‹ Wissembourg:Chapitre 16 sur 39 · LB3 PASSAGES DU RHIM · texte numérisé non relu

LB3 PASSAGES DU RHIM

8DS; ils ne fuisaieot que d'arriver; ils élaient armés de piques ou de fusils qu'ils ne savaieat pas charger, GirardoL demanda des pontoDuiers et des bateliers : les uns avaient éié requis par la place de Strasbourg; les autres se cachaient. On ne put ramasser que huit pécheurs nullement exercés et qu'il fallut enlever de force à leurs villages. Chambarlhîac conseillait à Girardot de ne tenter qu'un simulacre d'attaque. Etait-il sensé de jeter ud I pont sans avoir au préalable débusqué l'adversaire de la ] rive opposée ? Ne voyail-on pas deux batteries qui donnaient sur le lieu du passage? Girardot allégua ses instructions. Il ordonna de jeter le pool, et toute la nuit fut \ employée au travail. Mais, à sis heures du i n'avait assemblé que deux bateaux, et lorsque les ennemis ouvrirent leur feu, les mariniers s'enfuirent, Girardot voulait néanmoins achever la besogne com- 1 mencée et ponier des bateaux jusqu'au parapet des batteries autrichiennes. Il finit par comprendre qu'os n'opère pas ainsi le passage d'un grand Qeuve*.

Même échec à Strasbourg. Sparre, qui commandait dans la Basse-Alsace, devait assaillir Eehl le 13 septembre, à quatre heures et demie du malin. Il répartit ses troupes en trois colonnes. La colonne de droite, conduite par le général Bizy, marcherait sur le Neuhof et la redoute du polygone ; un détachement formant l'avantgarde, traverserait le Rhin sur des bateaux et emporterait une batlerie autrichienne dont le feu rendrait le passage difficile; le reste de la division s'embarquerait ensuite, La colonne du centre comprenait 1,300 hommes ;

' Noie de Lagranii (A- G.); C-jiaple riixiit par liiiamps, Borie, cl

430 WISSBMBOURQ

elle camperait dans llle du Rhin, à rezlrémité de la citadelle ; puis elle filerait par le grand pont et pénétrerait dans Kehl au même instant que la colonne de droite. La colonne de gauche, aux ordres du général Thévenot* et deTadjudant généralJullien^ gagnerait la Robertsau et la redoute de la Carpe Haute, mais ne ferait qu'une fausse attaque.

Le 14 septembre, à six heures du soir, les troupes dont se composait la colonne de droite, partirent de Strasbourg par diiTérents points pour cacher leurs mouvements. Mais on avait oublié de leur donner des guides qui connaissaient les routes. Deux heures leur suffisaient pour atteindre le lieu de rassemblement ; elles s'égarèrent dans les ténèbres et il fallut leur envoyer ordonnance sur ordonnance pour les remettre sur le bon chemin. A minuit, elles n'étaient pas encore à leur poste. Enfin, elles arrivèrent toutes et s'apprêtèrent à s'embarquer. Mais la plupart des bateliers refusèrent leurs services, et Bizy ne disposa que de onze petits bateaux, capables de porter chacun une dizaine d'hommes. « Le cœur navré de douleur, écrivait-il à Sparre, je vous annonce la trahison des fameux bateliers de ce pays. » Néanmoins, cent dix volontaires, commandés par le chef du W bataillon du Jura, entrèrent dans les bateaux. A peine au milieu du fleuve, les mariniers déclarèrent qu'ils n'iraient pas plus loin. On usa de prières, de menaces, et ils consentirent à pousser jusqu'à Kehl. Mais l'endroit où l'on se proposait d'atterrir n'avait pas été reconnu. On rôda longtemps et à l'aveuglette parmi les îles innombrables qui couvraient le Rhin ; on dériva, puis on remonta le courant pour dériver de nouveau ; on

' François Thevenoi était géaéral de brigade depuis le 30 juio 1793.

Page 1