque « leste et vigoureuse », qu'ils avaient devant eux des républicains qui ne leur laissaient pas de repos ; il fallait les étriller et accroître « le dégoût qui naissait parmi les troupes prussiennes ».

Le but du général Moustache était d'enlever un corps de trois bataillons et de trois escadrons que les Autrichiens avaient poussé vers Riilzheim. Mais, pour que Topération réussît, il fallait contenir de toutes parts les alliés. Custine mit en branle Tarmée de la Moselle. Houchard dut, le 17 mai, au matin, avec trois brigades d'in-

1882, p. 51). Charles Seriziat, d'abord commancant du \" bataillon de Rhône-et-Loire, puis adjudant-général, avait pris part à Pexpédilion de Trêves [Expéd, de Custine^ 166) et Bournonville le protégeait. « Il s^est toujours parfaitement conduit, rapporte Legrand, mais ses ennemis Toulaieot le perdre. > (Cf. au procès de Cusline la déposition de Treutel, Mon,^ 3 sept.]. Il était depuis le l*' février 1793 général de brigade. Le 7 mai, il fut suspendu par Haussmann, Montaut, Ruamps et Soubrany. C'était Ruamps qui l'attaquait avec le plus de violence : « Ce Seiiziat, écrivait-il, disait au commencement de la guerre quMl voulait faire la guerre a tous les jacobins ; ami servile de Broglie, il protesta contre la suspension du roi, et au lieu d'être suspendu luimême, fut nommé commandant amovible à Bilche, puis général de brigade, et envoyé comme commandant à Strasbourg, d'où il fut chassé par le vœu des jacobins ; à Herxheim^ il a donné des preuves de son ineptie et de sa perfidie en n'exécutant aucun des ordres donnés par Landremont ; nous le suspendîmes et, cependant, il a été nommé, par un ordre du 1 1 juin, général de brigade dans Tarmée des Alpes. > (Kuamps au Comité, 19 juin, À. N. Dxlii, 4.)

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fanlerie et sa cavalerie entière, débusquer les Prussiens de Limbach en les prenant à revers ; puis se porter vivement sur le Garlsberg et, t après avoir fait ses efforts pour détruire les ennemis, se retirer tranquillement sur sa position primitive ». Custine rengageait a faire un grand nombre de prisonniers : « ce sont des Prussiens ; il ne faut pas tout tuer; quant aux Autrichiens et aux Ilessois, je vous les abandonne, faites-en chair à pâté » : phrase malheureuse qui fut tournée plus tard contre Custine et devint un des griefs principaux de ses adversaires politiques ^

Pully seconderait Ilouchard. Sa division porterait en face de Deux-Ponls une lôte de colonne ; une autre colonne attaquerait les ennemis à Pirmasens en tâchant de tomber sur leurs derrières ; le mouvement terminé, Pully rentrerait dans son camp *.

Restait rarmce du Rhin. Falck, avec neuf bataillons et quelques cavaliers, se dirigerait sur Annweiler pour inquiéter les Prussiens. La garnison de Landau, appuyée par le colonel O'Meara et le 6« bataillon d*infanterie légère, occuperait Queichheira, jetterait des tirailleurs dans les vignes de Nussdorf et de Dammheim, et ferait jusqu'à la nuit close de nombreux simulacres de marches pour alarmer les Impériaux. Chambarlhiac, qui commandait Fort-VaubaD, ci-devant Fort-Louis, opérerait une semblable démons l ration sur la rive droite du Rhin : il s'efforcerait de refouler tous les postes autrichiens, mais se bornerait à des menaces *.

» Cf. le procès de Cusline, Mon,^ 19 août 1793.

« Custine à Pully, 15 mai (A. G.).

» D^Hilliers à Gilot, à O'Meara, à Chambarlhiac, 16 mai (A. G.). Dominique- André Chambarlhiac avait été successivement cadet aa Ré/(iment du Roi (janvier 1763], lieutenant en second à rÉcole de

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Ferrier, qui conduisait la droile de l'armée, avait pour J iaslruciion de s'engager lorsqu'il ealeadrait la cauoa- j naiie tonner à Riilzheim : certain de n'être pas tourné f sur son llaac droit, il pousserait en avant, placerait ses troupes en échelons et chasserait les Autrichiens de la ^ forêt de Bienwald, puis de Bheinzabern. Quant à Custine, il se proposait d'attaquer Kiiizheiin et main basse sur les Impériaux qui gardaient ce village.

Ces dispositions furent esécutées sur presque tous les points mollement et sans entrain. Pully attaqua plusieurs postes en avant de Deux-Ponts et à Contwig sur 1 la route de Pirmuseus, et fit quelques prisonniers'.

Houchard se porta sur Limbach; il vit de loin Prussiens se replier vers Ilombourg ; mais à une lieuo et 1 demie du Carlsberg, il commanda la retraite. Pourquoi | se serait-il emparé du château? Custine lui prescrivait ^ de lâcher la position sitôt qu'elle serait prise. Dès lors, à quoi bon la prendre'? Fallail-il sacrifier inutilement 1 quelques braves gens pour s'établir sur une moatague | qu'on abandonnerait ensuite ? Les représentants Maignet, Moataut, Soubrany accompagnaient l'armée; ils refusèrent absolument de se prononcer; ils s'étaient fait une loi, disaient-ils, de ne se mêler des opérations militaires que lorsqu'elles pourraient compromettre le salut delà République; mais ils mandèrent à Paris que les Prussiens avalent fui et que les républicains, fatigués 1

Méiièros (l-;731,iDRénieur (1B isuvier mS', OnpiULne (3fl mara 1780,', lieuteQBQt-coloael (8 novambre 1TG2). Le 1" geiminal an 111, il était nommé clief de brigade-directeur des foitiScaliong ; le S rrimelre m V, f^éaéral. de brigade à l'armés d'Italie. Un agent de Baucliu'le, Garni rie, le rej^arJait comme • un des plus chauds et des ptua zélés dél'ci eeurs de J a République par ses principes pruDoncés et par ses talea militaires .. [Garoerin au» jacobins, 20 Juin 1793, A. G.) ' Mémoitade Pullj (A. G.)-

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de poursuivre des fuyards, et désireux de se battre, n'avaient reçu qu'avec douleur Tordre de regagner leurs cantonnements *.

Falck imita Houchard. Il entra dans Annweiler à dix heures du matin et passa la journée à charger sur des voitures toute Tavoine qu'il trouva ; au soir, il rebroussait chemin sans avoir tiré un coup de fusil V

La garnison de Landau fit tranquillement une promenade hors des murs.

Chamharlhiac voulait traverser le Rhin. Mais les artilleurs autrichiens, postés sur la rive droite, ouvrirent leur feu sur les premières barques qui tentaient le passage, et malgré les menaces du capitaine et du lieutenant des pontonniers, les bateliers refusèrent de démarrer. Néanmoins, écrivait Chamharlhiac, « le but de Gustine était rempli, puisqu'on avait attiré du monde dans cette partie ' ».

Gustine enfin, qui se réservait, comme à Spire, le rôle principal, échoua piteusement. Il était parti le 46 mai, à huit heures du soir avec Diettmann, vingt-six bataillons d'infanterie, trois régiments de cavalerie, trois régiments de dragons et deux régiments de chasseurs à cheval. Mais les inévitables lenteurs d'un état-major qui entrait en exercice et opérait pour la première fois, avaient singulièrement relardé la marche. Les soldats, fatigués, accablés par la chaleur du matin, n'avaient ni eau dans leurs gourdes, ni rien pour se rafraîchir. Sans tenir compte de leur lassitude, le général ordonna de

* Lettre des représentants, 19 mai {Mon, du 25) et rapport d'Hédcuville, 20 mai (A. G.).

» Falck à d'Hilliers, 18 mai (A. G.).

» Chambjflhiac à d'Hillier5, 17 mai; Gebler, OestetT, milit. ZeiicAn/7, 1834, IV, p. 13.

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marcher plus vile encore. Au soriir d'Iasheim apparurent les premiers postes aulrichiens ; ils sa retirèrent aussitôt. Cusline remarqua leur lionue coElenaoce : « Les Autrichiens, dit-il à Baraguey d'Hilliers, soQt prévenus de uotre attaque, nous ne trouverons i On était aux abords de Herxheim. Delmas mit en fuite un détachement de pandours qui tentait de résister, et j le 10" régiment de chasseurs à cheval entra dans le village. A peine celte troupe débouchait-elle de Ilersheim qu'elle vil s'avancer à sa renconlre les dragons i pereur et trois escadrons de la légion de Mirabeau. Elle chargea sur-le-champ, sans reconnaître l'adversaire, et fut rompue. Cusline envoya le 9" régimcut de chasseurs à son secours. Maigre le feu de l'ariillerie que les Impériaux avaient cachée dans les seigles, le 9" chasseurs s'élança résolumeol, culbuta les dragons de l'Empereur et les hussards de Mirabeau, s'empara des deux canons du bataillon Oyulai, et se laissa, dans l'ardeur de la poursuite, entraîner jusqu'à RQlzheim. Mais, accueilli | presque à bout portant par une fusillade bien nourrie, chargé parla réserve de la cavalerie aulrichienue, il dut i bieutût tourner bride et abandonner les canons qu'il j avait pris. Custine le rallia, arrêta les Impériaux et se | relira sur sa colonne d'infanterie.

Celte colonne, que commandait Diettmann, s'acheminait à uue lieue derrière l'avant-garde, dans les basfonds qui bordent le Klingbach, et après une marche pénible, elle sortait du vallon et atteignait la hauteur.' Mais le bataillon de tête, le 1t» des volontaires du Doubs, n'avait pas encore vu la guerre. A l'instant où il se déployait sur le plateau, deux pièces de canon &u galop et soulevaient uu gros nuage de ière. Dans le môme temps accouta'a \t ^^ Tt^v^t'oS.

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de chasseurs en pleine déroute, puis se montraient le 40« chasseurs, ainsi que Gusline et son état-major. Le bataillon du Doubs, croyant avoir les Autrichiens sur les bras, fait un feu roulant de toutes ses armes et se met à fuir. Le 2° bataillon du Haut-Rhin, composé pour la moitié de recrues qui n'avaient quitté leurs villages que depuis quinze jours, imite Texemple des volontaires francs-comtois. Lui aussi tire sur les chasseurs, puis lâche pied. La panique saisit la colonne dMnfanterie. On n'entend partout qu'une clameur d*effroi : sauve gui peut I nous sommes perdus! Bataillons et pelotons se renversent les uns sur les autres. En moins d*un quart d*heure, six mille hommes se répandent, s'éparpillent dans le vallon du Klingbach et se précipitent à toutes jambes vers la route de Wissembourg, criant à la trahison, jetant leurs havresacs, leurs gibernes et leurs fusils, pour courir plus vile.

Un monticule dérobait aux ennemis cette débandade inattendue. Le désordre fut promptement réparé. Gustlne, Baraguey d'Hilliers, les principaux officiers, les représentants, Ilaussmann, Du Boy, Ferry, allaient de tous côtés rallier les fuyards. < Français, disait Gustine, ne faites point feu, c'est voire cavalerie I » Baraguey d'Hilliers gagnait Textrémité du vallon et agitait un drapeau qu'il avait ramassé. Des officiers et des sousofficiers de serre-file de Tinfanterie se détachaient de leurs bataillons et, le sabre à la main, secondaient les efforts du chef d'état-major. Le 3« et le 46° de ligne, le 4 «'des volontaires de l'Ain, plusieurs autres encore restaient fermes au milieu de la dispersion générale et gardaient leurs rangs. Le lieutenant-colonel Mengaud avait, au bout de cinq minutes, ramené le 2« bataillon du Haut^Rhin. Bref, après quéVcvvji^a moments d^aflreux

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désarroi, les brigades, remises de leur frayeur, se reforniërent, se rapprochèrent, et la cavalerie, elle aussi rassurée, vint s'abriter derrière l'ioTanterie ',

PeudauL ce temps Landremoat repoussait les AutrichieDS qui venaiem de Germersheim. La retraite qu'il &t avec aulanl d'iatelligence que de valeur, sans se laisser enlaraer, lui valut, outre les éloges de Custine, le grade de général de division. Ainsi que lui se signalèrent, dans celle journée, ie vieux Lafarelle, qui reçut au front une grave contusion, Je colonel Labarbelte et le lieutenanl-colonel Neuilly, du 1 1° dragons, te capitaine Desalx et un homme qui fut un des instruments les plus utiles de Napoléon, Glarke, alors lieulenaal-colonel du i' cavalerie. Clarke avait eu son cheval tué sous lui ; il prit le fusil d'un blessé et se rangea dans le i" bataillon du Haut-Rhin, qu'il ue quitta qu'à la fin de racliou. Les représeutants, admirant son sang-froid, le nommèrent sur-le-champ général de brigade, puis le firent chef de l'élat-major. L'affaire du 17 mai est la dernière à laquelle ait assisté le futur duc de Feltre '.

Durant l'échauffourée, qu'avait fait Ferricr qui com-

> Cf. BUT Veltaite de RQlzheim la lellre de CusLine du 18 mal {Mon. du 23), la leltre des représenlants IlanasmanQ, Du Roy, Ferry et cells de Mea^^d du mSme Jour, li relation d'UillisTB, 20 brum. bd IV (A. Q.) : Gouvian Ssiot-Cjr, I, â6-62 ; Lirallelte, Mfm., r, 121 ; Gaj-Vernoa, Cultiru tl Bouchard, 153-164 ; D'Ecqooïilly, 1, 72-75 : De Virie, Un cadet e» ilSÎ. Chai'lei de CoT»itr, 1886. p. 2i-23 ; Oiach. der Kriege iit Europa, I, 104-193 ; Gebler, Otit. milil. Z , 1831, IV, p. 11. Le lieulenanl-colDael du 11* batsilloQ du Doubs, Pecgaud, fut arcfilé et • se lit justice eu ee doDDSDt la mort >. Les Frantaie eurent 400 morts et blefisis; les Impériaux, 129.

■ Cf. Ssiut-Cyr el aurlout Lavallette, I, 124 • Clarke joif^niit au );olll et à l'babiluiic du travail d'élat-major taule la Eouplesse d'utt homme qui veut parvenir el cet esprit de conduite dont ou accuse les

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maDdail la droite? Il devait s'ébranler dès qu'il entendrait le canon. Mais vainement Ferino raverlit que le signal était donné. Vainement, un aide-de-camp, envoyé par Gusline, l'informa que le moment de Tattaque était venu. Ferrier ne bougea pas. L*aide-de-camp lui proposa de pousser une reconnaissance. « Votre général, 8*écria Ferrier, m'a député un trop jeune maître pour me dicter ma leçon », et il resta, comme auparavant, inactif, inerte. Il ne fît marcher ses bataillons qu'avec une lenteur extrême. Il prit les plus minutieuses précautions pour assaillir les postes autrichiens épars dans la forêt de Bienwald, et s'arrêta sur la rive droite du Klingbach, à rentrée du bois de Ilerxheim. Baraguey d*Hilliers Taccuse d'avoir causé le désastre par son « silence inouï », par sa c lâcheté », par sa « trahison » ; Ferrier, dit-il, avait Tordre précis d'attaquer vigoureusement Tennemi en avant de lui ; il se tint sur la défensive, ne montra aucune troupe hors des bois, ne tira pas un coup de canon*.

Pourtant, ce Ferrier n'était pas incapable. Très méthodique et tellement circonspect qu'il paraissait timide et irrésolu, il réparait son indécision par sa bravoure et sa connaissance du métier. « Ni fort aimable, ni fort sociable, écrit l'indulgent Biron, il est très patriote et très militaire, et cela doit faire passer sur le reste. » Il avait un beau renom de jacobinisme ; lorsqu'il commandait dans le Vaucluse, il acceptait la présidence du club d'Orange, et Ton prétendait qu'il avait dansé avec Jourdan Coupe-Tête une farandole que les émigrés ne lui pardonneraient pas. Le camp de Huningue le demandait comme général à l'Assemblée législative. Les jour-

^ Noie de Legrand et relaliou de Bat^LÇ^uiey d'HiUiers (A. G.).

KULZUEIM li

nalisles, et surtout Laveaux, exallaienl son caractèra civique, assuraient qu'il pariait en républicain dans las sociétés populaires, qu'il était digne de conduire des sans-culoUes, qu'il ne se plaignait jamais de l'indiscipline de ses troupes, qu'il ne jouait pas au grand seigneur, qu'il traitait ses soldats sans morgue, comme s'il eût été leur camarade et leur ami. Mais une ambition insatiable dévorait Ferrier ; il frondait ses cbefs, ne cessait de les contredire et de les dénigrer, et, secrètement, par tous les moyens, même les plus vils, cherchait à les supplanter. On l'accusait de correspondre sous main avec Ronsin et Vincent et de faire le délateur. Depuis longtemps, il délestait Custine. 11 avait organisé le détachement qui chassa les Autrichiens des gorges de Porreutruy vers la fin d'avril n92, et il fui très mortifié que Custine reçût le commandement de i'espéditioo. H décliaina contre son rival les clubs de Belfort el de Huningue qu'il tenait sous soq ascendant et qui reprochèrent à Custine d'avoir permis aux Impériaux d'échapper. Le général Moustache lui rendit la pareille ; il proposa de lui coaQer la défeuse de Landau, mais il le nommait le plus grand brouillon, le plus grand bavard et l'homme le plus incapable du monde, absolument impropre à former un plan de guerre et à l'exécuter ' .

' BiroQ à Servsu, 22 sept. ITSî ; Custine ■ Biron, S sept., el à Picbe, M Dov. 1792 (A. Q-.] ; SiepfJ. da Cuitint, 3. Cl. le Journal -] de la Montagne, n" 2S, 29, 33, SS ; le Ju;>ement que parteol surFeirier le 27 octobre 1792 Guylon, Prieur et DejdLer (A. G.) ; Aulard, 3ot. dm Jacaiini, 1892, II, 123. et lu rapport de Galeau p.l juin, A. G. : • OD lui reproche d'Blre Irsinlilanl daus l'eKéculion i], Ferrier, dit Legrand, ■ attaché de vieille date à d'0rlêsii9, était laujaurs, malgré ses elTorls, suspect d'inlrij^ner eu faveur da ce prince. Avec de l'esprit, il B'esl caustemmeal trompé sur les mojens ; avec des taleata, et tout en discutaul le plaa d'une operalïou militaire, il d'gd a Jamais enëi^ulé une passable ; brsTe comme ludividu, il élait ùtéaoW tà. \\^ù%

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Dès le lendemain du combat de Rûlzbeim, Gustine appelait Ferrier à Wissembourg et Tapostropbait en termes sanglants : « Vous n*avez pas exécuté mes instructions et vous avez fait preuve d*ineptie ou de mauvaise volonté. » Ferrier répondit sans s'émouvoir à ces invectives : Diettmann, disait-il, commandait dorénavant Tarmée du Rhin, et Gustine n'avait plus aucune autorité ; lui, Ferrier, ne devait de compte qu*à Diettmann, et s'il se présenlail au quartier-général, c'était pour montrer qu'il savait obéir. « On veut, ajoulait-il, contrôler ma conduite ; c'est moi qui contrôlerai celle des autres ; votre état-major met une telle négligence dans son service qu'il ne m'a pas donné la série des mots d'ordre pour la seconde quinzaine du mois de mai. » Gustine sortit des gonds, et, dans sa lettre au ministre de la guerre, déclara qu'il n'avait vu paraître aucune des troupes de Ferrier à la journée de Rûlzbeim. Ferrier se vengea ; il dénonça Gustine et envoya son confident, l'adjudant-général Gousso, soutenir à Paris sa dénonciation *. Gustine releva le défi : « Si Ferrier, écri-

comme chef ; il s^est retiré paisible dans ses foyers, bien corrigé de l'ambition de paraître sur un grand théâtre. » Joseph Feriier du Châtelet était né, le 25 mai 1739, à Bavilliers, près de Belfort; successivement mousquetaire [avril 1754), lieutenant au régiment de Bouillon (l^r février 1757), capitaine dans la légion de Soubise (1*^ juillet 1766), employé dans Pétat-major (1770), lieutenant-colonel dMnfanterie (17 juin 1770], lieutenant-colonel des grenadiers royaux de la Guyenne avec rang de colonel (8 avril 1779), il avait été promu maréchal-de-camp le 21 septembre 1788 et lieutenant-général le 7 septembre 1792. Il fut réformé le 17 octobre 1793 et retraité le 1*^ vendémiaire an VIII. II ne mourut que le 29 novembre 1828^ à l'âge de quatrevingt-neuf ans.

^ Aussi Ferrier et Cousso étaient-ils exécrés des ofâciers de Parmée du Rhin. En 18t7, Cousso, devenu très royaliste, se présenta dans les salons de Gouvion Saint-Cyr, alors ministre de la guerre; les officiers lui firent un très mauvais accueil, et Rapp le nomma tout haut

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"vait-il, n'a pas suivi mes ordres, s'il n'a pas tourné le flanc gauche des ennemis, s'il s'est arrêté à Ventrée du bois d'Herxiieîm, il doit payer de sa tèle. Il a beau m'accuser d'impéritie ; il n'esl que peu d'individus dans l'armée qui doutent de la sienne », et il priait la Gonveatioa de le débarrasser de ce frelon qui bourdonnait sans cesse à ses oreilles '.

Riilzheim fut le dernier acte de Custine en Alsace. Selon sa coutume, il pallia son échec : il voulait n'entn prendre l'opération que dans les premiers jours de juin, lorsque ses troupes seraient plus exercées, et il eiVl siiremenl remporté le plus brillant succès; il avait brusqué l'affaire parce que les ennemis auraient pu profiter de son départ pour assaillir inopinément Diettmann qui ne connaissait pas le pays ; eniiu, il avait eu pendant la marche des coliques affreuses et il éprouvait encore des douleurs très vives qui ne le laissaient dormir ni jour ni nuit. Mais ce revers du M mai fut une des causes de sa perte, s. Dans quelles mains nous trouvons-nous! ■ mandait un oflicîer à Euloge Schneider', et Irois mois plus lard, devant le tribunal révolutionnaire, Gâteau accusait Custine d'avoir conçu l'attaque de Riilzheiio pour décourager les troupes et précipiter la reddition de Mayence.

Maïs les Jacobins exaltés étaient les seuls qui murmuraient contre Custine. Lorsque, le 23 moi, le général Moustache dit adieu à l'Alsace, 11 emporta les regrets de l'armée du Rhin. Le soldat aimait ses milières et gaillardes: il appréciait ses talents; il

le déaoDCÏaLeur as Cusiine. Cousso s'éloigna sans avoir parlé au nislre, (Goy-Vemon, ICl-lCS.)

' Custine au président de U Contention, 23 juin. Mon. du 27.

' Argni, l-juia naS, p. 46S,

Elis I

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tenait pour Tunique homme de guerre qu'eût alors la République. « Quelques méchants et désorganisateurs, écrit un officier, ont cherché à peindre Gustine comme un traître, et parfois il a été forcé à une grande dureté qu*on appelle despotisme; mais sa juste fermeté, la bonne tenue de son armée, ses sentiments républicains lui ont valu Testime et Tamour du soldat ^ »

On ne doit pas oublier quMl avait fixé pour longtemps, sur de belles et importantes positions, les emplacements des armées. Il avait réparé les anciennes lignes de Wissembourg en plusieurs points, à Saint-Remy, au moulin de Bienwald, à Scheibenhard. Loin d'occuper fortement la rive gauche de la Lauter, et d'y construire trop de redoutes, comme firent ses successeurs, il avait mis la plus grande partie de l'armée du Rhin sur les hauteurs avantageuses de l'autre bord, au camp du Geissberg, en arrière de Wissembourg. Il avait envoyé la gauche dans les gorges de Lembach, jusqu^à Fischbach et Dahn, pour défendre la route de Bitche et tous les débouchés des Vosges. Enfin, il avait créé la division qu'on nomma le corps des Vosges, et qui fut commandée d'abord par Pully, ensuite par René Moreaux. Ce corps des Vosges avait son quartier-général à Hornbach, entre les deux ruisseaux de la Horn et de la Schwalb ; il occupait les villages voisins de Hornbach et poussait jusqu'au Ketterich. Il protégeait Bitche contre un ennemi qui viendrait de Deux-Ponts et de Hom bourg ; il préservait le revers des Vosges, assurait la gauche des lignes de Wissembourg, couvrait la communication entre la Lorraine et l'Alsace, reliait à l'armée du Rhin l'armée de la Moselle, dont il formait la droite. La position de Horn-

> Lavallette, Méin,, I, 122; lettre de Grandjean, 17 juin 1793.

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bach, inattaquable de front, était donc superbe, selon le mot de Pully, et, comme dit un officier prussien, excellemment choisie, non seulement à cause de sa propre force, mais parce qu'elle répondait à de grands desseins : en sMnstallant à Hornbach et au poste avancé du Ketlerich, tout en s'appuyant au Rhin, les Français étaient maîtres de la montagne et pouvaient s'établir avec avantage partout où il leur plairait, sur la rive droite de la Lauter *.

* Mémoire de PuUy (A. G.) ; [^fassenbach], Kurte Ueberiicht des Feldiuges im Jahr 1793 twUchen dem Ehein und der Saar^ 1793, p. 10 et 30.

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