TENTATIVES CONTRE WISSEMBOURG
L'alerte produisit un double incident.
Le premier fut Tenvoi d'un télégramme au préfet/ annonçant que les Allemands entraient dans Wissembourg. Ce télégramme avait été, par mesure de précaution, remis la veille par moi entre les mains du chef du bureau télégraphique, avec ordre de l'expédier aussitôt que Fentrée, constamment possible, des Allemands se serait produite. Je n'aurais pas eu le loisir, en effet, une invasion inopinée se produisant par Tune des portes de la ville, d'assurer en temps utile l'envoi d'un avis télégraphique; le bureau était situé au centre de la ville, à très faible distance des portes de Landau et de Haguenau. Au moment donc où l'émotion bruyante des habitants parvint au chef du télégraphe, il expédia ma dépêche, qui donnait pour fait accompli ce qui n'avait été qu'une tentative avortée.
Cette émotion était si légitime, qu'un second incident se produisit, qui faillit avoir des suites graves pour un loyal officier, le capitaine de gendarmerie Hentz, commandant les deux brigades de Wissembourg. Cet officier était en possession d'instructions, qu'il m'avait communiquées, lui ordonnant de se replier sur Strasbourg en cas d'alerte et de ne pas entrer en conflit avec l'ennemi. Il s'y était conformé à la lettre et avait aussitôt fait retraite avec ses brigades. Ce départ provoqua quelque émoi sur le trajet de Wissembourg à Soultz et Strasbourg. Le capitaine fut arrêté à son arrivée et traduit en conseil de guerre. Le général Uhrich, commandant la place de Strasbourg, me demanda un rapport sur l'incident; je le fournis et le capitaine Hentz revint trois jours après à AYissembourg, fort re-