CHAPITRE II
I. Diettmann. — Beaubarnais, général en chef de l'arnMe da Rbin. — Plan de Kilinaiue. — • Diversion sur Arlon. — Marche de Delaage. — Arrivée de Beauregard. — Bataille sanglante et inutile. — Chasaeloup- Laiibat et Sorbier. — II. Le grand plan de Custine. — Opposition de Bouchotte, de Beauharnais, de Houchard, des représentants. — Le plan approuvé, puis rejeté par le Comité de salut public.
I. Diettmana* n'avait accepté la succession de Custine qu'avec une vive répugnance. C'était un officier de cavalerie d'un âge avancé, d'une extrême médiocrité, et, comme on disait dès cette époque, une vieille culotte de peau. Il déclara, au sortir du combat de Rûlzheim, qu'il ne pouvait garder le commandement : il ne connaissait ni les positions, ni les mouvements, ni les cartes, et ne savait rien de ce que doit savoir un général en chef. Après un long entretien avec Custine, les représentants
* Cf. sur Dominique Diettmann, Valmy^ 51, et Trahison de Ditmouriez, 228. Il était fils d'un vitrier de Lunéville (Journal de lu Montagne, d« 67) ; il avait été nommé en 1792 maréchal-de-camp (22 mai*), et lieutenant-général (12 septembre) ; il mourut TanDée suivante, laissant une veuve et cinq petits enfants (Du Roy au Comité, 8 germinal an II, A. N. AF ii 247).
Buamps, Ferry, Rilter, Du Roy, Haussmauii, résolurent de confier provisoirement l'armée du Rbin à Heauharnais, et le 29 mai le Comité de salul public ratifiait leur choix '.
Pendant que l'armée du Rhin passait dans les mains de Reauharoais, l'armée de la Moselle livrait la bataille inutile d'Arlou. Kilmaine rassemblait alors à Sedan un petit corps de 8,500 hommes qu'on nommait pompeusement l'armée des Ardeiioes. ïl forma le projet d'opérer en Reîgique une grande diversion qui forcerait les Impériaux h lever le siège de Valeociennes et de Condé. Prendre Liège, enlever les magasins autrichiens, intercepter les couvois qui partaient d'Aix-la-Chapelle, détruire l'immense quantité de fourrages et de munitions que Cobourg faisait venir par les bateaux de la Meuse, tel élait le plan coura par Kilmaine et approuvé par les représeulanls Henlz et De La Porle. Mais il fallait, pour assurer la réussile de l'entreprise, que l'armée de la Moselle agit de concert avec l'armée des Ardennes. Le chef d'état-major de Kilmaine, Gohert, vint proposer à Houcbard de s'emparer d'Arlou. Tandis que Kilmaine, disait Gobert, se porterait de Givel sur Dinant et Cirey, i
> CuBline à Besuharnais, 23 mai ; les le prés eu las IB Ruampe, Ferry, RiUer, Dii Roy et llaUEsmana à BeauborDais, 23 mai: Du Kn; et HausamaDit au Camitd, 2i mai (A. G.); lHon. du 31 mai. liouchaicl désira, plus tard, passai de l'acmée da la Moselle à l'arméa du Rbin ; maïï Beau haï nais refusa l'éthange ; il était • coi l'armée du Ithiu et conneissait lea localilês . [10 Juîo, Beeubar Comité, A. G.). NÉBomoinB, te t3 juin, lorsque Beaubarn nemmé ministre de la guerre, la Convention, sur la propoaïl CoDieil exécutif, approuvée par le Comité Je sslul public (K< lard, IV. 52B), le remplaça par Houchsrd. Le 22 juin, but le rapport du Comité, elle révcqusit ce décret et arrêtait qua Houcbard coDst verait le com mandement de l'armée de la Moselle, et BeauLarnais, commandement do l'aimée du Rhin.
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son lieutenaDt Beauregard pousserait par Neufchâteau et SaiDt-IIubert sur Arlon. Que les troupes de Houchard, ajoutait Gobert, débouchent en même temps par Loûgwy; qu'elles fassent leur jonction avec le détachement de Beauregard, et attaquent Arlon qui renferme des entrepôts considérables d'avoine; puis, qu'une fois en marche et dans Tentrainement du succès, elles se rabattent sur Bastogne, La Roche, Durbuy pour gagner Liège et donner la main à Tarmée des Ardennes.
Houchard répondit qu'il marcherait en aveugle, à condition de faire une simple pointe sur Arlon et de ne pas s'écarter trop longtemps; il craignait de compromettre la frontière dont il avait la garde et n'avancerait vers Liège que sur Tordre du Conseil exécutif ou des représentants du peuple. Il chargea de l'expédition le général DelaageS mais Delaage ne dépasserait pas Arlon: il devait se saisir de la ville et, durant deux jours, inquiéter l'adversaire et le tenir en haleine; il rentrerait ensuite à Longwy, après avoir « figuré des marches » et «décampé partiellement ».
La diversion que rêvait Kilmaine n'eut pas lieu. Il prenait le chemin de Givet lorsqu'il reçut de Gustine l'ordre positif de suspendre son mouvement. Mais l'expédition d'Arlon n'était pas contremandée, et Beauregard put assister à la bataille V
* Delaage ou De Laage (Amable-Henry) était général de division depuis le 11 février 1793 ; cf. sur lui et sur son rôle dans Texpédition de Trêves Cusiine, p. 166-169.
> Iloucbard à Kilinaioe, 24 mai, !•' et 2 juin; à Delaage, 2 juin; Kilmaine à Houchard, 1*' juin, et à Bouchotte, 18 juin ; Uentz et De La Porte au Comité, 2 juin (A. G.) ; Goherl, Exposa de la conduite du général Gobert, 11. Pierre- Raphaël Paillot de Beauregard, nommé maréchal-de-camp le !•' mars 1191, était général de dlTision depuis le 15 mai 1793.
Le 7 juin, Delaage quitta Longwy avec 9,500 hommes d'infanterie et 4,000 de cavalerie. L'avant-garde et la cavalerie avaient à leur tête l'intrépide Tolozaa. L'infanterie formait trois brigades : Laubadère menait la première ; Desperrières, la seconde ; Châteauthierry, la troisième*. Le parc d'artillerie marchait entre la première et la deuxième brigade.
Delaage était faible, irrésolu, tremblant, et, disent avec raison les commissaires, il ne déploya pas l'activité qu'ils auraient désirée. Il fallait partir de Longwy dans la nuit, et fondre soudain à la pointe du jour sur les cantonnements autrichiens. L'armée ne se mit en route que vers quatre heures du matin, et il était neuf heures lorsque Tolozan rencontra les avant-postes ennemis. Des soldats du 53®, ci-devant Alsace, avaient abandonné leur drapeau et donné Talarme au village de Messancy. Tolo-
*■ Cf. sur Louis Tolozan, colonel du i" dragons, et général de brigade [depuis le S mars 1793), Valmi/, 194; — Laubadère (Germain- Félix) était né à Bassoues d'Armagnac, près Miraude, le 20 février 1749 ; soldat au régiment d'AïUvergne (11 mai 1772), sous-lieuienant (25 août 1773], lieutenant en second (26 sept. 1778), et en premier (8 janvier 1780), capitaine en second (4 juillet 1784), capitaine de la compagnie des grenadiers (1*' sept. 1784), lieutenant-colonel du 12* régiment d'infanterie (4 février 1792\ colonel du 30- (26 oct. 1792), il était général de brigade depuis le 8 mars 1793 et fut nommé général de division le 30 juin 1793; — Gabriel-Adrien-Marie Poissonnier Des Perrières, chef de brigade du 49* régiment d'infanteiie, fut promu général de brigade le 30 juin 1793 ; — Claude-Antoine Cappon Châteauthierry, natif de Paris, avait alors soixante-douze ans. Il avait commandé dans la garde nationale parisienne le bataillon de la section du Mail ; puis, nommé colonel au 102* régiment, il avait pris part à Texpédilion, ou, comme on disait, à la course de Trêves ; il était général de brigade depuis le 8 mars 1703. Il devait bientôt quitter le service et revenir à Paris, le 28 juin de la même année ; mais accusé d'avoir fait scier l*arbre de la liberté planté à la porte de la caserne des Cordeliers et d^avoir excité son bataillon contre le peuple dans la journée du 20 juin, il fut condamné à mort par le tribunal révolution naire le 3 frimaire an II. (A. N. W. 297.)
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zan lança son infanterie légère et deux régiments de cavalerie, le 4° hussards et le 4 <)' chasseurs. Mais il ne traînait avec lui qu*une pièce de canon, et la cavalerie impériale avait la supériorité du nombre. Elle fit une charge si vigoureuse qu'elle culbuta Tinfanterie et dispersa chasseurs et hussards. Uingénieur de Longwy, Ghasseloup-Laubat, suivait Tavant-garde. Il vint aussitôt demander à Delaage du renfort et deux canons. Le général envoya trois cents carabiniers, mais il n'osa faire davantage. La pluie tombait ; les soldats étaient épuisés par une marche forcée; l'avant-garde autrichienne avait gagné la chaussée d*Ârlon et jetait une grêle de boulets et d'obus sur les troupes de Tolozan qui se dérobaient dans un pli de terrain et laissaient les projectiles passer par dessus leurs tôles. Delaage donna Tordre à Tolozan de se retirer et de prendre position à sa droite. Toute l'armée campa sur les hauteurs d'Udange.
Le lendemain, 8 juin, Delaage voulut revenir à Longwy. Derechef, il prétextait la fatigue, le mauvais temps, les averses de la nuit précédente. En réalité, il avait reçu, la veille au soir, une lettre de Houchard qui lui prescrivait de faire aussitôt sa retraite, puisque Custine s'opposait à la grande diversion projetée par Kilmaine. « Je pressentais, mandait Houchard, ce qui vient d'arriver, et il est malheureux que ce mouvement ait eu lieu; nos ennemis sauront notre marche pour une autre fois K » Déjà les équipages de Delaage filaient sur Longwy; déjà les bœufs allaient être répartis entre les brigades. Mais, à cet instant, Beauregard arrivait de Se-
< Voir la leltre de Houchard à Kilmaiae, 6 juio 1793 (Â. N. w, 280).
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'IQ par Monlmêdy avec 2,000 hommes. Elait-ce la peina 9 parcourir lanl de chemin pour ne pas ne batlreï II Die à la baraque où dêlibèreDl le& commissaires de la onveDtiou; il leur déclare qu'il n'est pas venu de si )in pour reculer, et demande qu'on tienne sur-le-champ laseil de guerre. Delaage se rêsigua. Il cousentU à s'emarer d'Arlon dans la matinée du 9 juin. Mais celle foia ncore. au lieu d'attaquer à la pointe du jour, on ne sa ait en marche qu'à neuf heures : les dlslnbuiions de 'iande s'élaienl faites Irop lard. Les Autrichiens eurentl lonc le loisir de préparer leur dcfense.
Arlon s'élève sur un petit moniicule d'où l'on voit le errain descendre et fuir en pente douce à perla de vue 'ers tous les points de l'horizon. Celait alors le carreour des communications du pays environnant. Quatre chaussées principales y aboutissaient : celle de Luxembourg, celle de Longwy. et les deux routes de Namur, 'une plus ancienne oii passait la poste, l'autre récente, plus longue, mais plus belle et fréquentée par les voitures lourdement chargées.
Schriider, qui commandait les Autrichiens, ne dlspoiail que de sept bataillons et de huit escadrons. Il mil îDtre les deux roules de Namur un détachement qui protégeail ses derrières. Lui-même, avec le gros de ses forces, occupait, en avant d'Arlon, un peu en arrière du village de Weiler, entre la route de Longwy et celle de Luxembourg, une ligne qui lenail une demi-lieue.
Quatre coloones assaillireiU Schriider : à droite, Lauhadère secondé par la cavalerie de Tulozan ; au centre, Desperrières; à gauche, Chàteauthierry et Beauregard, Un bois qui se trouvait en avant de la Chapelle-Sainte-Croix, était le point où devait se faire le développement général. Desperrières avait ordre de longer ce bois ; Lauba-
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dëre de le tourner par la droite ; Ghâteaulhierry de se porter sur la gauche, en conservant entre Desperrières et lui rintervalle nécessaire à une brigade. Quant à Beauregard, il marcherait à la hauteur des colonnes. Tous ces mouvements étaient appuyés par Tartillerie légère et par quatre pièces de position *.
Il y eut d'abord un instant d^affreuse confusion. Les brigades de Laubadère et de Desperrières parvinrent à se déployer, non sans obstacles. Mais celles de Châteauthierry et de Beauregard ne purent se mettre en bataille qu'avec une extrême difficulté; leurs officiers étaient encore peu exercés ; elles se rejetèrent trop à droite, et les bataillons manquèrent d'espace pour se développer.
Enfin, toute la ligne s'ébranla. On battit la charge au même moment. Uardeur était peinte sur les visages, et de toutes paris retentissaient les cris de Vive la RépU" aligne. La cavalerie de Beauregard se joignait à celle de Tolozan, et rarlillerie volante flanquait la gauche de Desperrières.
Mais Laubadère, entraîné par sa fougue, dépassa la ligne. Ses bataillons, exposés soudainement au feu de rinfanlerie autrichienne, furent saisis d'épouvante et lâchèrent pied. Les chevau-légersde Kinsky les chargèrent aussitôt. Il se produisit une véritable déroute : dés soldats, des officiers s'enfuirent jusqu'à Longwy, semant Talarme, disant que les ennemis avaient écrasé l'armée française sous le nombre.
Les carabiniers se précipitèrent pour rétablir le combat. Tous leurs efforts furent repoussés. Quatre fois ils s'élancèrent sur un carré d'infanterie autrichienne qui
• Lcgrand remarque justement que Delaage n'avait pas su se ménager une réserve et quHl dut secourir sa droite avec sa gauche et son centre.
Taisait le feu le plus violeat; quatre fois, malgré leur héroïsme, Ils dureQl plier sous une grêle de lialles; la moitié d'entre eux restèrent sur la place ; quelques-uns s'ablmëreat dans le ravin, à gauche de la roule de Luxembourg; neuf oTSciers furenl lues et sept blessés '.
Mais l'artillfirie volanle, commandée par Sorbier, accourut ventre à terre. Elle mit ses obusiers eu batterie & quatre-vingts pas des Impériaux et leur tira quatre à cinq coups d'obus à mitraille qui portèrent le désordre dans leurs rangs. Bientôt arriva ia brigade de Desperrières, déployée en deux colonnes serrées. Puis, se montra Cbâteauihierry qui suivait le mouvement de Desperrières, Enfin apparut Beauregard ; il avait marché droit sur 1 Arlon, dispersé les Autrichiens qui se trouvaient entre ' les deux chemins de Namur, et, après avoir installé rapidement plusieurs postes dans la ville, il venait renforcer l'armée de la Moselle et prendre en flanc les troupes \ de SchrBder sur la route de Luxembourg.
Ces secours achevèrent la débandade des Autrichiens. Vainement Schroder tenia de ressaisir le terrain perdu 1 en débouchant de nouveau par la gaudie avec de l'iufanterie et tout ce qu'il avait de cavalerie. Desperrières se jeta vivement à sa rencontre et lui envoya quelques volées de canon. Schroder craignit d'ôlre enveloppé ; il gagna les bois et de là Luxembourg, en laissant . mains des Français cinq caissons et trois pièces.
jour grandit la réputation des ca Lune [Valmy, 190-191 et Wl] ; Tancfède \Li Baleei, a' T-- ' naît r/gimtnt et les repi l'appelaient . lo plus bea!
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L'affaire d'ArloQ commença la répulation de deux officiers appelés à uu brillant avenir : Ghasseloup-Laubat et Sorbier. Les commissaires de la Ck)nvenlion et Delaage prodiguaient les éloges à Ghasseloup : non seulement il avait relevé, réparé les fortifications de Longwy, mais, par son activité, par ses conseils, il avait décidé la victoire du 9 juin. On le fil chef de bataillon du génie. Delaage voulait se rattacher et demanda pour lui le grade d'adjudant-général. Mais Ilôuchard déclara que les officiers du génie étaient difficiles à remplacer, qu*on avait tort de les employer dans Télal-major et d'ôter aux villes fortes de la frontière des sujets utiles, que Ghasseloup rendait à Longwy les plus grands services et devait y rester *. Sorbier, alors capitaine de Tartillerie légère, avait regu dans Taction au parement de son habit une balle qui le contusionna. Delaage obtint pour lui le commandement de deux compagnies d'artillerie volante et le grade de chef d'escadron *.
A quoi servait néanmoins cette sanglante bataille, tant vantée par les journaux du temps? A, quoi servait ce combat que les représentants nommaient avec emphase un des plus violents de l'histoire, un de ceux qui devaient faire époque dans les annales des guerres de la liberté? Les Autrichiens avaient opéré tranquillement leur retraite. Grâce aux lenteurs de Delaage, ils avaient eu le temps d'évacuer une partie de leurs magasins, et
* Ilouchard a Bouchotte, i6 juin; les représentants au Comité, 21 juin (A. G.).
* C'est ce Sorbier qui devint inspecteur- général do l'artillerie. Son frère Jean-François servait dans le gén'e à Tarmée du Rhin, et le conventionnel Ferry le citait avec éloge : • Sorbier et Catoire, disait-il, ont suffi seuls aux travaux extraordinaires des trois places de Strasbourg, de Neuf-Brisach et de Iluningue. » (Ferry au Comité 12 juillet, A. G.)
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les Français ne trouvèrent dans Arlon que 1 ,'JCO quliilauï de foin, 1,500 quintaux de paille, l.sioo sacs de farine et 40,000 sacs d'avoiae. Eocore la farine était-elle détestable, et, disent les commissaires, bouoe pour les bestiaux; ils la ârent distribuer aux habitants'.
II. Tandis qu'avait lieu la bataille d'Arlon, une lettre de Gustine jetait l'alarme dans les élals-majors des armées de la Moselle et du Rhiu. Le général Moustache avait exposé, le 2S mai, un vaste plan d'opérations au Comité de Saiut public. Il voulait, disait-il, frapper en Flandre un coup vigoureux. Peu importait Mayence, du moins pour l'instant. Mayence se défendait héroïquemeut ; Mayence détruisait une partie des forces de la coalitLOQ; Mayence obligeait les Austro-Prussiens à faire d'énormes dépenses ; on avait le temps de délivrer celle place, et la débloquer sur-le-champ serait rendre uo très mauvais service à la République. Selon Gustine, il fallait dégarnir sans crainte les frootières de l'Est et grossir à tout prix l'armée du Nord, Il appelait à lui le corps de bataille qui campait à Forbach et toute la cavalerie de Houchard. Il appelait à lui les plus beaux régiments de Beauharaais : le 12° bataillon d'infanterie
1 Cf. sur la balBille d'Arlon, li lettre des représeDlsnls et la r porl de Deleage iUfon., 14 el 19 juin ; Rec. Aulerd, V, 18-20], la Rtlalitii de ce qu'ont fail les carabiniers i la Jaurnée d'ArloB, eignée DaDglars {Jouraal de la Moulas"', ^ J^îUbI, n' 38) ; nale de LeRrand lA. G.] ; Vie politique it mililaire du génital Â.-M.-G. Poiuonnitr-Ditperriires, écrite par lui-même, 1824, p. 107-117 (ouTraga ^ inexact at jactaotieux) ; Gebler, Oeiltrr. milit. Z'iUchrîft, )83i, IV, p. 17-18. Lea Autrictiiens uvaient 32 olliciers et 519 Boldati tiora d combat; les Frantaï* eureat 194 tués et 632 blessas, msis Lagrand ciait, avec raison, que notre perle a été ccnsidérablameat dimiauée, Ua mide'de-camp de Delaage et fia «dj uda a t- général reatirant aur It champ de bataille.
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légère, le 8« et le 10* régiment de chasseurs à cheval, le 44^ régiment de dragons et une batterie d'artillerie volante. Il appelait à lui Tadjudant- général de Tarmée du Rhin, Tholmé, et les meilleurs officiers de Tarmée de la Moselle, le général de division Schauenburg, le chef de Tétat-major Hédouville, et Tadjudant-général Berthelmy. Ne suffisait-il pas de confier la garde des frontières, de Sarrebrûck à Sarrelouis, au général La Grange et de donner à La Grange une brigade d*infanterie, les bataillons qui faisaient le service des troupes légères, le régiment de dragons et la gendarmerie nationale ? Quant à Tarmée nouvelle qui compterait 25,000 hommes bien organisés, et que Custine formait aux dépens de Houchard et de Beauharnais, elle se mettrait aussitôt en marche, sous le. commandement de PuUy, pour se porter sur Arlon el de là sur Givet. Après avoir détruit les magasins d'Arlon et refoulé les Aulrichiens, Pully reviendrait à Forbach ; mais il laisserait à Landremont une très grosse avant-garde, qui comprendrait deux brigades d'infanterie, trois régiments de cavalerie, deux régiments de dragons, deux régiments de chasseurs à cheval, le 3° régiment de hussards, ci-devant Esterhazy, quatre bataillons d'infanterie légère et la compagnie d'artillerie volante, tirée du Bas-Rhin. Landremont continuerait sa route par Philippeville, par Beaumont, par Maubeuge, et ferait sa jonction avec les armées du Nord et des Ardennes. On aurait ainsi, dans les premiers jours de juillet, des forces considérables qui pourraient accabler Gobourg. Une fois les Impériaux battus, Tarmée du Nord occuperait une position imposante. Alors, au mois d'aoûl, Tarmée des Ardennes, unie au détachement de Landremont, prendrait à revers le pays de Luxembourg et se dirigerait sur Trêves, pendant que Tarmée de